Bulletin n°10 : normes & standards, et l'activisme diplomatique chinois sous contrainte
Agenda législatif 2026 ; A/S des licences d’exportation ; IEC 60747 et l’électronique de puissance ; après l’effet Deepseek ; ZHT de Hangzhou ; Europe-Chine : le choix des armes ; Chine–CCG et Chine–États arabes ; Pékin en Amérique Latine et Caraïbes ; Chine–Russie : l’alignement dans l'infosphère
📋 Structure de ce Bulletin
- Édito
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▶ Politique intérieure
- 1. [Travail législatif, un aperçu des priorités nationales 2026]
- 2. [Conformité d’abord : nouvelle grammaire chinoise des licences d’exportation]
- 3. [Révision des normes IEC 60747 : une avancée stratégique pour la Chine dans l’électronique de puissance]
- 4. [Après l’effet Deepseek, le "Manhanattan project" chinois sur les semi-conducteurs]
- 5. [Au sujet de la zone nationale de haute technologie de Hangzhou]
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▶ Politique extérieure
- 6. [Europe-Chine : le choix des armes]
- 7. [Mise en orbite des formats Chine–CCG et Chine–États arabes]
- 8. [Face à la NSS américaine, Pékin publie un manifeste pour rappeler ses ambitions en Amérique Latine et des Caraïbes]
- 9. [Panama et Venezuela : les deux premiers clients d’une confrontation systémique]
- ▶ Influences et ingérences
- ▶ Documentation & Agenda
Edito
La semaine dernière, l’UE a manifestement marqué des points. Le message selon lequel elle pourrait bientôt se fermer presque totalement aux produits et services chinois commence à être pris au sérieux dans les coulisses du pouvoir à Pékin.
Pour autant, rien n’indique, dans les textes et déclarations examinés, que Pékin infléchira sa trajectoire en matière de politique économique. Dans l’industrie et l’innovation, la Chine crée de nouveaux liens de dépendance et d’interdépendance, notamment grâce aux standards que ses industries manufacturières promeuvent dans les enceintes de normalisation, à l’exacte mesure de sa puissance économique. Nous sommes très loin de l’image d’une Chine qui se replierait sur elle-même.
Sur le front extérieur, si le contenu de la nouvelle « stratégie » de sécurité nationale américaine (NSS) était prévisible, celle-ci produit désormais ses effets dans les cercles stratégiques et diplomatiques chinois. Bien que l’Amérique latine et les Caraïbes soient historiquement considérées comme l’arrière-cour des États-Unis, Pékin n’a aucune intention de s’en laisser évincer.
Ainsi, cinq jours après la publication de la NSS américaine, les autorités chinoises ont réaffirmé, dans un document détaillé, leur position et leurs ambitions dans la zone.
La diplomatie chinoise s’active aussi au Moyen-Orient, où elle tente d’ancrer les économies arabes dans son système économique national.
En somme, la Chine poursuit sa conquête de nouveaux espaces et de nouvelles frontières.
Deux mots plus personnels pour finir cette année. Je vous suis particulièrement reconnaissant de me lire, toujours plus nombreux chaque semaine. Permettez-moi de vous souhaiter d’excellentes fêtes de fin d’année, entourés de vos proches.
Rendez-vous le jeudi 8 janvier pour un nouveau Bulletin de Sources chinoises, enrichi de quelques améliorations et nouveautés.
Après 10 Bulletins, nous avons franchi la barre symbolique des 1000 abonnés ! Si je les écris, c’est pour qu’ils soient lus. Un grand merci !
Quant à moi, j’ai lu avec intérêts vos retours, très qualitatifs. Je les prendrai en compte dans mes prochains bulletins. Parmi les points d’amélioration, mes mémos sont peut-être un peu longs.
Certains m’invitent à sélectionner davantage de sujets, ce qui est envisageable si je les conçois plus compacts, sans déperdition de matière. Je pousserai par ailleurs l’effort de décryptage de la novlangue du PCC et ses concepts, qui restent peu digestes, même après traduction annotée.
Mes textes traduits sur liens externes sont appréciés, mais peu lisibles. Je soignerai leur design. On touche peut-être ici la limite de ce réseau. J’étudie de migrer la production sur une plateforme web plus ergonomique qui facilitera la lecture et la recherche d’informations. J'explorerai également une option payante pour ceux qui souhaitent soutenir ce travail, tout en maintenant une version gratuite plus synthétique.
Enfin, j’ai constaté qu’une parution les lundis matin n’était probablement pas le meilleur moment de la semaine. Mes bulletins paraitront les jeudi matin à partir de l’an prochain.
A l’an prochain donc et à bientôt !
Laurent
➔ Dans ce Bulletin 11 Mémos :
▶ Politique intérieure
1. Travail législatif, un aperçu des priorités nationales 2026
Le Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale (ANP) tiendra dernière réunion de l'année, du 22 au 27 décembre, sa plus longue session législative depuis décembre 2019, avec un ordre du jour particulièrement chargé. Le Comité exécutif examinera 14 projets de loi législatifs et entendra près de deux douzaines de rapports. (+3 054 signes. Mots-clés : ANP)
En outre, une proposition de Loi sur les activités en Antarctique et la protection de l’environnement (南极活动与环境保护法) doit retenir l’attention et se lire comme un texte à double dimension : environnemental en surface, mais aussi stratégique. Cf. mon Post de vendredi dernier)
Par ailleurs, une révision de la Loi sur le commerce extérieur (对外贸易法) figure parmi les huit projets de loi renvoyés pour un examen plus approfondi.
- Elle annonce un cadrage plus marqué par la souveraineté, la sécurité économique, un renforcement des contrôles sur exportations sensibles et des outils de riposte face aux sanctions.
- La révision réoriente la Loi sur le commerce extérieur vers un régime export explicitement lié à la souveraineté, la sécurité et les « intérêts de développement » (发展利益). Elle vise à inscrire dans la loi des outils déjà mobilisés par l’exécutif : gestion des risques, conformité, mécanismes d’alerte et contre-mesures.
- La référence aux “intérêts de développement” couvre et protège l’agenda d’internationalisation chinois lorsqu’il est jugé stratégique. C’est pour cette raison qu’il faut manier cette notion « d’intérêts » chinois à l’étranger avec précaution. Ils sont avant tout des cibles d’expansion.
- Le texte renforce par ailleurs la base légale des restrictions et interdictions d’import-export pour motifs de sécurité nationale, d’ordre public, de santé, d’environnement et de pénurie d’approvisionnement domestique, touchant directement les intrants critiques. Il consolide les catalogues de biens et technologies sensibles et autorise des mesures temporaires hors liste.
- Une innovation majeure est l’intégration explicite de la sécurité des données : la fourniture illégale de données importantes à l’étranger (非法向境外提供重要数据) devient une atteinte à l’ordre du commerce extérieur, reliant flux commerciaux, technologies et souveraineté informationnelle.
- La loi institutionnalise les outils de riposte face aux mesures unilatérales étrangères. Elle prévoit des contre-mesures État-à-État, mais aussi des restrictions ciblant des entités étrangères, avec interdiction d’en faciliter le contournement. Elle assume une logique de contre-coercition juridique lorsque les mécanismes conventionnels ne fonctionnent pas.
