Bulletin n°15 : les boîtes noires du PCC et l'arbre malade de l'APL

Reprise en main de l’APL : pour quoi faire ? De l’Etat-parti, au parti-Etat ; A/S du "Front-Uni patriotique" ; Keir Starmer en Chine ; Nvidia sur tous les fronts ; Chine-Panama

Bulletin n°15 : les boîtes noires du PCC et l'arbre malade de l'APL
Mao Zedong et le Maréchal Lin Biao

📋 Structure de ce Bulletin

  • Édito
  • ▶ Politique intérieure
  • ▶ Politique extérieure
  • ▶ Influences et ingérences
  • ▶ Documentation & Agenda

    Edito

    Dans n’importe quel autre pays que la Chine, une telle séquence d’évictions de généraux, jetés en pâture aux médias nationaux – leur condamnation a été diffusée sur l’une des chaînes publiques - et dans les médias internationaux, aurait suscité des analyses convergentes affirmant qu’une révolution de palais se déroulait sous nos yeux, annonciatrice d’une crise de régime imminente.

    Mais l’information principale en ce début de mois de février est l’entrée de la Chine dans les préparatifs du nouvel an. Comme à son accoutumée, le parti et le gouvernement procèdent à un dernier état des lieux et organisent les ultimes réunions de cadrage de fin d’année (lunaire) : dans les sciences et les technologies, la finance, le travail du "Front-Uni", les grandes orientations économiques….autant de rappels avant de basculer dans une tout autre atmosphère post-nouvel an et l’annonce d’un nouveau plan à cinq ans (2026-2030).

    Dans la tradition chinoise, y compris politique, la nouvelle année aura su, avec sagesse, laisser derrière elle les vieilles querelles et solder les vieux comptes. Dont acte.

    S’ils se réinvitaient à l'issue, ils pourraient alors venir parasiter la prochaine double réunion parlementaire du début du mois de mars prochain et représenterait un risque majeur pour l’équipe dirigeante en place. Celle-ci affiche pourtant une pleine confiance en ses capacités de poursuivre, sur le terrain économique et industriel une politique de puissance, aidée en cela par l’effet de saturation et de diversion que produisent les décisions de l’administration américaine.

    Il y aura un nouveau bulletin, jeudi 11 février prochain, puis j’accompagnerai, à ma façon, ce passage délicat vers la nouvelle année lunaire en faisant un brin de pause, toujours en veille active il s’entend. Puis je reviendrai le jeudi 25, avec quelques annonces et nouveautés.


    ➔ Dans ce Bulletin 11 Mémos

    ▶ Politique intérieure

    1. Reprise en main de l’APL : pour quoi faire ?

    Je reviens tout d’abord sur deux éléments de mon post de mardi qui passe en revue le récit officiel des événements de la semaine écoulée. Puis je vous donnerai une analyse.

    • Les 5 orientations fixées par le Bureau Politique du  comité central du PCC à l’APL
    • « L’arbre malade » (qui a suscité quelque intérêt et commentaire) ( 6 059 signes. Mots-clés : Zhang Youxia ; Liu Zhenli)

    Les 5  domaines visés pour une « armée puissance » s’articulent comme suit. La "rectification" doit être :

    • Politique (政治建军) (primauté du parti)
    • Alignée aux réformes (改革强军) (structurelles)
    • Technologique (科技强军) (en faire un avantage sur le champ de bataille)

    Et recentrée sur :

    • ses personnels (人才强军) (capital humain, mais aussi sélection, formation, promotion)
    • sa gouvernance (依法治军) (discipline et gouvernance militaire et de règles d’engagement chinoises)*

    *Plus nos forces armées se modernisent et se digitalisent, plus elles doivent être bien gouvernées ».军队越是现代化,越是信息化,越是要法治化  (discours de Xi Jinping devant l’APL et la PAP, mars 2023)

    Pour ce qui concerne l’arbre malade de l’APL, il s’agit des réseaux, verticaux et horizontaux (les branches pourries) de généraux déchus. C’est aussi pour signaler que le mal est circonscrit, isolé, et qu’une ablation suffira, sans dommage pour l’organisme.

    Leur dénonciation pour "corruption" s’inscrit dans le même registre biologique et médical, mais aussi du sacré. C’est avant tout une corruption des âmes, une hérésie au serment d’adhésion du PCC. D’où les nombreuses occurrences à une nécessaire "purification".

    Il faudra analyser ultérieurement les ressorts spirituels de la foi communiste chez cet exécutif et les générations futures qui s'en inspireront. Ils sont très puissants et déterminent non seulement leur vision mais aussi le projet politique dans son ensemble.

