Bulletin n°3 : quel bilan après l’ouragan Trump en Asie ? Vers le 15ème plan quinquennal...
L’après-Plenum ; Agenda législatif 2025-2028 ; Terres rares ; licences à l’export ; Au sujet du « capital patient » ; Cherry Automobile ; Relations sino-américaines ; Li Qiang à l’ASEAN, Xi Jinping à l’APEC ; Chine-Taiwan ; Chine-Allemagne-Taiwan ; Wang Yi ; le Financial Street Forum
📋 Structure de ce Bulletin
Edito
Vers l’orient compliqué, D. J. Trump volait avec des idées simples. Il y a brièvement rencontré Xi Jinping. Quel bilan devons-nous tirer ?
D’abord, Pékin a obtenu ce qu’il voulait : du temps. Du temps pour poursuivre ses politiques. C’est ce que rappelle Xi Jinping avec ses mots : le développement de la Chine est « inarrêtable »
En politique intérieure, ceux qui scrutent les moindres signes d’une volonté de privilégier la consommation des ménages dans le futur plan quinquennal, dont on connait un peu plus précisément les contours, en seront pour leurs frais. Priorité renouvelée à la production, de masse, et à la course à la suprématie technologique, civile et militaire.
Sur le front extérieur, alors que D. J. Trump quittait la Corée du Sud après une brève apparition - un jour et une heure -, Xi Jinping y restait trois jours pour aussi participer au sommet de l’APEC où on le voit, à son aise, avec le Président sud-coréen.
Car les priorités chinoises sont asiatiques. Occuper le terrain et façonner l’économie et l’architecture régionale est ce à quoi s’est attelé le PM Li Qiang en Malaisie. Nous y revenons aussi dans ce Bulletin
Pendant ce temps, là nous apprenons que « l’Europe a un plan ». Après RepowerEU, ReArmEU, nous devons ReSourceEU, et donc diversifier nos fournisseurs de matériaux de base et ressources critiques. N’y voyez aucun mauvais esprit, un peu d’impatience partagée sans doute.
Avec une vingtaine d’occurrences, la « vitesse », et ses dérivés (« rapidité », « accélération », « plus vite », « momentum »), apparait comme le maître-mot du dernier discours de Mme von der Leyen. Annonce-t-il la mise en œuvre d’un tournant géopolitique tant attendu ? Dont acte.
↑ Retour au sommaireDans ce Bulletin (n°3) 12 Mémos :
▶ Politique intérieure
1. L’après-Plenum et l’avant-15ème plan quinquennal
Deux nouveaux textes ont suivi après la clôture.
- Le premier texte, (Eng) signé de Xi, reprend le processus d’examen du 15ème Plan par le Comité Central. Il affirme ses grands principes et domaines d’intervention. Il y décrit les étapes clés du processus de rédaction du plan. Il n’a aucun intérêt sauf à vouloir y voir la « pratique vivante de la démocratie interne du Parti et au sein du peuple".
- Le deuxième document (Eng) est plus intéressant, et plus long aussi. Il liste les grands domaines d’intervention et les politiques à développer dans les prochaines années. (+1 449 signes. Mots-clés : 3ème Plenum de juillet 2024)
Je l'ai croisé avec celui rendu prublic à l'issue du 3ème Plenum de juillet 2024. Voici ce que j'en retiens :
- Le 3ème Pl. de 2024 posait la réforme de l’écosystème d’innovation et le statut central des entreprises, l’intégration “industrie-université-recherche” (产学研) et la logique “plateformes” ⇒ Le 4è Pl. de 2025 transforme cela en plan d’exécution avec l’entreprise au cœur (企业为主体), tant sur le marché domestique qu’à l’international.
- 2024 annonçait le marché unifié (全国统一大市场) ; ⇒ 2025 détaille les outils.
- ⇒2025 passe à l’implémentation du nouveau système énergétique (stockage, smart/micro-grids, marché & tarification adaptés), extension du marché carbone, déploiements pour atteindre le pic/neutralité. 2024 restait dans un registre institutionnel de l’écocivilisation (生态文明).
- ⇒ 2025 : Une ouverture « institutionnelle » ou systémique (制度性开放) est désormais prônée, et non plus seulement « à la carte » (自主开放). En clair, la Chine gagne confiance et veut exporter son droit et sa soft law au contact des grandes économies et des institutions internationales et non plus seulement favoriser les pays en développement par une exonération de droits de douanes sur leurs produits.
Extrait : 要坚持扩大有效投资,坚决破除阻碍全国统一大市场建设卡点堵点 (…) 同时,提出拓展国际循环,稳步扩大制度型开放,维护多边贸易体制,高质量共建“一带一路
Ma traduction "oblique" (non littérale) :
Nous allons renforcer l’investissement productif , enlever tous les obstacles au développement de notre grand marché intérieur unique et, dans le même temps, agrandir notre marché à l’international. Nous nous servirons alors de notre système de normes, règles et principes tournés vers l’international pour poursuivre notre Belt & Road, tout en préservant le cadre multilatéral.