- Enfin, la révision traite les chocs externes comme un enjeu de sécurité économique. Elle formalise des mécanismes d’alerte-urgence et d’assistance à l’ajustement commercial pour stabiliser les chaînes industrielles et d’approvisionnement.
L’ensemble traduit un passage d’une loi commerciale classique à un instrument de pilotage géo-économique qui institutionnalise encore davantage la coercition comme le prolongement de la politique commerciale par d’autres moyens. Reste à observer comment tout cela va être décliné, et appliqué.
A noter aussi :
- Un projet de révision en troisième lecture du futur « code de l’environnement et de l’écologie », cher à Xi Jinping et sa civilisation écologique, prévoit quelques clarifications, dont un chapitre sur le développement vert et à faible émission de carbone avec des compléments sectoriels.(transport vert, construction verte, agriculture…) et un chapitre durci sur les responsabiltiés juridiques.
- Une révision de la Loi sur les marques (商标法), datant de 2019 ) afin de lutter contre les enregistrements de mauvaise foi d'une marque sans intention de l'utiliser et le durcissement les sanctions en cas de contrefaçon. C’est aussi une refonte plus large avec un recentrage très net sur l’usage comme obligation, et la discipline de marché (agents et procédures).
🏷️ ANP↑ Retour au sommaire2. Conformité d’abord : nouvelle grammaire chinoise des licences d’exportation
Le 18 décembre, en conférence de presse un porte-parole du MOFCOM a annoncé de nouveaux développements concernant les contrôles à l'exportation des produits liés aux terres rares. ((+ 2089 signes. Mots-clés : MOFCOM)
« Depuis la mise en œuvre des contrôles à l'exportation sur les produits liés aux terres rares, les autorités chinoises concernées ont organisé des séances d'information à l'intention des exportateurs chinois. Grâce à l'expérience acquise en matière d'exportation et de conformité, certains exportateurs chinois remplissent désormais les conditions de base pour demander des licences générales( 通用许可). À ma connaissance, les demandes de licences générales présentées par certains exportateurs chinois ont été reçues et approuvées ».
Dans un précédent mémo (Bulletin n°4, mémo n°9 : Visite en catimini de Wang Wentao à Bruxelles), j’avançais que :
« Je doute que les discussions aient abouti sur l’octroi de « licences générales » sur l’ensemble des minerais et terres rares concernées, car il n’y a pas de licences générales sur les matières critiques concernées dans le sens où on les entend (sans conditions et de longue durée) ».
Voir notre analyse de la visite de Wang Wentao à Bruxelles (Bulletin #4)Jusqu’à présent, si l’outil existait bien dans les textes, sa mise en œuvre effective restait inexistante ou non observable. L’annonce du MOFCOM marque une inflexion limitée mais réelle.
Le porte-parole du MOFCOM indique que, dans le cadre des contrôles à l’exportation sur les biens liés aux terres rares, des demandes de « licence générale » ont été reçues et que certaines ont été approuvées. Le système passe ainsi d’un cadre juridique théorique à un début d’application opérationnelle, circonscrite à ce segment.
Pour autant, ce système ne correspond pas à un régime général au sens occidental : il s’agit d’un instrument administratif ciblé, accordé à des opérateurs identifiés, pour des biens et des usages définis et strictement conditionné à la conformité avec un caractère révocable.
La communication du MOFCOM met l’accent sur l’accumulation d’« expérience de conformité » (合规经验的积累), ce qui implique une sélection explicite d’acteurs jugés fiables. L’évolution observée suggère donc une mise en œuvre graduelle et sélective des licences: un nombre restreint d’exportateurs conformes et fiables bénéficient de facilités multi-expéditions, tandis que la majorité reste soumise à un régime d’examen au cas par cas.
Elle fait suite à une annonce précédente n°60, publiée le 5 décembre, les Mesures de mise en œuvre du travail de “trade policy compliance” (贸易政策合规), qui ajoute une brique de gouvernance centralisée pour préparer le terrain, et prévenir les éventuelles contestations de type OMC que son régime pourrait provoquer.
🏷️ MOFCOM↑ Retour au sommaire3. Révision des normes IEC 60747 : une avancée stratégique pour la Chine dans l’électronique de puissance
L'Administration d’État pour la régulation du marché (SAMR) vient d'éditer deux normes internationales révisées dans les semi-conducteurs de puissance. (+ 2 838 signes.mots-clés : SAMR ; IEC ; ED4; HVDC)
Le 11 décembre, selon la SAMR, la Commission électrotechnique internationale (IEC) a publié deux normes internationales clés dans le domaine des semi-conducteurs de puissance discrets, dont la révision a été pilotée par la Chine :
- IEC 60747-2:2025 (Ed.4.0) – Dispositifs à semi-conducteurs, Partie 2 : dispositifs discrets – diodes redresseuses ;
- IEC 60747-6:2025 (Ed.4.0) – Dispositifs à semi-conducteurs, Partie 6 : dispositifs discrets – thyristors.
La SAMR présente cette publication comme une percée significative de la participation chinoise à la normalisation internationale des semi-conducteurs de puissance, contribuant à la normalisation et à l’industrialisation, à l’échelle mondiale, des technologies de conversion et de contrôle de l’énergie électrique.
Note. Les normes IEC 60747 définissent des éléments très opérationnels : terminologie, grandeurs et caractéristiques essentielles, méthodes de mesure et d’essai, exigences relatives aux essais de type et d’endurance, ainsi qu’au marquage. Elles constituent, en pratique, la grammaire mondiale des spécifications techniques et des protocoles de test pour ces familles de composants.
Le fait de piloter leur révision confère un avantage compétitif indirect mais réel : les industriels dont les produits, procédés et infrastructures d’essai sont déjà alignés avec ces exigences peuvent certifier plus rapidement et à moindre coût, et industrialiser plus efficacement, en toute légalité. C’est aussi un levier pour tirer vers le haut le niveau de qualité et de fiabilité de la base industrielle domestique. La nouvelle édition ED4 renforce notamment la prise en compte des usages de grande puissance (réseaux électriques, énergies renouvelables, transport d’électricité en courant continu à haute tension – HVDC).
Pour les autres acteurs, cette évolution peut impliquer des adaptations parfois coûteuses : révision des procédures d’essai, nouvelles campagnes de qualification, mise à jour des fiches techniques et des dossiers de conformité. En contrepartie, l’harmonisation réduit les frictions de marché. Reste une question centrale : s’agit-il d’un marché plus fluide, ou d’un marché progressivement “captif”, façonné par un acteur dominant dont les entreprises intègrent plus vite les nouvelles règles du jeu ?
La Chine assume désormais publiquement ce succès normatif, alors même que la bataille des normes est souvent perçue comme une « guerre de l’ombre ». À Pékin, elle est traitée comme un champ de compétition stratégique à part entière, au même titre que les contrats à l’export ou les percées technologiques. Un tel résultat atteste, aux yeux des autorités, de la pertinence de la ligne de politique industrielle suivie, de la capacité du pays à coproduire les règles internationales, et sert aussi, sur le plan interne, à remobiliser les acteurs domestiques autour d’un objectif de prestige et de souveraineté technologique.
La Chine vient aussi de remporter un succès stratégique majeur dans la normalisation internationale : elle va diriger l'élaboration du système de normes internationales pour les systèmes de conversion d'énergie marine au sein de la Commission électrotechnique internationale (CEI/IEC). Sauf erreur de ma part, c'est la première fois que la Chine pilote des normes internationales dans le domaine des énergies nouvelles.