    Plus prosaïquement, la séquence que la Chine vient de traverser est assez unique depuis les grandes purges de l’ère Mao. Il n’est pas le lieu ici de dresser une comparaison tant les époques sont différentes, mais le pouvoir communiste actuel hérite d’un ensemble de pratiques, réflexes et d’une gestion communicationnelle semblables. Ils n’ont pas changé de nature. En outre,

    • Contrôler le narratif et
    • la chaine temporelle
    • l'unité de temps et de lieu
    • Maitriser à tout instant les rapports de force et leurs manoeuvres particulières

    Cet ensemble constitue toujours les principes actifs de l'exercice du pouvoir au sein du PCC aujourd’hui.

    Quelques réflexions :

    • Il semble que la haute hiérarchie militaire de l’APL ait été décapitée méthodiquement enquête après enquête, réseau après réseau, dans une opération de recentralisation des pouvoirs depuis la réforme de l’APL des années 2015-2016. En pilotage automatique depuis 2023, son haut commandement a été privé d’oxygène et de relais.
    • Contrairement aux évictions de généraux précédentes, celles de Zhang Youxia et de Liu Zhenli, ont immédiatement trouvé leur pleine et entière justification, adossée à un réquisitoire public étonnement  étayé, comme pour priver quiconque de fournir une autre interprétation.
    • Selon certaines sources, c’est l’ensemble du ramage de cet « arbre malade » qui aurait été également privé, pendant 48 heures durant, de toute possibilité d’action ou de réaction.
    • Les trois « éditoriaux » déjà analysés illustrent une même volonté de « dégager les  obstacles, d’éventrer les boites noires, et de supprimer tout corps étranger impur et en porte-à-faux du projet politique, que les généraux déchus devaient ignorer, méconnaitre ou mépriser. Les premiers verrous aux nominations et aux plans stratégiques et tactiques devraient rapidement sauter.

    L'échéance de 2027 : pour quoi faire ?

    • Cette impatience face à la désobéissance et au manque de résultats s’est cristallisée dans le point de fuite de 2027. Vouloir le rejoindre coûte que coûte pourrait s’avérer risqué politiquement. Lancée en octobre 2020 lors du 5e plénum du 19e Comité central, reprise dans le plan 14ème quinquennal, cette échéance - le 100ème anniversaire de l'APL - suggère pourtant un tout autre calendrier arrêté, celui d'une programmatique de montée en gamme industrielle pour les Armées.
    • Objectons alors que cette date « butoir » n’est en réalité qu’un jalon de plus dans la série de celles qui expriment la volonté « performative » du régime et des préceptes de Xi jinping et qu'elle n'est pas associée à la prise de Taiwan par exemple, ce que bon nombres d'analystes estiment pourtant. Et que si les faits doivent lui donner raison et matérialité en 2027, il ne serait pas compliqué pour Pékin de publier un rapport ou un bilan en sa faveur, comme il le fait pour ce qui concerne l’évolution économique (pas toujours a son avantage), ou sociale ( l’objectif de « petite prospérité » ou de réduction de la grand pauvreté) dont les excellents résultats obtenus restent toujours à démontrer chiffres fiables à l’appui.
    • Mais cette date de 2027 constitue pourtant dans notre analyse des purges actuelles une sorte d’horizon indépassable qui nous fournit une grille d’explication et une réponse unique à la question : pourquoi ces purges, et pourquoi autant ?
    • Sans vouloir trancher ici, je pose une question politique intermédiaire : est-ce que le pouvoir exécutif chinois actuel la prend au sérieux ? Car s’il veut forcer l’alignement des objectifs politiques déclarés avec les objectifs strictement militaires (organisation, management, opérations) dans moins de deux ans maintenant, fin 2027,  il sera difficile, en cas d’échec, de revenir en arrière en en faisant un pure non-événement, et maître Xi Jinping devra en payer le prix politiquement même s’il parvient à le faire passer publiquement pour ce qu’il n’est pas.

    Taiwan est-elle dans l'équation ?

    Par ailleurs, le lien tissé entrez cette date « butoir » et Taiwan peut se comprendre à l’aune de la petite phrase lancée par Xi, le 6 octobre 2013, puis en 2019, au sujet de la « question taiwanaise » :

    On ne peut pas laisser cela se transmettre d’une génération à l’autre (总不能一代一代传下去)

    Or, ce souhait n’est pas relié à une date particulière. 2027, je le rappelle, ne prend sens dans le cadre du 14ème plan quinquennal, associée à un l’objectif « qualitatif » plus long terme, à horizon 2035, dans une stricte logique de montée en gamme progressive de puissance nationale et non de date couperet, liée à une opération de projection ou de "restauration" et ce, même si une montée capacitaire permet d'ouvrir le champ des possibles.