2. Agenda législatif et règlementaire chinois 2025-2028
Depuis le mois de septembre, les commissions de l’Assemblée Nationale Populaire (ANP) fourbissent leurs armes et projets de lois, amendements et guidelines. Je ne peux être exhaustif ici.
Je ne retiens que quelques un d’entre eux qui font écho à ce que l’on sait aujourd’hui du 15ème plan à venir, avec deux axes majeurs verticaux :
- le green trade (绿色贸易), qui n'est pas une loi, mais qui a ses propres guidelines depuis le 30 octobre liant services & technologies verts, et
- la Loi sur le commerce extérieur (对外贸易法), dont le contrôle des exportations. Le législateur chinois veut créer un mécanisme d’« assistance à l’ajustement commercial », en clair : elle évoluera en fonction des circonstances. Certains experts planchent sur une redéfinition des « critères et mesures anti-discriminatoires ». Pas de quoi renforcer la sécurité juridique de nos entreprises (+ 1415 Signes. Mots clés : Conseil des affaires d'Etat)
Par ailleurs :
- Loi révisée contre la concurrence déloyale : adoptée le 27 juin 2025, en vigueur 15 oct. 2025
- Loi sur l’arbitrage (nouvelle révision) : adoptée 12 sept. 2025, en vigueur 1ᵉʳ mars 2026 (Cf. notre Mémo n°12, Bulletin n°2)
- Loi sur l’énergie atomique : adoptée 12 sept. 2025, en vigueur 15 janv. 2026.
- Loi financière (金融法) et Loi sur la stabilité financière (金融稳定法) : inscrites au programme 2025, avec travaux avancés (la stabilité financière a déjà connu au moins deux lectures en 2024)
- En matière de sécurité nationale, seront promulguées ou révisées la Loi maritime 海洋法, la loi sur l'espace (航天法), la loi sur les télécommunications (电信法) et la loi sur la prévention et le contrôle de la cybercriminalité (网络犯罪防治法), et de modifier la loi sur la sécurité nationale (修改国家安全法 et la loi sur la cybersécurité (网络安全法).
Aussi, à suivre les travaux législatifs (couplés au réglementaire) en matière fiscale et économique, d'environnement et de ressources, sur la conservation de l'énergie, de la loi sur l'électricité, de la loi sur le charbon, de la loi sur les énergies renouvelables et de la loi sur la promotion de l'économie circulaire etc.
Dans un précédent Post, au printemps 2024, je dressais un état des lieux de la feuille de route gouvernementale chinoise (Conseil des affaires d’Etat, 国务院) concernant les projets de lois et les réglementations pour 2024 et à l’horizon 2028 et rappelais qu'« Une loi en RPC, n'est qu'un azimuth qui permet de pointer le cap, défini par et au service exclusif de l'Armada du PCC. Tous les projets de directives politiques émanant du Comité Central du PCC ne figurent pas dans cette liste mais tous ceux qui y sont listés ont été validés par lui ».
3. Terres rares : compte-rendu du MOFCOM
Je vous fournis une traduction de la conférence de presse du MOFCOM, publiée le jeudi 30 octobre, qui rend compte des points d’accords entre les délégations américaine et chinoise, à Kuala-Lumpur, en Malaisie, qui a créé les conditions de la rencontre entre D. Trump et Xi Jinping, en Corée, deux jours plus tard.
A noter que Pékin « suspend l’exécution » (暂停实施) de ces directives, il ne les retire pas. Le périmètre de cette suspension n’est pas précisé : vise-t-elle seulement les Etats-Unis ? Dans le droit chinois de l’export control (Loi sur le contrôle des exportations, 2020) les mesures prises doivent s’appliquer à tous les destinataires étrangers (articles 2 et 12). Dont acte.
Vendredi 31, interrogé sur cette question, le ministère chinois des affaires étrangères a botté en touche et invité à « se tourner vers les services compétents ».
4. Processus d'attribution des licences à l'exportation
Le processus de demande, d’examen et de contrôle des licences à l’exportation dans les gammes de produits considérés ici (minerais et technologies critiques), se décompose en trois grandes phases ( + 2 085 Signes. Mots-clés : Catalogue export : MOFCOM ; Douanes ; MAE : MOST ; SASTIND
- L’exportateur (chinois) vérifie s’il peut monter un dossier de demande en se référant au catalogue des produits soumis aux licences à l’export : « Catalogue of Goods Subject to Export License Administration » (出口许可证货物目录). Sa dernière version est entrée en vigueur le 1er janvier 2025.