🏷️ SAMR IEC HVDC↑ Retour au sommaire4. Après l’effet Deepseek, le "Manhanattan project" chinois sur les semi-conducteurs
Je procède habituellement par la sélection d’une information de source chinoise que je juge stratégique ou d’importance, puis je recontextualise s’il le faut à l’aide d’autres sources. Je fais l’inverse dans ce cas précis. (+ 3 061signes. Mots-clés ; Deepseek; ASML)
Une dépêche de Reuters publiée le 17 décembre révèle l’existence d’un programme chinois confidentiel visant à développer une machine de lithographie EUV, technologie clé et principal verrou de l’industrie mondiale des semi-conducteurs. Selon Reuters, un prototype capable de générer de la lumière EUV existerait déjà, sans production industrielle de puces à ce stade, l’industrialisation étant évoquée à horizon 2028–2030.
L’information divulguée revendique un jalon intermédiaire crédible, une génération de lumière EUV, tout en évitant toute annonce immédiatement vérifiable sur la production de puces.
Indépendamment de la maturité réelle du prototype, la divulgation produit un effet d’anticipation en cascade : réactions politiques, industrielles et financières, reprises médiatiques spécialisées et débats sur l’efficacité des contrôles occidentaux.
Alors que la stratégie américaine vise à limiter l’accès chinois aux puces d’IA les plus avancées en autorisant seulement des variantes conformes ou dégradées, la révélation d’un jalon EUV vaut avertissement : la contrainte peut ralentir, mais elle ne peut pas “sortir” durablement la Chine des technologies de pointe, alors à quoi bon ?
Ce narratif se veut dissuasif : les contrôles ralentissent le développement de l’industrie des semi-conducteurs en Chine, mais ne le stoppent pas, à l’instar du message que le coming out de Deepseek avait produit, révélant au monde entier les performances – réelles ou supposées - du LLM chinois. Ce type de signal vise à fragiliser la vision occidentale d’une l’efficacité durable des sanctions et export controls, en soulignant leurs coûts croissants et leurs rendements décroissants.
Sur le plan domestique, la révélation agit comme un signal de priorité politique, contribuant à sanctuariser le programme EUV et à justifier des moyens exceptionnels. Elle renforce également la mobilisation des talents et la discipline bureaucratique autour d’un objectif technologique stratégique.
L’annonce amplifie la confiance et le financement de l’écosystème chinois des puces d’IA au sens large, à un moment où les marchés scrutent activement les substituts nationaux à Nvidia et ASML. Même sans résultat industriel immédiat, la perspective d’une trajectoire EUV crédible peut influencer investissements, IPO et valorisations.
- Le choix de laisser un média international porter l’information, sans confirmation officielle chinoise, suggère une communication calibrée, préservant l’ambiguïté stratégique.
- Les médias chinois et semi-officiels reprennent l’information en la recadrant : prudence sur la performance technique, insistance sur le temps long et mise en avant de l’inquiétude occidentale.
- Un article de Guancha, une média très aligné, titre « Comment comprendre l'article de Reuters intitulé La version chinoise du projet Manhattan ».
- Un autre, du Global Times est plus rusé encore : « Les progrès technologiques de la Chine : Reuters n'a pas lieu de s'inquiéter » . Le texte martèle que la coopération internationale dans les semi-conducteurs reste nécessaire, que la Chine reste ouverte, et que les politiques de blocage nuisent finalement aux intérêts occidentaux et à l’innovation globale.
Indépendamment de la maturité réelle du prototype, la Chine a intérêt à communiquer à ce stade. La divulgation transforme un jalon technologique partiel sur le principal verrou occidental (EUV) en actif stratégique : outil de mobilisation interne, catalyseur de confiance domestique et instrument de dissuasion narrative externe, destiné à peser sur les anticipations à moyen terme.
🏷️ ASML Deepseek↑ Retour au sommaire5. Au sujet de la zone nationale de haute technologie de Hangzhou
On voit passer régulièrement sur le site du gouvernement central des annonces qui peuvent nous paraître étonnantes, ou anecdotiques.
Début décembre, Le Conseil des affaires d’Etat, le gouvernement central, annonce sa validation pour le changement de nom de la zone de développement industriel de haute technologie de Xiaoshan Linjiang, rebaptisée Zone de développement industriel de haute technologie de Hangzhou Qiantang. (+ 3 248 signes. Mots-clés : ZNHT ; Hangzhou ; MIIT ; MOST ; NDRC )
La zone de développement de haute technologie de Qiantang (杭州钱塘高新技术产业开发区) est une zone nationale de haute technologie (国家级高新区). Elle ne constitue pas un espace économique autonome de droit privé, mais un instrument d’action publique intégré à l’appareil administratif et politique du parti, actionnaire principal, non apparent, dissimulé sous un montage ad hoc.
Du top-down « classique »
La gouvernance opérationnelle repose sur un Comité de gestion, organe administratif local, dont les décisions s’inscrivent dans une logique top-down exécutoire. Le portage opérationnel (foncier, investissements, plateformes, actifs) est assuré par des véhicules publics, en particulier la société de développement industriel de Qiantang (杭州钱塘新区产业发展集团有限公司), contrôlée à 90 % par le Comité de gestion.
Les objectifs qualitatifs et quantitatifs de la zone sont définis dans une chaîne hiérarchique classique en Chine :
- le Conseil des affaires d’État fixe le cadre stratégique national des zones de haute technologie ;
- le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT) pilote l’évaluation des quelque 178 zones à l’échelle nationale ;
- le ministère des Sciences et Technologies (MOST) et son centre Torch (火炬中心) structurent les « instruments d’innovation et des transferts » ;
- la Commission nationale du développement et de la réforme (NDRC) intervient via l’investissement et certains outils financiers.
- la province du Zhejiang, la ville de Hangzhou (杭州市), et son comité du Parti (市委) déclinent ces orientations dans des objectifs opérationnels confiés au Comité de gestion de la ZDIHT.
Une zone lourdement subventionnée
Les montants explicitement communiqués (environ 8,2 Mds de yuan ) relèvent du budget local (district et zone), et non d’une dotation directe annuelle du Centre.
Ces ressources irriguent les entreprises via des canaux administrés : subventions de projets, primes de qualification technologique, aides à la R&D (plafonds annoncés jusqu’à 5M de yuan par entreprise), bonifications d’intérêts, “coupons” d’innovation, assurances R&D subventionnées, et accès facilité à des plateformes (centres de validation, pilotes, incubateurs, ressources humaines…).
Les flux “centraux” sont pour l’essentiel indirects : programmes nationaux, financements thématiques, instruments NDRC et financiers (fonds, fonds de fonds…), mais conditionnés par la conformité aux priorités et par la performance mesurée, révisée chaque année.
R&D étrangère : dispositifs en place et implications
L’existence « administrative » de centres de R&D à capitaux étrangers au niveau provincial (nomenclaturés « Centre provincial de recherche et développement financé par des fonds étrangers » - 省级外资研发中心) au sein de l’écosystème de Qiantang est un indicateur structurant : elle traduit une politique d’attraction et d’exploitation organisée de la R&D étrangère, intégrée à la planification industrielle locale.