    A ce compte, plusieurs théâtres d’opérations en Asie attendraient plus ou moins sagement la mise en œuvre d’options activables qui nécessiteraient aussi une chaine de commandement politique et militaire intègre : en Mer de Chine du Sud et de l’Est et, plus au large dans le Pacifique ou l'Océan indien.

    Recommandations

    Pour les semaines et les mois à venir, je recommande de suivre de près les quelques évolutions suivantes, dans la limite des informations que l’on pourra obtenir :

    • Les nominations à la CMC, et ses commissions spécialisées, notamment à Inspection de la discipline de l’APL
    • Les communications à venir concernant un nouveau procès pour les « élections de parti au sein de l’APL » et leur membres non militaires (en vigueur depuis le 1er février)
    • Toute réunion extraordinaire ou non planifiée du BP, ou de la CMC
    • Les promotions parachutées ultra-rapides
    • Le renforcement d’un commandement de théâtre d’opération en particulier (de l’Est pour Taiwan, du Sud pour la mer des Philippines, Rocket Force...)
    • Toute annonce planificatrice lors de la prochaine réunion du Parlement (ANP/CCPPC) à Pékin, le mois prochain
    🏷️ Zhang Youxia Liu Zhenli CMC APL
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    2. De l’Etat-parti, au parti-Etat et la réforme du fonctionnariat

    Le 28 janvier, le parti a célébré le 20ème anniversaire de la loi sur les fonctionnaires » de 2006 sous la forme d’un bilan critique d’avenir, réaffirmant la primauté absolue du Parti sur l’État :

    Les fonctionnaires constituent l'épine dorsale de la gouvernance et de l'administration du Parti. (公务员是党治国理政的骨干队伍.)

    La réforme du fonctionnariat a ainsi pu se développer autour des priorités suivantes : (2 089 signes. Most-clés : Département de l'organisation ; Hu Jintao)

    • Le durcissement les règles d’entrée, de rotation, de reconversion
    • Le renforcement des règles de mobilité pour éviter que ne se constituent des groupes d’intérêts (on dirait des «  conflits d’intérêts », mais la notion en Chine est différente)
    • La mise en œuvre d’une politique des retraite « progressive différée » (si, si , c’est possible: 渐进式延迟退休政策实施)
    • Etc.

    Mais la réforme, initiée en 2013, relancée en 2018* puis 2023, reste au milieu du gué, indique un communiqué officiel. C'est pourquoi il faut la célébrer pour mieux la relancer.

    Les référentiels de compétences, des filières et les « KPI » individuels devront être mis à jour pour former les  « bons cadres dans la nouvelle ère » (新时代好干部标准) et qu'ils respectent mieux « La ligne organisationnelle du Parti » (新时代党的组织路线), c’est-à-dire, in fine appliquer « les préceptes de Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises".

    *Note : A partir de 2018, la réforme des organes de l’Etat et du PCC a permis au Département de l’Organisation du PCC de devenir l’autorité centrale de gestion des fonctionnaires.

    Commentaire :

    L’objectif est manifestement de parachever la subordination de la fonction publique d’Etat en la transformant en un agent exécutif du commandement politique, ainsi qu’en un corps tampon protégeant la sécurité politique du régime.

    Petit rappel. C’est durant les deux mandats de Hu Jintao (2002-2012), que la bureaucratie d’Etat a atteint son « apogée ». Pour l’équipe montante, emmenée par Xi Jinping, la peur est que le PCC finisse comme le PC soviétique : éventré par sa « bureaucratie tardive », une nomenklatura figée qui avait enfanté une élite sans finalité autre que sa propre reproduction, et s’est progressivement désynchronisée du parti (abandon, en 1990, de l’article 6 de la constitution soviétique qui mit fin au monopole du PCUS) pour finir par faire imploser l’URSS.