- Il envoie au destinataire final (importateur étranger) un questionnaire selon le principe « One batch, one Licence » (一批一证) et pour les ports désignés (指定口岸管理). Ce questionnaire est conçu par le MOFCOM et les Douanes. Il évolue en fonction des dispositions nouvelles (exemple : en avril 2025 concernant les terres rares)
- L’étape d’examen, dont le MOFCOM est pilote, est redoutable : outre les informations sur les destinations finales des produits ou composants, l’exportateur doit fournir des « preuves de conformité » qui répondent en fait à trois types de vérifications : 1/ technique (pour en réalité transmission aux entreprises locales et protéger les filières) 2/ sous couvert de sécurité nationale 3/ pour respecter les obligations internationales de la Chine en matière de non-prolifération notamment. Cet examen est très intrusif car les bureaucrates peuvent demander :
- La liste de tous les intermédiaires entre l’exportateur et l’utilisateur final (end user)
- Une justification des quantités demandées
- Une description précise de l’usage final (telle pièce, tel produit, tel procédé..)
De plus, la demande et ses informations sensibles sont dispatchées dans plusieurs ministères et commissions, dont :
- Le MAE
- Le MOST
- La SASTIND ( State Administration of Science, Technology and Industry for National Defense) pour ce qui concerne les aspects « dual use »
Une réponse favorable du MOFCOM peut être soumise à condition et est souvent soumise à conditions. Les Douanes chinoises peuvent, après validation, procéder à des inspections en cas de « soupçon de fraude », mais aussi pour toute autre raison qu’on lui donnerait pour s’exécuter. Y compris a posteriori.
Concernant les « dual Use », la Directive de décembre 2024 spécifie bien que les technologies font partie du catalogue, au même titre que les produits, les plans, et les logiciels…Or, depuis 2017 en Chine, la politique dite de fusion civilo-militaire a sensiblement militarisé la perception de toutes les technologies civiles et leurs applications possibles, influençant la lecture des dossiers. Pour aller plus loin : consulter le livre blanc (notice) du contrôle aux exportations de décembre 2021.
5. La CSRC cherche du "capital (étranger) patient"
La Commission chinoise de régulation des valeurs mobilières (China Securities and regulatory Commission ou CSR, l'équivalent de l’AMF en France ou de la SEC aux États-Unis) a rendu public un « Plan d’action pour l’optimisation du dispositif des investisseurs institutionnels étrangers qualifiés » (Qualified Foreign Institutional InvestorQFII / RMB Qualified Foreign Institutional Investor-RQFII) (+ Signes. Mots-clés : 3ème plenum du 20ème CC ; ETF)
- Le bref communiqué souligne qu’il met en œuvre les orientations des 3ème et 4ème Plenum du 20ᵉ Comité central ainsi que de la Conférence centrale sur le travail financier de 2023. Ce plan ne sort donc pas de nulle part.
- Les nouvelles dispositions visent à ajuster le dispositif par une complémentarité entre les canaux onshore et offshore, un nouvel équilibre entre capitaux d’allocation et capitaux de transaction (en clair, une distinction entre flux d’investissement stratégique et flux spéculatifs), ainsi qu’une une interaction « saine » entre les institutions financières nationales et étrangères (valeurs mobilières, fonds, produits dérivés).
- La CSRC envoie un message : elle assouplit certaines conditions d’entrée aux investisseurs étrangers, mais elle veut du capital de moyen/long terme…. aligné sur les priorités industrielles et financières de la Chine. Il ouvre l’accès (procédures, périmètre, ETF...) mais resserre la supervision (program trading, swaps…). Tout un art.
6. Stratégie globale et européenne de Chery Automobile
Le 27 octobre, Yin Tongyue, président de Chery Automobile (奇瑞汽车), a évoqué la stratégie du groupe à l’occasion de son entrée en bourse, le 25 septembre dernier. Chery, c’est :
- Plus de 17 millions d'utilisateurs mondiaux, dont 5,43 millions à l'étranger
- Des revenus à l'international représentant près de 50% du total
- Une présence dans plus de 120 pays et 16 usines ( + 1 669 Signes. Mots clés : EBRO, Nissan Motor Spain
Chery veut globaliser non seulement ses ventes/exportations mais aussi la R&D et l’innovation à l’international. L'article mentionne spécifiquement la stratégie de Chery en Espagne avec la collaboration pour revitaliser la marque locale EBRO, et la nouvelle usine qui « résout les problèmes de chômage local » Chery a signé un accord avec Ebro EV Motors (Espagne) pour installer sa première usine européenne à Barcelone, plus précisément dans la zone de la Zona Franca de Barcelona (ancien site de Nissan Motor Spain).