Pour les entreprises étrangères, l’environnement offre des atouts (infrastructures, financements, densité industrielle), mais implique une lecture attentive des contreparties implicites : forte centralité des instruments publics, alignement plus ou moins explicitées aux priorités top-down, « circulation intérieure » des savoir-faire et data. Il nécessite une contre-stratégie R&D sélective : périmètres bornés, modularité, cloisonnement IP et données, gouvernance contractuelle renforcée, gestion ad hoc des RH et des instances décisionnelles etc.
Si l’annonce d’un changement de nom peut paraitre anecdotique, le développement rapide de ce genre de Zones High-tech en Chine est plus que jamais - depuis les années 90 - le cœur du réacteur de la montée en gamme industrielle et technologique chinoise. Intégrer cet écosystème est une décision qui doit être pesée et sous-pesée.
🏷️ ZHNT Hangzhou MIIT NDRC MOST↑ Retour au sommaire
▶ Politique extérieure
6. Europe-Chine : le choix des armes
Depuis le début du mois, l’UE a sorti ses revolvers. Je dresse un petit bilan des échanges en focalisant sur les réactions chinoises. (+ 5 765 signes. Mots-clés : MOFCOM ; RESourceEU ; CRRC ; Nuctech ; IAA; CBAM)
- Sécurité économique, le 3 décembre : La Commission présente une communication conjointe sur la sécurité économique “strengthening Economic Security”. Pékin y voit une sécurisation durable du commerce et de l’investissement, nourrissant une logique de containment et surtout une incertitude réglementaire croissante pour les entreprises chinoises en Europe, avec appel à “retenue” et à un environnement “fair, transparent, non-discriminatory and predictable” (MOFCOM)
- RESourceEU, le 3 décembre : ce plan sur les matières premières critiques est interprété en Chine comme une requalification d’une dépendance de marché en risque de sécurité, donc comme une justification de mesures discriminatoires et de substitution visant de facto la Chine (Guancha)
- SPS/ contrôles import, le 8 décembre 2025 : la Commission a annoncé un renforcement des contrôles sur les produits alimentaires, animaux et végétaux entrant dans l’UE . Côté chinois, l’enjeu est la “montée en intensité” des inspections aux frontières et pays tiers” pouvant fonctionner comme barrière technique, même sous couvert de “sécurité du consommateur”.
- Sur la FSR (Foreign Subsidies Regulation) et les “raids”, le 12 décembre : l’intensification des enquêtes FSR et les inspections sur site sont dénoncées comme un outil “fourre-tout” à portée extraterritoriale, fondé sur une définition trop large et floue de la “subvention étrangère”, avec inversion de la charge de la preuve, opacité procédurale et ciblage Chine, créant un choc d’incertitude pour l’investissement et l’activité des groupes chinois en Europe. C’est probablement la mesure qui marque le plus les esprits dans les milieux officiels chinois. (MOFCOM, ci-dessous)
Voici une traduction in extenso d’une partie de la conférence de presse du 18 décembre, au MOFCOM :
Déclaration relative aux investigations menées par la Commission européenne au titre du règlement sur les subventions étrangères
La partie chinoise a pris note du fait que la Commission européenne a récemment ouvert de manière intensive des investigations au titre du règlement sur les subventions étrangères (FSR) contre des entreprises chinoises, engageant successivement des investigations approfondies contre le groupe CRRC et Nuctech, et sont même allées jusqu'à effectuer des inspections-raids sur site contre des plateformes numériques chinoises. Ces pratiques sont exécrables, leur caractère ciblé et discriminatoire est manifeste. La partie chinoise s'y oppose avec vigueur.
Les investigations FSR affectent gravement l'investissement et l'exploitation des entreprises chinoises en Europe. En janvier 2025, le Ministère du commerce a déterminé par investigation que les investigations FSR de la Commission européenne constituent des barrières au commerce et à l'investissement, soulignant explicitement que les investigations de la partie européenne présentent des problèmes saillants tels que : insuffisance des preuves justifiant l'ouverture des procédures, application excessive des pouvoirs d'enquête, renversement de la charge de la preuve, manque de transparence procédurale.
Récemment, non seulement ces problèmes n'ont pas été résolus, mais ils se sont aggravés, en particulier la définition des soi-disant « subventions étrangères » qui est excessivement large et floue, dépassant de loin le cadre raisonnable des règles internationales et des pratiques courantes, causant non seulement un impact grave sur l'exploitation normale des entreprises chinoises en Europe, mais apportant également de l'incertitude à la coopération économique et commerciale bilatérale sino-européenne.
[La partie chinoise] espère que la partie européenne cessera immédiatement la répression injustifiée des entreprises d'investissement étrangères, y compris la Chine, utilisera avec prudence l'outil d'investigation FSR, et créera un environnement d'affaires équitable, juste et prévisible pour les entreprises investissant et opérant en Europe. La partie chinoise suit de près les développements concernés de la partie européenne et prendra les mesures nécessaires pour défendre résolument les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises.
- L’IAA (Industrial Accelerator Act) annoncé au calendrier pour être déposé à la fin du mois de janvier prochain. Les analyses en Chine y projettent des exigences de local content (ex. 40%), des pressions vers transfert de technologie et les joint-venture avec « seuil UE », un durcissement des standards d’accès (durabilité, cybersécurité, circularité, résilience de supply chain) et un soutien accéléré aux filières de l’Union, soit, dans la lecture chinoise, un “green protectionism” verrouillant la demande au profit du “EU-made”
- Contrôle des IDE (investissements directs étrangers), le 11 décembre : L’accord politique Conseil-Parlement pour renforcer le filtrage des investissements étrangers est rangé par Pékin dans la même trajectoire : généralisation du tropisme sécuritaire pour les technologies et les secteurs (IA, matières critiques, etc.), donc une extension potentiellement illimitée du périmètre et hausse de l’aléa politique sur acquisitions et implantations (Global Times)
L’addition de ces instruments (sécurité économique, RESourceEU, SPS, FSR, IAA, IDE…) alimente une inquiétude désormais palpable côté chinois : celle d’un changement de régime où des outils commerciaux, réglementaires et industriels convergent vers une restriction durable de l’accès au marché européen.
Dernière balle dans le barillet, le 17 décembre, la Commission a proposé d'étendre le champ d'application de son mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (MACF, CBAM en anglais) qui vise à taxer les produits importés dans l'UE au même niveau que ceux des industriels européens. Cette « taxe carbone aux frontières » entre en vigueur le 1er janvier 2026
Cette nervosité s’est cristallisée après les dernières déclarations d’E. Macron à la presse, jugées à contre-courant du consensus établi lors de sa récente visite en Chine : le Global Times cite ses propos, publiés dans le Financial Times, selon lesquels :
“I made it clear that either we rebalance economic relations co-operatively — engaging China, the US and the EU in a genuine partnership — or Europe will have no choice but to adopt more protectionist measures. I much prefer co-operation, but will argue for using the latter if need be”.
La diplomatie du mégaphone reste, pour se faire entendre, la pire des options à l’exclusion de toutes les autres.