    En Chine, le sursaut intervient en 2016. Le diagnostic officiel d’une dérive apolitique des cadres, créant un vide idéologique, a été posé au 6e plénum du 18ème Congrès, en novembre 2016. Il dresse la liste des pathologies : foi idéologique affaiblie, manque de loyauté, relâchement disciplinaire, formalisme et factionnalisme. Puis, en  novembre 2017, le rapport du 19ème Congrès du PCC pose enfin la formule devenue célèbre de la réforme politique encore en cours aujourd'hui :

    Le parti dirige tout : lui-même, l’Etat, l’armée, le peuple, l’école, à l’Est, à l’Ouest, du Nord au Sud et au Centre » (党政军民学,东西南北中,党是领导一切的)
    🏷️ Département de l'organisation Hu Jintao
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    3. Au sujet du "Front-Uni patriotique" ou la fabrique de nouveaux agents

    Parmi les nombreuses réunions de cadrage de début d’année, et avant la pause du nouvel an dont les préparatifs commencent cette semaine, la Conférence nationale des directeurs des départements du travail du Front-Uni s'est tenue le 28 janvier à Pékin, présidée par Wang Huning, membre du Comité permanent du Bureau politique du Comité central du PCC et président de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC). (2 006 signes. Mots-clés : Front-Uni ; ANP ; CCPPC)

    Nous savons que le Front-Uni est un organe central du pouvoir qui détecte, recrute et anime les réseaux « amis » du PCC, surtout au sein des communautés chinoises, pour assurer la sécurité politique du régime, en Chine et à l’étranger.

    Cet instrument de politique de sécurité intérieure et extérieure prendra une nouvelle dimension « patriotique » à l’avenir.

    Selon le compte-rendu de la conférence, Il faudra désormais :

    Aligner notre pensée et nos actions sur l'esprit du Comité central du Parti, consolider et étendre davantage encore notre front-uni patriotique.

    Le « front-uni patriotique » englobe désormais le périmètre des affaires de L’Etat et non seulement du parti. Il ciblera tous ceux qui soutiennent – et doivent soutenir – « l'unification de la patrie et œuvrent pour le renouveau national », un champ beaucoup plus large qu’auparavant. Le terme de front-uni patriotique n’est pas nouveau, il date des années 80, mais sa définition a connu un changement majeur en 2018, à la suite du 19ème Congrès du PCC.

    Leurs membres passent de :

    « patriotes qui soutiennent l'unification (avec Taiwan) "(拥护祖国统一的爱国者)

    à, en 2018 :

    « des patriotes qui soutiennent l'unification et s'engagent pour le renouveau national » 拥(护祖国统一和致力于中华民族伟大复兴的爱国者)

    Cette extension en éligibilité des futurs adeptes et supporters de ce front-uni patriotique impacte directement son domaine de recrutement et d'action.

    La conférence nationale les précise. Il faut renforcer :

    • Le nouveau système de partis (dits démocratiques, sans aucun pouvoir, mais pouvant agir au nom et pour le PCC)
    • Le sentiment de communauté nationale chinoise
    • La gouvernance et la gestion des affaires religieuses,

    et aussi

    • "Bien s’occuper" les intellectuels non-membres du PCC, ainsi que les nouvelles classes, et les personnalités du monde économique
    • S’occuper aussi du front-uni en direction de Hongkong, Macao, Taiwan et à l’étranger
    • et renforcer l’efficacité des personnalités nom membres du parti (notamment les élus du Parlement : ANP et CCPPC)

    L’extension du champ des missions élargit son ciblage à toute personne pouvant favoriser le renouveau de la Chine, autrement dit, dans un langage plus familier mais tout aussi vernaculaire, « aux amis de la chine », et à ceux qui connaissent la Chine et (donc) qui aiment la Chine (知华友华). Pour en savoir plus, lisez mon mémo infra, dans la rubrique « Influence et ingérences).

    🏷️ Front-uni ANP CCPPC
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    4. Consommation de services : Pékin renforce son pouvoir de marché

    Le 29 janvier 2026, le Conseil des affaires d’État (CAE) a publié le « Plan de travail visant à accélérer le développement de nouveaux pôles de croissance dans la consommation de services » (国务院办公厅关于印发《加快培育服务消费新增长点工作方案》的通知) visant à « optimiser et élargir l’offre de services », et soutenir la consommation intérieure. ( 4 098 signes. Mots-clés : REITs ; LGFV ; MOFCOM ; DRC)

    Dans une économie de marché, la consommation de services désigne la part de la dépense finale des ménages consacrée à des prestations immatérielles. Elle peut inclure, dans certains cas, la dépense de visiteurs étrangers, ce qui est explicitement visé par le plan chinois. Elle recouvre notamment les transports, le tourisme, la restauration, la culture et les loisirs, la santé, l’éducation, les services à la personne, les services numériques et financiers.

    Or, la Chine n’est pas une économie de marché. Les objectifs et modalités sont donc différents.