L'usine de Barcelone servira probablement de :
- Hub de R&D pour l'Europe du Sud
- Centre de tests pour les marchés méditerranéens
- Plateforme de co-innovation avec universités espagnoles
Chery veut apporter des "solutions chinoises" à l'étranger, mais les technologies de base ne doivent jamais fuir . À Barcelone :
- Production locale mais contrôle IP
- Formation des talents locaux
- Construction d'une chaîne d'approvisionnement locale sous supervision chinoise
Surtout, le problème est que ses usines sont ce qu’on appelle des usines “knock-down” (en anglais “Knock-Down plant”), une usine d’assemblage qui reçoit des kits de composants préfabriqués envoyés depuis un autre pays, pour assembler localement le produit final. C’est une stratégie industrielle et commerciale classique pour contourner des droits de douane. Mais ce n’est pas dans l’esprit ni dans les règles de l’UE.
En septembre, Stéphane Séjourné, Commissaire européen, a explicitement remis en cause la valeur ajoutée de certaines implantations chinoises en Europe si la chaîne de valeur reste essentiellement chinoise :
« A factory in Barcelona to assemble cars with all parts made in China does not add any value ».
Cette prise de parole illustre la préoccupation de la Commission sur les implantations qui se limitent à de l’assemblage sans chaîne locale.
▶ Politique extérieure
7. Relations sino-américaines : retour à la case départ de la phase 1
Dans son communiqué à l'issue du tête-à-tête Trump-Xi qui n'aura durée d'à peine deux heures (avec la traduction, c'est très peu), Xinhua pousse loin la métaphore marine :
« Face aux tempêtes et aux défis, les deux chefs d'État, en tant que timoniers, doivent tenir le cap et naviguer dans bonne direction, en veillant à ce que le navire des relations sino-américaines avance sans encombre ».
Au-delà de l’exercice imposé de la flatterie et de la mise en scène lors de ce sommet que retenir de la dynamique actuelle que traverse la relation américano-chinoise ? Le communiqué est à « double audience », ciblant autant son opinion publique que la partie américaine.
- Message n°1 : l’économie chinoise se porte bien (中国经济发展势头不错)
- Message n°2 : nous ne provoquons personne et ne voulons remplacer personne (从来没有想挑战谁、取代谁)
- Message n°3 : (le plus important ) mais nous continuerons à faire ce qu’on doit faire pour notre développement (集中精力办好自己的事).
- Message n°4 : ne nous écharpons pas et rassurons l’économie mondiale
Puis, il liste les sujets qui semblent avoir fait l’objet d’un consensus minimum entre les deux délégations emmenées par Scott Bessent et He Lifeng plus tôt dans la semaine, en matière de :
- coopération dans la lutte contre l'immigration clandestine
- la fraude dans les télécommunications,
- la lutte contre le blanchiment d'argent,
- l'intelligence artificielle (cf. infra) et
- la réponse aux maladies infectieuses.
Puis, il serait grand temps que la Chine et les États-Unis
« s'engagent dans une interaction constructive sur les scènes régionales et internationales ».
On passe de discussions « techniques » à des discussions sur l’ordre international, sans passer par la case de la compétition économique, industrielle, et technologique. Exit donc toute perspective de ressusciter un accord de type phase 2 sur les fondements des politiques économiques (article ) est écartée.
Puis, très habilement, le communiqué donne rendez-vous à D. Trump en 2026 autour de deux grands événements où ils pourront à nouveau briller ensemble :
- le G20, organisé aux Etats-Unis fin 2026
- le prochain sommet de l’APEC, organisé en Chine, à Shenzhen, en novembre 2026.
Regardons néanmoins plus en détail sur cette « nouvelle phase 1 »
- Les deux administrations sont peu ou prou revenues là où la phase 1 (source) de l’accord de 2019, traitant essentiellement des aspects commerciaux et de volumes d’importations sous « Trump 1 » les avaient placées. Entre temps, sous l’administration Biden, la Chine avait bien spécifié ne pas vouloir considérer à nouveau de phase 2, portant sur les questions plus fondamentales (politique économique chinoise, propriété intellectuelle…), résumée par la diplomatie chinoise comme la phase « 301 », pour section 301 du code du commerce américain. Cette nouvelle phase 1 verra, comme la précédente, un rebond des ventes mais la Chine ne remplira probablement pas ses obligations (elle s’est engagée à acheter 12 millions de tonnes de soja cette saison, contre le double en 2024) .