🏷️ MOFCOM RESourceEU CRRC Nuctech IAA CBAM↑ Retour au sommaire7. Mise en orbite des formats Chine–CCG et Chine–États arabes sur fond de reconfiguration stratégique régionale
Le top diplomate Wang Yi a effectué une tournée 王毅在结束对阿拉伯三国访问后接受中国媒体采访 au Moyen-Orient, aux Emirats Arabes Unis, Arabie saoudite et Jordanie, du 12 au 16 décembre. Soigneusement préparée, elle visait structurer politiquement l’agenda 2026 des relations sino-arabes. (+ 3 125 signes. Mots-clés : Chine–CCG)
Pékin y articule explicitement deux niveaux complémentaires : d’une part, le format Chine–CCG (Conseil de Coopération du Golfe), conçu comme socle d’intégration économique approfondie ; d’autre part, le format Chine–États arabes, porteur d’une communauté politique plus large, intégrant les dimensions de sécurité régionale et de gouvernance internationale.
Au cœur du déplacement la volonté d’accélérer la conclusion de l’Accord de libre-échange Chine–CCG, présenté par Wang Yi comme techniquement mûr et politiquement nécessaire dans un contexte international « marqué par la montée du protectionnisme ». La rencontre avec le secrétaire général du CCG (王毅会见海合会秘书长布达) vise explicitement à transformer une négociation longue et fragmentée en décision politique de haut niveau, arrimée aux chaînes de valeur régionales et aux stratégies de diversification économique du Golfe.
Parallèlement, Pékin prépare le double rendez-vous de 2026 : le deuxième Sommet Chine–CCG et le deuxième Sommet Chine–États arabes, tous deux appelés à se tenir en Chine. Cette convergence n’est pas fortuite : elle traduit une architecture pensée à deux étages, où le CCG constitue le noyau économique institutionnalisé, tandis que le monde arabe élargi fournit la profondeur politique et normative du projet chinois au Moyen-Orient (沙特王储兼首相穆罕默德会见王毅, ; 中阿合作论坛.
Les étapes bilatérales confirment cette dynamique.
- Aux Émirats arabes unis, la visite met en avant la fiabilité stratégique de la Chine et l’alignement des coopérations économiques, énergétiques et technologiques, dans un registre de long terme et de confiance politique stabilisée (王毅会见阿联酋总统中国事务特使哈勒敦)
- En Jordanie, pays charnière sur les plans sécuritaire et palestinien, Pékin combine coopération économique, ouverture vers les secteurs numériques et message politique appuyé sur Gaza et la Cisjordanie, renforçant le volet “communauté politique” de son dispositif régional (王毅同约旦副首相兼外交大臣萨法迪会谈)
- Lors de son arrêt à Riyad, Wang Yi cherchait à obtenir l’aval politique direct de Mohammed ben Salmane pour faire de l’Arabie saoudite le pilier central du dispositif Chine–CCG et débloquer, au niveau politique, l’élan vers la conclusion de l’ALE Chine–CCG.Ce stop visait aussi à arrimer Riyad au calendrier stratégique chinois de 2026 (sommets Chine–CCG et Chine–États arabes) et à consacrer le royaume comme interlocuteur-clé de la communauté politique sino-arabe. (沙特王储兼首相穆罕默德会见王毅)
Dans son interview de clôture, Wang Yi inscrit explicitement cette offensive diplomatique dans un contexte de “réajustement des stratégies des grandes puissances au Moyen-Orient”, formule elliptique qui renvoie à la recomposition des priorités occidentales sans jamais nommer les États-Unis. Pékin se présente comme une puissance “ni absente, ni hégémonique”, favorable à des solutions régionales et à une stabilité produite par les acteurs locaux eux-mêmes.
Si aucun lien explicite n’est fait avec la National Security Strategy américaine de décembre 2025, qui acte un déclassement relatif du Moyen-Orient dans les priorités stratégiques de Washington, la séquence diplomatique chinoise apparaît comme le reflet indirect de cette évolution. Pékin n’entend pas combler un vide sécuritaire, mais occuper l’espace politique et économique laissé par le retrait relatif américain, en offrant prévisibilité, continuité et intégration économique à ses partenaires arabes, et notamment pousser le plus loin possible sa logique intégratrice inter-régionale de « libre-échange ».
Pour aller plus loin, cette étude de la Carnegie, d’octobre 2025 : Imports and Influence: China’s Growing Economic Presence in the Gulf
🏷️ Chine–CCG↑ Retour au sommaire8. Face à la NSS américaine, Pékin publie un manifeste pour rappeler ses ambitions en Amérique Latine et des Caraïbes
La publication par Washington, le 5 décembre, de sa nouvelle National Security Strategy (NSS) marque un tournant doctrinal clair dans l’approche américaine de l’hémisphère occidental. Le texte formalise ce qui est présenté comme un « Trump Corollary " de la Doctrine Monroe, en érigeant l’Amérique latine et les Caraïbes en priorité stratégique absolue et en faisant de la réduction de l’influence chinoise un objectif explicite de sécurité nationale. Les infrastructures critiques, les ports, l’énergie et les réseaux logistiques sont désormais traités comme des actifs stratégiques dont le contrôle par une puissance extra-hémisphérique est jugé inacceptable.
La réponse chinoise, formalisée le 10 décembre 2025 dans le troisième document de politique sur l’Amérique latine et les Caraïbes ne se situe pas sur le même registre. (+ 3569 signes. Mots-clés : NSS ; Chine-CELAC)
Pékin propose une contre-offre systémique fondée sur la diversification des partenariats, la multiplication des formats de coopération sectorielle et la réduction de la dépendance régionale au dollar par l’usage accru des monnaies locales, des swaps de devises et des mécanismes de compensation financière.
Mais, ne nous y trompons-pas, ce texte n’est pas un document de politique diplomatique : il ne décline pas d’orientations politiques, mais des dispositifs, mécanismes, grands principes d’actions, « initiatives » et centres d’intérêt, regroupant 33 propositions d’origine chinoise (contre « 0 » retenues pour les pays AMLAT/Caraïbes) qui posent un cadre de référence global, assorti d’un lieu unique où devra être réalisée la synthèse des « travaux » : le Forum Chine-CELAC.
Ce texte constitue, au-delà de sa to-do-list impressionnante, un instrument de discipline interne : il fixe une ligne commune à suivre pour la “diplomatie de parti” (政党交往), pour les relais d’influence (médias, universitaires, think tanks), et pour la hiérarchisation des priorités d’action.
C’est aussi un cahier des charges doctrinaire et un inventaire des mécanismes à activer. Il parle aux acteurs qui participent aux programmes concernés. C’est tout aussi efficace qu’un télégramme diplomatique envoyé à toutes ses ambassades.
En outre, ce document déclenche mécaniquement des dispositifs et programmes, sur plusieurs strates d’action :
J’en sélectionne ici trois majeurs :
1. Il décline une stratégie d’influence omnicanale :
La « stratégie des rencontres entre Chefs d’Etat et de gouvernement (元首外交战略), des mécanismes et instances intergouvernementaux de dialogue et de consultation (政府间对话与磋商机制), des Relations interparlementaires, des échanges entre formations politiques...
Notons au passage qu’affirmer ouvertement que le PCC déploiera une diplomatie spécifique infra gouvernementale, au nez et à la barbe des gouvernements en place, devrait poser question en termes d’ingérence politique directe dans les affaires de l’Etat.