    La finalité affichée n’est pas seulement “répondre à une demande”, mais plutôt de créer des “points de croissance” et servir des objectifs de développement. Dans le débat interne en Chine, on parle généralement de demande intérieure (内需), qui englobe consommation et investissement. On peut “stimuler la demande” en faisant surtout… de l’investissement (infrastructures, immobilier, équipement), sans que la consommation des ménages reparte sensiblement. C’est une source classique de confusion.

    Ce plan se présente comme un plan “consommation”, mais dans ses instruments, il touche aussi à la demande par l’investissement :

    • Dans les infrastructures (docks/berths, bases camping-car, équipements, plateformes…) ;
    • Le financement d’infrastructures via  des REITs (pour « Real Estate Investment Trusts »*;
    • dont le résidentiel touristique (旅居) lié à la valorisation et à l’absorption de stocks (immobilier, équipements existants).

    *Note : le recours aux REITs d’infrastructures lourdes, déjà construites pour beaucoup, peu liquides, et souvent endettées, illustre la logique sous-jacente du plan : stimuler la consommation de services en monétisant et refinançant ces actifs existants, afin de libérer des capacités d’investissement sans recourir à un endettement public additionnel (ce que faisaient et font très « bien » les LGFV (Local Government Financing Vehicle (地方政府融资平台).

    Une politique de l’offre

    De plus, le document est explicitement construit comme un plan d’action “par l’offre” :

    Optimiser et développer l'offre de services (…) Cultiver de nouveaux pôles de croissance dans la consommation de services.优化和扩大服务供给…培育服务消费新增长点

    Cette logique duplique, dans les services, les politiques de l’offre (supply driven) déjà éprouvées dans l’industrie manufacturière.

    L’objectif implicite n’est pas de réduire directement l’épargne des ménages mais de créer des “scènes ou scénarios de consommation” (消费场景) capables d’absorber capacités existantes et capitaux immobilisés, y compris immobiliers.

    Point intéressant :  les dépenses des visiteurs étrangers (入境消费). Le plan inclut explicitement l’optimisation des visas, paiements et détaxe pour stimuler la dépense des étrangers en Chine. Si elle fait augmenter l’activité des services sur le territoire chinois, ce n’est pas de la consommation des ménages chinois.

    Le 30 septembre 2025, le MOFCOM publiait une circulaire centrée sur la « construction d’un environnement de consommation internationalisé » et l’attraction de la dépense des visiteurs étrangers afin de positionner la Chine comme « destination d’achat et d’expériences » (« Achetez chinois » 购在中国), avec ses zones “friendly”, détaxe, « paiements faciles », signalétique…. En effet, tout semble si « facile ».

    Si les étrangers ne sont pas appelés à rehausser structurellement la consommation intérieure chinoise, leur rôle n’est pas marginal. En contribuant au remplissage de capacités de services et à l’émergence de « nouveaux points de croissance » (entre 1% et 2%, selon les estimations à 2030), leur consommation s’inscrit dans un objectif plus large : accompagner la transformation de la Chine “de monde usine (世界工厂) vers monde marché (世界市场)”, selon la formulation désormais consacrée par les autorités.

    Selon, le Development Research Center (DRC) (国务院发展研究中心) affilié au CEA :

    La transformation et la modernisation économiques de la Chine se reflètent dans le passage d’un statut d'usine du monde à celui de marché mondial. “中国经济转型升级是从世界工厂向世界市场转变的体现 »

    Cette dynamique doit être bien comprise par tous ceux qui concourent sur le marché intérieur chinois. De contributeur majeur d’offre pour l’économie mondiale, la Chine s’oriente vers un rôle de contributeur net de la demande, et donc de pouvoir d’attraction et de fixation de normes. Recentrer la croissance sur le marché intérieur (国内大循环), attirer capitaux, les technologies, les marques, tout cela accroît mécaniquement le pouvoir de marché de la Chine.

    Une « économie-monde » aux caractéristiques chinoises

    Chez l’historien de l’école des Annales Fernand Braudel (1902-1985), une économie-monde

    « est un fragment de l’univers économiquement autonome, capable de se suffire largement à lui-même et à l’intérieur duquel les échanges sont plus denses qu’avec l’extérieur. » (Le Temps du monde, 1979).
    🏷️ DRC MOFCOM LGFV REITs
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    5. Le groupe Anta "à l’assaut de l’Europe" : une autre surprise stratégique ?