- Sur les semi-conducteur et l’IA, le jeu est nouveau et plus difficile à lire. Au-delà de l’accès aux meilleures puces, Pékin cherche à lever les restrictions américaines sur une plus large palette de technologies qu’elle ne maitrise pas encore. Elle utilise toutes les failles possibles. Aucune annonce n’a été faire sur ce sujet cette semaine. Mais si D. Trump autorise un Blackwell « dégradé » (B30A) pour la Chine et que cette dernière passe commande, alors l’arrêt des puces H20, moins performantes, était surtout un levier pour obtenir mieux ; si, au contraire, Pékin refuse même le B30A, alors le décrochage sera acté, le marché chinois se fermera pour Nvidia et nous nous rappellerons alors du manifeste du mois d’avril dernier du Bureau Politique du PCC sur l’objectif d’indépendance en matière d’IA :
« Pour occuper une position de leader et s'assurer un avantage dans le domaine de l'intelligence artificielle, il faut mettre en place des systèmes matériels et logiciels d'IA fondamentaux autonomes et sous contrôle » (自主可控)
- Le 18 septembre dernier, Huawei a annoncé une roadmap pour ses puces IA « Ascend », avec quatre nouvelles générations prévues entre 2026 et 2028. L’objectif est d’accroître nettement la capacité de calcul, la bande passante d’interconnexion et la mémoire, tout en s’appuyant sur des formats à plus faible précision afin de compenser le retard sur les nœuds de gravure. Il faut bien sûr garder à l’esprit que cette annonce participe d’une stratégie de communication de la firme.
- Plus fondamentalement, quels sont les termes de la compétition, ou de la « coopétition » sino-américaine sur l’IA ? Ce chapitre reste à écrire. Je pencherais pour une compétition structurée autour d’une interopérabilité minimale sur fond de compétition sur le calcul (compute) et les écosystèmes (logiciels, plateformes, talents…). Nous nous acheminons vers un régime spécifique et une grammaire de type « arms controls » auquel il manquerait une architecture, des premiers accords…
- Lors du somment, la question du nucléaire s’est s'en effet invitée mais par des chemins de traverse avec l’annonce de la reprise de « test » nucléaires américains… quelques heures avant le tête-à-tête Trump-Xi. D. Trump justifie cette décision par la nécessité de maintenir une parité stratégique () face aux récentes démonstrations de force russes, mais aussi chinoise. Interrogé en conférence de presse, jeudi 30 octobre, le porte-parole du MAE chinois renvoie l’admin trump à ses obligations :
« La Chine espère que les États-Unis s'acquitteront sérieusement de leurs obligations au titre du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICE, 1996) et honoreront leur engagement en faveur d'un moratoire sur les essais nucléaires, soutenant ainsi le régime international de désarmement nucléaire et de non-prolifération par des actions concrètes et préservant l'équilibre et la stabilité stratégiques mondiaux ».
Rappelons que ni les Etats-Unis ni la Chine n’ont ratifié le TICE. Seules la France, le Royaume-Uni et la Russie - jusqu’en 2023 où elle s’en est retirée - ont ratifié ce traité. Quant au moratoire sur les essais de 1992 (l'amendement Hatfield), il a été levé en 1996. Trump rompt un engagement politique, mais pas la loi qui a été abrogée.
Plus significativement, il replace la relation stratégique avec Pékin sur la question du régime de non-prolifération et des traités : le 30 octobre, le secrétaire américain à la défense, Pete Hegseth, a dû expliquer la position des Etats-Unis lors d’une réunion : des ministres de la défense de l’ASEAN. En revanche sur Taiwan, la main invisible du Pentagone est restée….invisible. Pékin avait-il déjà tout dit quelques jours plus tôt ? Cf. mon mémo sur Taiwan infra).
8. Pendant ce temps-là : Li Qiang à l’ASEAN, Xi Jinping au sommet de l’APEC
Discours de Li QIang au Sommet de l'ASEAN, sans grande originalité. Mais l'essentiel est ailleurs : Pékin aligne ASEAN et APEC sur une même trajectoire et un objectif commun : créer un grand marché asiatique basé sur des règles de marché national, en forte connexion avec celles en vigueur ou planifées du « vaste marché unifié » en formation. Le tout au nom du multilatéralisme OMC-compatible et du libre-échange (+1 919 signes. Mots clés : CAFTA ; CPTPP ; RCEP ; FTAAP) :
- Le CAFTA (China–ASEAN FTA) 3.0 est la brique technique opérationnelle côté ASEAN. De plus, un accord de partenariat Chine-ASEAN 2026-2030 a été signé lors de la visite du PM
- L’APEC en donne l’armature politique et le récit macro
Il faudra nous habituer à ces acronymes et plateformes régionales. Ils façonnent déjà le commerce en Asie. La volonté d’intégration de l’économie chinoise dans les économies asiatiques se heurtent à la résistance de plusieurs pays. Par exemple, l’Australie, le Japon, le Canada, ont exprimé leurs réticences à soutenir la candidature de la Chine au CPTPP (seconde vie du TPP) tant que ses pratiques coercitives continueront. La tâche sera hardue pour Pékin, mais il ne lâchera pas.