2. Il liste les actions programmatiques globales dans lesquelles devront s’insérer les coopérations sectorielles :
Il affirme vouloir mettre en œuvre (落实) les initiatives pour la gouvernance globale (全球发展倡议), pour le développement global, pour la gouvernance de l'intelligence artificielle 全球人工智能治理倡议, un « programme inclusif de renforcement des capacités en matière d'intelligence artificielle » (人工智能能力建设普惠计划), une "Initiative mondiale pour la sécurité des données" (全球数据安全倡议), et une « Initiative de Pékin sur l'intégrité de la Route de la soie » (廉洁丝绸之路北京倡议) (SIC).
3. Il prépare les ralliement, cultivations et recrutements futurs :
Pékin invite sept catégories de dirigeants et futures élites à se rendre en Chine pour des programmes, conférences, enquêtes, formations….
Notamment, pour :
- que " Des responsables de partis politiques des États membres se rendent en Chine dans le cadre d'une visite d'inspection ».
- que « les jeunes scientifiques des pays d'Amérique latine et des Caraïbes puissent mener des recherches de courte durée en Chine ».
- continuer à offrir au jeunes des bourses gouvernementales et des possibilités de formation en Chine aux pays d'Amérique latine et des Caraïbes.
- Continuer à offrir des bourses aux enseignants internationaux de langue chinoise et des places dans les programmes des camps Chinese Bridge aux pays d'Amérique latine et des Caraïbes
- que davantage de journalistes des pays d'Amérique latine et des Caraïbes effectuent des visites de courte durée en Chine ; et offrir des possibilités de formation en Chine aux universitaires, aux professionnels des médias et aux créateurs de contenu indépendants.
- les militaires des pays d'Amérique latine et des Caraïbes qui sont chaleureusement invités à participer au Forum de Xiangshan à Pékin.
- souhaiter la bienvenue aux (magistrats et policiers) des pays d'Amérique latine et des Caraïbes participant au Forum mondial sur la coopération en matière de sécurité publique (Lianyungang) en Chine".
On pourrait m’objecter que tout cela fait partie d’une politique candide (genuine) d’attractivité des talents….Ce n’est pas inexact, mais c’est insuffisant comme grille de lecture.
🏷️ NSS Chine–CELAC↑ Retour au sommaire9. Panama et Venezuela : les deux premiers clients d’une confrontation systémique
Le Panama constitue l’un des épicentres de « l’hémisphère occidental » trumpien. Le blocage autour de la cession des ports de Balboa et Cristóbal a rapidement dépassé le cadre d’une transaction commerciale pour devenir une bataille sur la gouvernance d’un chokepoint logistique mondial. (+ 2 814 signes. Mots-clés : COSCO ; MOFCOM)
Le 16 décembre, le Wall Street Journal a rapporté, sur la base de sources prétendues proches du dossier, que Pékin conditionnerait son aval à l’obtention par COSCO (中远海运集团) d’une position de contrôle dans l’opération, faute de quoi la Chine envisagerait de bloquer la transaction. À ce stade, aucune autorité chinoise n’a confirmé publiquement cette exigence.
Interrogé le 18 décembre, le ministère du Commerce (MOFCOM) s’est borné à indiquer que les autorités procéderaient à un examen et une supervision de l’opération afin de protéger la concurrence loyale et l’intérêt public, et de défendre "la souveraineté, la sécurité et les intérêts de développement de la Chine".
Cette demande a été relayée par des sources officielles reflète une volonté de faire figurer le contrôle des infrastructures portuaires comme point de négociation dans de futurs dialogues commerciaux et diplomatiques sino-américains.
La pression exercée par Pékin pour obtenir un rôle déterminant de COSCO, entreprise publique (SOE), se heurte à la fois aux lignes rouges américaines et à la position panaméenne, qui a clairement exprimé son refus de voir des entreprises étatiques étrangères contrôler ses infrastructures portuaires.
Le Venezuela constitue l’autre pôle de cette confrontation, sur un registre différent.
Depuis le 16 décembre 2025, la coercition américaine a pris une forme plus lisible avec l’annonce d’un blocus naval ciblant les pétroliers sanctionnés au départ et à destination du Venezuela.
En réaction, ordre aurait été donné par Caracas d’escorter certains navires, et, malgré la pression, le pays a autorisé le départ de deux superpétroliers à destination de la Chine le 18 décembre, signe que l’axe logistique vers l’Asie reste l’enjeu central du rapport de force.
Or le Venezuela est un actif stratégique majeur pour la Chine, à la fois en raison de ses investissements énergétiques et miniers et de sa position géographique. (lire la note du Stimson Center : Venezuela, the State That Refuses to Collapse, What is China's Role? )
L'ombre de Moscou
Sur le plan international, une coordination sino-russe à l’ONU est hautement probable. Elle devrait se traduire par des prises de position convergentes sur la souveraineté, le droit international et l’illégalité des sanctions unilatérales, ainsi que par des tentatives de blocage ou d’internationalisation politique du dossier vénézuélien.
La Russie est l’acteur le plus susceptible d’accompagner cette posture d’une rhétorique de menace plus concrète, sous forme de signaux militaires ou de coopérations visibles mais limitées. La Chine, en revanche, demeure très prudente quant à toute projection militaire directe.
La confrontation sino-américaine en Amérique latine et Caraïbes entre ainsi dans une phase de structuration durable. Elle se caractérise par la sécurisation croissante des infrastructures économiques, l’usage systématique d’outils hybrides et un risque accru d’escalade, notamment dans les espaces maritimes.
Panama et le Venezuela doivent être compris non comme des crises isolées, mais comme des théâtres d’expérimentation d’une compétition systémique appelée à s’étendre à d’autres pays et actifs stratégiques de la région.
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▶ Influence & ingérences
10. Chine–Russie : l’alignement dans l'infosphère s’institutionnalise
Le sixième Forum des médias Chine–Russie s’est tenu mardi 16 décembre à Pékin, avec la participation et un discours de Li Shulei, membre du Bureau politique du Comité central du PCC et chef du Département de la propagande.
En mai dernier, à Moscou, les deux pays avaient conclu une série d’accords et de partenariats dans le domaine de l’information et des médias. Ceux-ci prévoient notamment de
"soutenir les médias chinois et russes dans leur couverture objective et impartiale (客观公正报道) des relations bilatérales amicales et du développement socio-économique », d’approfondir la coopération en matière de dialogue politique, de co-production et d’échange de contenus audiovisuels, d’application des nouvelles technologies, de formation des talents et d’organisation de grands forums médiatiques.
Les deux parties entendent également
d'exprimer des positions communes dans l’espace médiatique mondial, coopérer au sein d’organisations médias internationales et régionales, renforcer la protection des journalistes et garantir le droit des citoyens à accéder à des informations exactes (保障公民获得准确信息的权利) "
Depuis lors, la collaboration s’est effectivement renforcée, notamment en matière de couverture de l’actualité, de lutte contre la diffusion de fausses informations (传播虚假信息) (SIC) et de promotion des « valeurs morales traditionnelles » (支持传统道德价值观), ainsi que par un soutien mutuel sur les questions touchant "aux intérêts fondamentaux et aux préoccupations majeures de chacun", comme l’a confirmé le communiqué conjoint de la 30e réunion régulière des Premiers ministres chinois et russe, tenue à Pékin le 3 novembre dernier.