    Le 27 janvier, Anta Sports a pris 29% de participation dans Puma, devenant son premier actionnaire, et le faisant entrer davantage dans le club fermé des grandes marques internationales du sport.  L’histoire d’Anta semble venir de nulle part. Pourtant, sa stratégie de marque et de croissance extérieure était prévisible et demeure parfaitement transparente. A l’instar des Shein (Cf. notre Bulletin n°5, mémo n°5, infra), Jd.com, Tencent dans le gaming et bien d’autres, elle porte en elle un modèle d’affaires, lui-même soutenu par la puissance (publique) financière chinoise. ( 3 867 signes. Mots-clés : Anta Sports ; Puma ; Amer Sports ; Geely Volvo ; Tencent ; Ubisoft; Stellantis ; Leapmotor ; BYD ; Shein )

    Bulletin #5 - Mémo 5 - Affaire Shein-France et Shein vue de Chine

    L’entrée du groupe chinois Anta Sports au capital de Puma à hauteur de 29,06 %, pour environ 1,5 milliard d’euros, ne constitue ni une prise de contrôle ni une opération défensive. Il s’agit d’une prise d’option stratégique sur un actif occidental établi, dans un secteur désormais identifié par Pékin comme prioritaire.

    Pour Anta, l’enjeu est multiple :

    • un accès aux marchés européens- elle contrôle déjà le finlandais Amer Sports depuis 2019 - et nord-américains,
    • un apprentissage accéléré du brand management global, déjà consolidé dans ses acquisitions ou montées en capital précédentes (Salomon, Wilson…),
    • une exposition aux standards de gouvernance occidentaux et
    • un accès aux réseaux de distribution internationaux.

    L’opération s’inscrit aussi dans un cadre de planification industrielle où le sport est identifié comme levier de consommation, de santé publique et de soft power.

    En septembre dernier, une directive du Conseil des affaires d’État (CAE), le gouvernement central chinois, appelle à un développement domestique et international de l’industrie du sport. Il faut :

    Développer des groupes sportifs compétitifs et influents à l'échelle internationale培育具有国际竞争力和影响力的体育企业集团
    mettre en œuvre un plan de promotion internationale des marques sportives chinoises实施中国体育品牌海外推广计划,支持具备条件的体育企业“走出去”

    Ces orientations s’accompagnent de leviers concrets : facilitation de l’accès au crédit, bonifications d’intérêts, soutien au refinancement obligataire, titrisation, appuis locaux à la R&D et à l’innovation industrielle, programme pour les PME spécialisées et innovantes (专精特新), pour environ 140 entreprises identifiées dans le sport. Le soutien peut aussi être indirect, mais il abaisse le coût du capital et réduit le risque pour l’entreprise.

    À court terme, une cannibalisation entre Anta et Puma est peu probable.

    Anta a intérêt à préserver la valeur de son investissement et à laisser Puma conduire son plan de redressement.  À moyen terme, en revanche,  le risque dépendra du déploiement de la marque Anta elle-même en Europe. Le point de bascule ne sera pas Puma, mais une décision stratégique d’Anta (ou pas) de changer d’échelle hors Chine, une fois les compétences et les réseaux consolidés.

    Ce schéma Anta–Puma n’est pas isolé. Il s’inscrit dans un modèle et ses séquences déjà observées dans plusieurs secteurs, dans des configurations sectorielles différentes :

    • Geely et Volvo : acquisition d’un actif occidental pour monter en gamme et accéder aux standards internationaux
    • Tencent et Ubisoft : prise de participation structurante offrant accès aux franchises, aux compétences et aux réseaux globaux, sans rachat total.
    • Stellantis et Leapmotor : utilisation d’un partenaire occidental comme marchepied d’internationalisation
    • BYD et Shein illustrent d’autres variantes du même mouvement : passage du statut d’exportateur à celui d’acteur global.

    Sur le plan local en Chine également, les politiques pour l’émergence de clusters industriels encouragent explicitement ces stratégies d’acquisition ou de participation à l’étranger pour capter marques, R&D et canaux de commercialisation.

    Un modèle puissant, mais sous conditions

    Le cas Anta–Puma ne constitue pas une recette « miracle ». Sa reproductibilité repose sur des conditions qui doivent être réunies, simultanément.

    • Elle suppose, entre autres un moteur domestique puissant, générateur de volumes et de cash.
    • Elle requiert une maîtrise éprouvée de la gestion multimarques.
    • exige une vraie capacité de distribution nationale, capable de relancer des marques étrangères.
    • Elle repose sur une expérience solide de l’intégration post-acquisition.
    • Et nécessite un accès fluide aux marchés de capitaux.
    • Enfin, but not least, elle n’est pleinement activable que dans des secteurs alignés avec les priorités industrielles nationales.