Extrait du discours de Xi Jinping au sommet de l’APEC, le 31 octobre :
« Favoriser un environnement économique régional ouvert (开放型). Poursuivre la libéralisation et la facilitation (便利化) du commerce et de l’investissement, approfondir la coopération dans le domaine financier, et faire progresser de manière ordonnée le processus d’intégration économique régionale (稳步推进区域经济一体化进程). Saisir les opportunités offertes par la mise en œuvre de haute qualité (高质量) du Partenariat économique régional global (RCEP) et par l’élargissement du Partenariat transpacifique global (CPTPP), afin de promouvoir leur interconnexion, leur intégration et leur développement harmonieux (融合共进), et de concentrer les énergies en vue de la construction d’une Zone de libre-échange de l’Asie-Pacifique ».
J’ai surligné en gras, les expressions et styles directement tirés du registre sémantique de politique intérieure chinoise qui cherche à créer une intimité politique avec les textes et doctrines du PCC, dans une logique d’expansion de son domaine intérieur.
Ce narratif rattache le RCEP (区域全面经济伙伴关系协定) et le CPTPP (全面与进步跨太平洋伙伴关系协定) à l’objectif final de l’FTAAP (Free Trade Area of the Asia-Pacific, (亚太自由贸易区), un agenda que la Chine essaie de pousser à son avantage via l’APEC.
Ils constituent quelques éléments de la carte mentale stratégique régionale du PCC.
Ce n’est pas qu’un puzzle institutionnel, car chaque accord, chaque ensemble fait circuler un ensemble de normes, principes et règlementations qui façonnent les échanges et opérations intra-zone des Etats et des entreprises.
9. Chine-Taiwan : discours de Wang Huning
Le 24 octobre, le Comité permanent de l’ANP a voté et adopté une décision établissant le 25 octobre comme "Journée commémorative de la reconquête de Taïwan" (台湾光复纪念日) sous forme de loi, et stipulant que l'État organiserait des activités commémoratives sous diverses formes. (+1 238 signes. Mots clés: Wang Huning ; résolution 2758)
Le lendemain, dans un article rédigé pour l’occasion et paru dans le Quotidien du Peuple, Wang Huning, membre permanent du Bureau Politique, rappelle que l’option privilégiée est « l’unification pacifique », mais qu’ elle est inséparable, dans sa réalisation, avec la mise en place post-unification du principe de gouvernance « Un pays, deux Systèmes ». Si le caractère « force/guerre » (武), n’apparait pas, l’usage de la force n’est pas écarté.
« La réunification par des moyens pacifiques est dans l'intérêt supérieur des compatriotes des deux côtés du détroit et de la nation tout entière. Nous adhérerons au principe de la réunification pacifique et à l'approche « un pays, deux systèmes ». Nous sommes disposés à engager le dialogue et la consultation avec des personnalités éclairées de tous les secteurs à Taïwan sur les relations entre les deux rives du détroit et la réunification nationale, sur la base du principe d'une seule Chine et du consensus de 1992. Nous sommes prêts à faire preuve de la plus grande sincérité et à tout mettre en œuvre pour faire progresser les perspectives d'une réunification pacifique » (尽最大努力争取和平统一的前景).
On peut interpréter cette décision de créer un jour dédié à Taiwan comme participant de la volonté de conjurer l’érosion du consensus international sur les fondements juridique, diplomatique et symbolique de la résolution 2758 de l’ONU. (Cf. mon Bulletin n°2), mais aussi, comme un acte politique d'affirmation de souveraineté.
10. Chine-Allemagne-Taiwan : réaction chinoise aux déclarations de Johan Wadephul sur Taiwan
Quelques jours avant son départ pour Pékin, le ministre allemand des affaires étrangères a affirmé dans une interview que la politique d'une seule Chine de l'Allemagne reste inchangée, tant que le statu quo dans le Détroit n’est pas remis en cause par la force. (+610 signes)
"Our One-China policy continues unchanged – and we decide on its design. This also includes that there must be no violent change of the status quo"
Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a immédiatement réagi en déclarant que le principe d'une seule Chine n'a aucune place pour une "définition ou raison individuelle" (没有任何"自定义"的理由和空间) et a accusé l'Allemagne de soutenir indirectement les "activités d'indépendance taïwanaise".
Conditionner en quelque sorte le maintien de la posture actuelle au non usage de la force est un pas diplomatique assez subtil : quand commence "un changement violent dans le statu quo" ?
↑ Retour au sommaire▶ Influence et ingérences
11. Wang Yi et la gouvernance mondiale aux caractéristiques chinoises
Le 27 octobre, une nouvelle édition du Forum de Lantian a été organisé par une « association » affiliée au ministère chinois des affaires étrangères, l'Association chinoise pour la diplomatie publique (China Public Diplomacy Association, CPDA, 中国公共外交协) durant laquelle le top diplomate Wang Yi, membre du Bureau politique du Comité central du PCC et ministre des Affaires étrangères, a prononcé un discours plaidant pour une mise en œuvre l'Initiative pour la gouvernance mondiale (Global Governance Initiative, (全球治理倡议) et la construction d’une « communauté de destin pour l'humanité (人类命运共同体).