Commentaire : l’alignement entre les deux appareils de propagande est désormais institutionnalisé. Il s’étend à l’audiovisuel et aux formats numériques, y compris à travers des dispositifs tels que des « concours de courtes vidéos » (中俄短视频大赛) destinés aux plateformes digitales, sans que celles-ci ne soient nommément désignées. Ces accords, ici sur les médias et l’information, attestent de la déclinaison effective de la feuille de route commune inscrite dans le partenariat stratégique entre les deux pays.
↑ Retour au sommaire11. L’interdépendance comme outil de coercition…en librairie
"Sanctions - Guerre économique : quand les puissances nationales s'affrontent, et comment la Chine garde l'avantage et l'initiative" Dans un fil de discussion de Sinification , une newsletter qui traduit et analyse les principaux débats politiques en Chine, James Farquharson, de l’Université de Pékin et spécialiste des Qing, analyse un essai écrit par deux chercheurs de l’Université voisine du Peuple à Pékin : « Sanctions et guerre économique dans la rivalité entre les États-Unis et la Chine : le manuel de la « Renmin School » (Sanctions and Economic Warfare in the US–China Contest: The "Renmin School" Playbook).
Leur thèse : l’interdépendance est un levier de puissance et non une vulnérabilité qu’il faut réduire. Les auteurs défendent qu’une utilisation habile des sanctions peut renforcer une interdépendance asymétrique au bénéfice de l’initiateur, en accroissant à terme la dépendance du rival. Ils insistent sur l’idée que la coercition économique doit être accompagnée d’un travail de narratifs, d’influence et de cadrage psychologique pour façonner les attentes (notamment “attentes négatives”), brouiller le jugement des élites, et amplifier l’effet déstabilisateur.
Extrait :
« Lorsqu'on examine diverses pratiques en matière de sanctions, on constate souvent que celles qui visent des alliés s'avèrent plus efficaces que celles qui visent des adversaires. Cela s'explique par le fait que lorsque les parties qui imposent les sanctions étaient auparavant des nations amies ou des partenaires commerciaux proches, leur interdépendance est plus profonde et leur volonté de rétablir leurs relations est plus prononcée. ... Les alliés potentiels au sein du pays visé entretiennent des liens économiques étroits avec la partie qui impose les sanctions, ce qui confère à cette dernière un plus grand pouvoir pour nuire à leurs intérêts ».
L’ouvrage défend une vision très instrumentale de l’interdépendance : elle n’est pas un risque à réduire, mais une architecture à façonner afin de produire, au moment choisi, un choc coercitif supérieur aux capacités d’ajustement de l’adversaire. L'économie est un hard power.
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▶ Documentation & Agenda prospectif
Documentation et études
- Europe-Chine : Routes & corridors
China’s Growing Interest in the Middle Corridor Presents a Dilemma for Europe, Owen Au, Tin-Ching Leung, 10 décembre 2025. L’étude explique pourquoi le Middle Corridor (route trans-caspienne reliant la Chine à l’Europe via Kazakhstan–mer Caspienne–Azerbaïdjan–Géorgie–Turquie) attire davantage à la fois l’UE et la Chine depuis la guerre en Ukraine et les chocs sur les routes maritimes. le Corridor devient un espace de concurrence structurelle entre deux modèles de connectivité, même quand la coopération paraît techniquement possible.
- Chine-Amlat
Entre diplomatie et investissements : la stratégie de la Chine en Amérique Latine, 13 novembre 2025, Vincent Barret & Hermance Drugeot. Les auteurs partent du constat que Pékin a investi massivement dans les secteurs stratégiques et a multiplié les accords (bilatéraux avec Chili/Pérou/Costa Rica, forum Chine–CELAC, créé en 2015) pour institutionnaliser une présence de long terme. Cette approche est aussi incrémentale et multi-domaines : sur le commerce, mais aussi sur élites (bourses et formations), la culture et les technologies, une stratégie d’écosystème qui ne peut qu’entrer en collision avec les prétentions américaines (Cf. mon mémo supra).
- Chine-Afghhanistan
China’s Accommodation of Taliban 2.0, Carnegie Endowment for International Peace, le 7 novembre, par Ramin Mansoori. L’auteur est familier des cadres explicatifs officiels chinois - il affiche un doctorat en politique comparée de l’Université de Pékin (北大). Il décrit dans sa note une normalisation de la relation avec l’Afghanistan par intégration dans l’espace stratégique et économique chinois. Pékin mettrait également en scène d'une coexistence politique et spirituelle avec le pouvoir des Taleban.
- Chine-Etats-Unis
China’s Long Economic War : How Beijing Builds Leverage for Indefinite Competition, par Liu Zongyuan (Zoe), publié le 16 décembre dans Foreign Affairs (numéro janv-février 2026).
Liu soutient que la Chine mène une “guerre économique longue” contre les États-Unis : une compétition indéfinie où Pékin construit des leviers (contrôles export, barrières non tarifaires, outils juridiques, finance) pour obtenir une forme de veto de facto sur les actions unilatérales américaines (sanctions, restrictions technologiques), tout en évitant l’escalade militaire, donc pas de « piège de Thucydide ».
Mais, son concept de « indefinite competition » peut aussi servir de coupe-circuit à ceux, à Washington, qui pense toujours en termes de « end game » : il y a toujours un vainqueur à l’issue d’une compétititon. C’est l’absence d’issue que l’auteur semble vouloir installer dans son récit.
La rivalité sino-américaine serait une course d’endurance (de résilience), sans ligne d’arrivée. En déplaçant l’examen des causes des politiques chinoises vers les effets, son propos désamorce toute critique de l’intentionnalité stratégique de Pékin. La Chine ne peut être coupable, elle progresse par inertie, et le monde réagit par défiance. C’est un peu ce que dit Xi Jinping : « le développement de la Chine est inarrêtable » (中国发展是不可阻挡的). Stabiliser la relation par neutralisation de la stratégie américaine devient alors, pour Pékin, son propre end game ?
- Ingérences chinoises dans le domaine de la recherche
Investigation Reveals Energy Department Collaborated with China's Military on Research. Le 17 décembre, par la House Select Committee on China et la House Permanent Select Committee on Intelligence (HPSCI). Le rapport du Select Committee montre, de manière documentée, que plusieurs milliers de publications (4 300, principalement des articles scientifiques indexés entre 2023–2025) reconnaissent un soutien (grants, awards, contrats) du Department of Energy (DOE) et incluent des co-auteurs de Chine continentale. La moitié d’entre seraient reliés à des entités affiliées à la base de recherche et industrielle de défense chinoise (BITDC).
Les domaines couverts ne sont pas marginaux mais au cœur des technologies dual-use : quantum, matériaux avancés, HPC, nucléaire, IA, batteries, explosion science, hypersonique. Il ne s’agit pas d’“espionnage” classique, mais d’un canal structurel de co-développement dans des secteurs stratégiques, rendu possible par la « science ouverte » (« open science » qui elle non plus ne connait pas de end game) et l’absence de garde-fous.