    C’est cette combinaison de ces facteurs qui rend la trajectoire d’Anta prédictible, et duplicable.

    Ce sont autant de marqueurs qui doivent nous permettre d’anticiper leur progression (à ces groupes) et, le cas échéant, de contrer leur stratégie.

    Car le modèle chinois d'expansion repose sur l'identification méthodique de cibles stratégiques en difficulté structurelle : Puma (pertes en 2025), Ubisoft (retards dans le développement), Stellantis...

    La combinaison de capacités financières préservées (Anta dispose de 454 Mds de yuan en trésorerie à la mi 2024), des soutiens étatiques ciblés, et un positionnement patient permettent aux groupes chinois d'intervenir au moment optimal du cycle de leurs cibles.

    🏷️ Anta Sports Geely Tencent Leapmotor BYD Shein

    Brèves

    • L’ingénierie de l’interdépendance : au-delà du techno-nationalisme chinois

    Deux textes de la semaine écoulée illustrent la volonté de Pékin de tisser une toile d’interdépendances : par la finance technologique (sci-tech finance)(科技金融·) et les investissements étrangers (FDI). Ce système en revolving doors, aux mécanismes opaques de transferts de richesses et de ressources, permet à la puissance publique chinoise de maintenir un système d’allocation des ressources, tant que cette pompe est alimentée. La Chine cherche à rendre l’innovation finançable selon des critères de souveraineté et de résistance aux chocs externes. Mais cette quête « d’ autonomie » (sefl-reliance) n’est pas statique ni introvertie : elle cherche la puissance et la suprématie, le contrôle de et  sur l’innovation (自主可控).

    La finance technologique constitue à ce titre la doctrine de mobilisation du capital qui permet à l’État techno-industriel de diminuer ses dépendances extérieures e par le renforcement des interdépendances, sur un mode symbiotique. Ce n’est pas de la résilience, mais une nouvelle fonction stratégique et une dimension nouvelle de contrôle de l’adversaire-partenaire, entre hard power, coercition et coopération. Il est urgent de mettre à jour notre compréhension du « techno-nationalisme chinois ». Un document synthétique utile ici, diffusé par le Rubicon.

    • Nouvelle politique énergétique

    Le nouveau système énergétique que met en place la Chine, une architecture complète de moyens (énergies fossiles et renouvelables, électricité, marchés des énergies) est en passe de militariser le secteur des énergies et mettre en place une politique de substitution nationale aux équipements et technologies. Les mécanismes de marché et de tarification seront ajustés dans ce cadre où

    « aller de l'avant dans les eaux plus profondes (uncharted waters) de la réforme, démantelant les obstacles institutionnels et systémiques, en combinant de manière organique un marché efficace et un gouvernement pro-actif.
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    ▶ Politique extérieure

    6. Keir Starmer en Chine : une visite de maintenance

    La visite du premier ministre britannique Keir Starmer s'est achevée ave la signature un paquet d’accords intergouvernementaux, dont le gouvernement britannique publie la liste complète, encapsulés dans un « partenariat stratégique de long terme général entre la Chine et le Royaume-Uni ». (2 720 signes. Mots-clés : JETCO ; MOFCOM )

    1. Une coopération contre la criminalité organisée transnationale et l’immigration illégale (Transnational organised crime & illegal immigration)
    2. Un Partenariat bilatéral sur les services (Bilateral Services Partnership)
    3. Une étude de faisabilité sur un accord de commerce des services (Feasibility Study – Trade in Services Agreement)
    4. Une coopération en matière d’évaluation de conformité (Conformity Assessment)
    5. Une facilitation des exportations britanniques vers la Chine (Exports from the UK to China
    6. Le renforcement du mécanisme JETCO (Joint Economic and Trade Commission) (Strengthening the work of JETCO)
    7. Une coopération sur services à domicile et les industries du sport (Domiciliary services & sports industries
    8. Une Coopération en formation technique et professionnelle (Technical and Vocational Education and Training – TVET)
    9. Une coopération sécurité sanitaire des aliments & quarantaine animale et végétale (Food safety / animal & plant quarantine
    10. Une Coopération en santé (Health cooperation)

    Côté chinois, le ministère du commerce  (MOFCOM), a fait plus spécifiquement la promotion de 4 d’entre eux, tous des memorandums of understanding (MoU) à dominante services :

    1. Le partenariat bilatéral sur les services
    2. L’étude de faisabilité sur un accord de commerce des services
    3. « Partager le grand marché – Exporter vers la Chine » (共享大市场·出口中国) et
    4. Renforcer le travail de la JETCO

    Commentaire

    Londres privilégie des champs moins explosifs politiquement (services, finance, santé/expertise technique, conformité) parce qu’ils correspondent à ses avantages comparatifs et évitent aussi de rouvrir des dossiers industriels stratégiques plus sensibles (Cf. Bulletin n°14, mémo9 infra).