Bien sûr, ces « initiatives » et « communautés » sont imaginées, et virtuelles, mais elles portent les points de doctrine du PCC en matière de politique étrangère en direction des pays non-occidentaux et contre les pays occidentaux. Les discours diplomatiques doctrinaires chinois sont très souvent organisés en deux parties : d’abord les principes directeurs, ou le positionnement, puis les axes d’effort.
Pour ce qui est du positionnement, Wang Yi souligne que la Chine se positionne :
- en garante de la paix dans le monde
- en porte-étendard du multilatéralisme
- comme le héraut de la justice internationale
Bref, en tout ce que promeut et représente l’ONU.
Ensuite, étape 2, intégrer ces grands principes dans les axes d’efforts à mener, mais en créant des doublons et une profusion d'instances et "mécanismes" :
- Continuer de soutenir l’ONU et le système onusien, mais Nous annonçons la création du Mécanisme Chine-Nations Unies pour le soutien au développement Sud-Sud mondial (中国—联合国全球南南发展支持机制), ainsi que la création du Centre mondial pour le développement durable à Shanghai (全球可持续发展中心), en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement.
- Renforcer la gouvernance mondiale, mais par un développement partagé ( 共同发展), et en « tirant parti des fonctions de l'Organisation mondiale du commerce pour maintenir un environnement commercial ouvert et inclusif » (开放包容)
« Nous avons également mis en œuvre les « dix grandes initiatives de partenariat » (十大伙伴行动) modernisées avec les pays africains, établi les « cinq grands projets » (五大工程) avec les pays d'Amérique latine, construit les « cinq grands cadres de coopération » (五大合作格局) avec les pays arabes et créé sept grandes plateformes de coopération (七大合作平台) avec les pays insulaires du Pacifique.
Autant de structures, initiatives, plateformes, « mécanismes » et organisations de "dialogue" (dont l’OCS, qui est citée…) qui aspirent les budgets, les énergies et les contrats plus ou moins contraignants, dans le domaine juridictionnel chinois. Le reste du texte est du même tenant, sur l’IA (全球人工智能治理倡议), l’élaboration des règles internationales (国际规则制定)…
Enfin, les messages. Car il faut savoir lancer des bouées sondes pour l’avenir. J’en vois deux principales.
- La Chine veut devenir « officiellement », c’est-à-dire reconnue comme le guide de l’ère du Sud global (南方时间)
- La Chine prépare une nouvelle « Initiative » pour la gouvernance financière mondiale/globale
A retenir au-delà de ces promesses des lendemains qui chantent : ces principes une fois agréés, ces accords et « mécanismes » une fois signés et mis en œuvre nous engagent.
12. Nouvelle plateforme d’influence : le Financial Street Forum
C’était la toute première édition de ce Forum (金融街论坛年会), sous le haut patronage de la National Financial Regulatory Administration (NFRA) (金融监管总). Il n'est pas à confondre avec le Forum de Lujiazui, piloté par la Municipalité de Shanghai, qui se réunit chaque année à l’été. (+ 1555 signes. Mots-clés : CSRC ; CIC ; CDB )
- Ils partagent tous deux néanmoins une même fonction de plateforme de communication, à disposition des autorités et experts gouvernementaux locaux. En l’occurrence, son lancement, le 27 octobre, intervient quelques jours après la clôture du 4ème Plenum, excellent timing pour attirer l’attention, passer les bons messages et recruter large. Ce forum inaugural s’est donc concentré sur les orientations de la réforme financière du 15e plan quinquennal.
- Je retiens la création d’un Forum d’innovation en assurance Chine–UE (classification, conduite intelligente, assurance « verte »…) et la tenue d’un sous-forum sur la sécurité des applications en IA.
- Depuis les réformes de 2018 et de 2023, les Comités consultatifs internationaux ont été réactivés, à la CSRC, une Commission des conseillers internationaux, et au niveau supérieur, à la NFRA, avec un Comité consultatif international. Andrew Sheng apparait comme son Président.
- Sheng est un banquier-régulateur et essayiste financier d’origine malaisienne, basé à Hong Kong. Il conseille le chef de l’exécutif de la RAS de Hong Kong, a siégé aux conseils consultatifs internationaux de la China Development Bank (CDB) et de la China Investment Corporation (CIC), et conseille la CSRC sur les affaires internationales. Bref, c'est un opérateur multi-casquettes habilité à entrer en contact avec d'éminentes personnalités étrangères du monde financier.
- Pour une entreprise ou une institution étrangère, ce type de structure peut, en théorie, se révéler intéressante : pour les accès, l’anticipation, l’influence technique, les deal flow…En pratique, ces "comités internationaux" sont conçus comme des "nasses", dans lesquelles les autorités du PCC peuvent cultiver les prises de décisions de leurs membres, pas pour donner des informations ! Il faut savoir « naviguer ».