- Politique monétaire chinoise
Malign Indifference: China’s Currency and the Threat to Europe , 18 décembre, par Camille Boullenois, Gregor Sebastian et Logan Wright , Rhodium Group. La note de Rhodium Group explique que la politique de change chinoise n’est pas (principalement) une “guerre des monnaies” dirigée contre l’Europe, mais une priorité persistante de stabilité yuan-dollar qui, depuis la dépréciation récente de ce dernier, se traduit par une baisse passive du yuan contre l’euro (“malign indifference”). Cette dynamique, combinée aux pressions domestiques chinoises (déflation, surcapacités, contrôles de capitaux), érode l’efficacité des instruments européens (droits antidumping/antisubventions, incitations à localiser la production en Europe) et accroît la pression concurrentielle sur l’industrie UE.
« À moins d'un changement improbable dans le modèle de croissance chinois, l'Europe devrait partir du principe que les produits chinois deviendront encore moins chers en euros au cours des prochaines années. La faiblesse du RMB, la déflation persistante et la surcapacité en Chine continueront à nuire aux producteurs européens et à éroder progressivement l'efficacité des outils traditionnels de défense commerciale. Les décideurs politiques européens se retrouvent donc face à un choix difficile : soit accepter des exportations chinoises en constante augmentation et une baisse des incitations à la localisation, soit s'orienter vers des mesures structurelles qui restreignent les échanges commerciaux ».
- Semi-conducteurs et IA
China’s AI Chip Deficit: Why Huawei Can’t Catch Nvidia and U.S. Export Controls Should Remain , 15 décembre, par Chris McGuire, Council of Foreign Relations (CFR). L’auteur soutient que l’argument invoqué pour assouplir les contrôles export US (l’idée que Huawei deviendrait un concurrent crédible de Nvidia sur les puces IA) est factuellement faux : Huawei resterait très en retrait en performance et surtout en volumes, et l’écart se creuserait plutôt qu’il ne se réduise. Sur cette base, l’article conclut que les contrôles export sur les puces IA doivent rester en place, car ils constituent l’un des rares leviers capables de ralentir la progression IA chinoise.
- Chine-Afrique
La Chine en Afrique des « diplomaties » alternatives pour de nouveaux enjeux sécuritaires Sous la direction de Alexandre Lauret, Mathieu Mérino, Carine Pina IRSEM, décembre 2025. Les quelques points que je retiens : l’importance des infrastructures médiatiques dans l’influence informationnelle chinoise en Afrique, le déploiement de la médecine traditionnelle, la projection de puissance sous couvert de multilatéralisme.
.Mais je reste très dubitatif sur la logique selon laquelle plus l’empreinte chinoise grandit, plus l’exposition aux risques augmente, et plus cela "obligerait" Pékin à bâtir une architecture de protection, et d’y projeter ses dispositifs divers et variés. La thématique, toujours très à la mode, des SMP chinoises en Afrique ne pourrait-elle pas être élargie et problématisée ? Par exemple, vers une militarisation de la projection de puissance chinoise ?
- Relations culturelles, linguistiques et cognitives
China as an Intercultural Partner: Obstacles to EU Effective Communication, 30 septembre 2025, par Taciana Fisac, Professeur, Autonomous University of Madrid, Projet “Dealing with a Resurgent China” (DWARC). L’étude de Taciana Fisac analyse les "malentendus structurels" de communication entre l’UE et la Chine, en montrant que nombre d’échecs du dialogue ne relèvent ni d’idéologie ni uniquement de divergences politiques, mais de pratiques communicationnelles profondément ancrées historiquement.
Elle soutient que l’UE souffre d’un déficit de compréhension des codes chinois (discours indirect, primat du processus, importance du cadre privé, rôle de la traduction), tandis que les interlocuteurs chinois maîtrisent bien les codes européens et savent s’y adapter de façon instrumentale. Le cœur de l’argument est que les pratiques européennes, directes, publiques, souvent orientées vers un public domestique, sont contre-productives dans l’interaction avec les élites chinoises, et qu’une communication plus efficace exige préparation, discrétion, médiation linguistique maîtrisée et construction patiente de la confiance.
Là, je tombe un peu de ma chaise. C’est presque 100 % une reprise des talking points chinois sur les « malentendus » et les « erreurs de perception ». Si le papier avait été rédigé par une entité chinoise, cela ne m’aurait pas étonné, et n’y aurais prêté aucune attention particulière. Mais il s’agit d’une communication subventionnée par l’UE. J’en ferai peut-être un mémo dans le prochain bulletin, mais je dois un peu creuser pour cela.
Agenda
◇ Evénement passé
La 11e Conférence des États parties à la Convention des Nations Unies contre la corruption (UNCAC CoSP11), du 15 au19 décembre, Doha, Qatar. Discours de Hua Chunying, VM des AE. L’UNCAC est l’une des plus grandes conférences mondiales dédiée à la lutte contre la corruption. 192 États parties signataires de la Convention UNCAC, +de 2 500 participants. Thème suivi : « Shaping the Integrity of Tomorrow ». J’étudierai les textes et informations disponibles dans le prochain bulletin, car cette question est centrale pour notre avenir à tous.
◇ A venir, en 2026
AI, supply chains, and trade resets: The global economy in 2026, 8 Janvier 2026, 10:15 am (ET), virtual event. A conversation on the outlook for the global economy in 2026 featuring Goldman Sachs Chief Economist Jan Hatzius.
TikTok, Tariffs, and Taiwan: Spark Curiosity and Classroom Conversations About China, Council of Foreign Relations, le 27 janvier, 5:00 to 6:00 p.m. (EST), avec Zoe Liu….
The Future of U.S. & China Conference 2026: A Shifting Global Order, Asia Society, Northern California, In-person and Online. Le 22 Janvier 2026, 9 a.m. - 5 p.m, San Francisco Time
China’s International Organizations: Evolution, Influence, and Strategic Purpose, GIGA China Series, German Institute for Global and Area Studies, le 14 janvier 10:30-11:45,
↑ Retour au sommaireRendez-vous en 2026. Il est probable que l'actualité chinoise soit aussi dense qu'en 2025.
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Bulletin n°16 : capitalisme d'Etat et dissuasion, avis de tempête pour le printemps
au sujet des récentes purges au sein de l’APL ; loi contre le cybercrime ; Gestion de la data automobile ; Stellantis-Chine ; Appels Xi-Poutine-Trump ; Position de la Chine sur New Start ; Chine-Taiwan-Etats-Unis ; la Chine conduit des sondages d’opinion en Europe
Bulletin n°15 : les boîtes noires du PCC et l'arbre malade de l'APL
Reprise en main de l’APL : pour quoi faire ? De l’Etat-parti, au parti-Etat ; A/S du "Front-Uni patriotique" ; Keir Starmer en Chine ; Nvidia sur tous les fronts ; Chine-Panama
Bulletin n°14 : de la balance des pouvoirs et la quête de stabilité
Le noyau dirigeant du PCC reprend le contrôle sur l’APL ; Sciences et technologies dans le 15ème plan ; IA et Cybersécurité ; Etats-Unis-Chine et Indopacifique : la NDS ; activisme chinois au Moyen-Orient
Bulletin n°13 : la sécurité du régime à l'épreuve du désordre mondial
Discours He Lifeng à Davos ; la CCID et la sécurité politique du régime ; le double monopole du BNS ; Board of Peace" de D. J. Trump ; Europe-Chine : Affaire Nexperia et MACF ; nomination d’un représentant spécial pour l'OCS ; Chine-Canada