▶ Documentation & Agenda prospectif
◇ « L’Europe a un plan »
Discours de Mme von der Leyen du 25 octobre, lors du Berlin Global Dialogue. Face à aux rivalités de puissance, que VDL qualifie de « nouvelle géoéconomie », le « business as usual is no longer an option ».
« À court terme, nous nous concentrons sur la recherche de solutions avec nos homologues chinois. Mais nous sommes prêts à utiliser tous les instruments à notre disposition pour réagir si nécessaire. Et nous travaillerons avec nos partenaires du G7 pour coordonner notre réponse. Mais nous devons également considérer cela comme un défi structurel. Notre réponse doit être à la hauteur des risques auxquels nous sommes confrontés dans ce domaine. C'est pourquoi je peux annoncer que nous travaillons sur un nouveau plan RESourceEU. »
J’y vois – j’aime à y voir – le commencement d’un plan d’action qui veut adresser une question taboue : est-il souhaitable que l’Europe investisse dans un autre marché, un marché-hors-Chine » ? En Europe d’abord (« Made In Europe »), et partout où son intérêt lui dicte de non plus dé-risker mais de contourner le risque chinois avec des partenaires fiables.
◇ Défense et Sécurité
“Korea–China Standoffs in the PMZ » (CSIS/AMTI) , le 27 octobre 2025, par Jennifer Jun, Asia Maritime Transparency Initiative, et Victor Cha, CSIS, Georgetown, ex-NSC sous GW Bush. Recrudescence des face-à-face entre garde-côtes sud-coréens et chinois dans la Provisional Measures Zone (PMZ) de la mer Jaune, avec des comportements typiques de tactiques de “zone grise” de Pékin.
◇ Conférences
Retour sur la Conférence de l’Institut de relations internationales et stratégiques l’IRIS : « Quelle place pour Taïwan dans la politique de la France en Asie-Pacifique », le 28 octobre dernier. Quelques points saillants relevés
- La connectivité à Taiwan dépend à 90% des câbles sous-marins. Tout récemment, le gouvernement taiwanais a lancé une initiative multilatérale RISK pour la sécurité des câbles sous-marins. La France peut-elle s’engager dans le dialogue ?
- Dans la stratégie Indopacifique de la France (juillet 2025), est spécifié que « La France réaffirme sa politique constante d’une seule Chine et exprime son attachement à la préservation de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan. Elle s’oppose à toute modification unilatérale du statu quo, y compris par le recours ou la menace de recours à la force ou la coercition, et appelle à une résolution pacifique des différends »
- Pour autant, selon l’un des intervenants, la notion même de statu quo (台海现状) est rejetée. C’est exact. Le ministère chinois des affaires étrangères (cf. mémo supra) déclare que :
« Se contenter de dire que le statu quo dans le détroit de Taïwan doit être maintenu sans s'opposer à l'"indépendance de Taïwan" revient en fait à tolérer et à soutenir les activités « d'indépendance de Taïwan", ce qui aura un impact sérieux sur la paix et la stabilité dans le détroit de Taïwan (MAE chinois le 24/10)
- Face à l’approche transactionnelle de la sécurité collective de (l’Administration) D. J. Trump, Taiwan cherche à diversifier ses fournisseurs, comme le ferait une entreprise. Les partenariats avec Israël se multiplient notamment en matière technologique, cyber, et double-usage. Israël est une source d’inspiration pour la défense et la résilience de Taiwan.
DocUment complémentaire sur les sabotage de câbles sous-marins, un Q&A avec Pierre Thévenin, chercheur au SIPRI. https://www.sipri.org/commentary/topical-backgrounder/2025/legislative-route-combat-sabotage-undersea-cables
A venir :
European China Conference 2025, 26 novembre 2025, Berlin) European China Conference 2025 | Merics Co-organisée par Mercator Institute for China Studies (MERICS), l’European Council on Foreign Relations (ECFR) et l’Association for International Affairs (AMO)
11ème Conférence annuelle de Chatam House : « Europe’s strategic choices 2025 », les 1er et 2 décembre 2025. Londres.
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Les sujets sont numérotés. Vous pouvez m’interroger dessus en les désignant par leur n° en commentaire ou en MP.
Les mentions du nombre de signes et des mots clés sont laissés apparents. Ils marquent la séparation entre la version abrégée du bulletin et sa version intégrale.
Dans le sujet sur les terres rares, j'ai pensé que fournir un document officiel traduit (ici le CR d'une conférence de presse du MOFCOM, mais cela peut être un discours, un texte règlementaire...) pouvait être intéressant et une manière de ne pas allonger le texte, déjà assez long. ici aussi, vos retours me seraient utiles.