    Bulletin #14 - Mémo 9 - Chine-Royaume-Uni : après l’âge de glace

    Cependant, même si K. Starmer a évité d’afficher une volonté trop marquée de renouer avec la Chine, D. Trump a déjà mis en garde l’engagement britannique avec Pékin, le qualifiant de : very dangerous pour le Royaume-Uni.

    Probablement que Londres veut préparer un Trade in Services agreement comme sauf conduit d’une détente politique et d’une plus grande prévisibilité juridique pour ses exportateurs de services.

    Quant à la Chine, elle a tout aussi intérêt à s’aligner, au moins de façade, avec les règles de conformité dans les services qui prévalent dans les grandes économies libérales - tout en cherchant à imposer les siennes - afin de protéger ses grandes entreprises industrielles sur le marché domestique et les préparer à l’international.

    Au final Londres et Pékin veulent faire, dans des registres différents, du leap frogging dans leurs relation bilatérale, en sautant par-dessus la case manufacturing, au moins pour l’heure. Mais pour Pékin, "l’ouverture sélective" est érigée en doctrine de sécurité économique. Et le commerce de services s’inscrit pleinement dans cette nouvelle phase d’internationalisation de son économie, en appui de ses industries exportatrices.

    Difficile à dire lequel des deux aura la meilleure main (upper hand) dans ce jeu de poker menteur. (Cf. Mon Post du 27 août dernier Le commerce des services, nouvelle phase de la politique d'expansion internationale de l'économie chinoise )

    🏷️ Keir Starmer MOFCOM JETCO
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    7. Pékin se joue-t-il de Nvidia et de Washington ?

    Il y a un an, presque jour pour jour, le journal Le Monde titrait : « Nvidia perd près de 590 milliards de dollars en valorisation boursière après l’annonce de la start-up chinoise d’IA DeepSeek », annonçant une nouvelle phase de la rivalité sino-américaine dans le secteur des semi-conducteurs et de l’IA.

    Le 28 janvier dernier, dans une lettre ouverte adressée au secrétaire au Commerce Howard Lutnick, John Moolenaar, membre de  la House Select Committee on the CCP, affirme que NVIDIA aurait fourni un soutien technique étendu à DeepSeek. Il affirme qu’il est désormais intégré à des systèmes utilisés par l’APL. ( 2 340 signes. Mots-clés : Nvidia ; Deepseek ; Crowdstrike; Alibaba ; Tencent)

    Il affirme dans sa lettre que NVIDIA aurait envisagé de transformer DeepSeek en un produit “clé en main” officiellement distribué par NVIDIA, prêt à être utilisé par des entreprises sur des infrastructures NVIDIA, avec support, documentation et intégration standardisés. Selon cette proposition, DeepSeek ne serait plus seulement un modèle chinois open source parmi d’autres, mais un modèle “labellisé” et diffusé via l’écosystème commercial de NVIDIA, comme s’il s’agissait d’un produit maison.

    Selon cette lettre, DeepSeek serait parvenu à entraîner des modèles d’IA très avancés avec beaucoup moins de puissance de calcul que d’ordinaire, notamment en optimisant l’usage de puces NVIDIA H800 pourtant bridées par les contrôles américains.

    Et selon une firme de cybersécurité consultée (CrowdStrike), le code informatique généré par DeepSeek présentait davantage de failles de sécurité lorsque les requêtes portaient sur des sujets politiquement sensibles pour Pékin. L’usage de tels modèles pourrait produire du code plus fragile, donc plus exploitable, dans certains contextes politiques ou sécuritaires.

    Moolenaar demande aussi au Departement du commerce américain d’envisager des règles sectorielles restreignant l’usage, aux États-Unis, de modèles d’IA développés par des entreprises chinoises (comme DeepSeek, Alibaba ou Tencent).

    Contre-pied

    Au même moment, Caixin (filiale d’Alibaba) révèle qu’Alibaba développerait et déploierait déjà une puce IA domestique, positionnée juste en dessous des offres NVIDIA adaptées au marché chinois.

    Le patron emblématique de Nvidia, Jensen Huang, qui ne cesse d’effectuer des navettes entre Pékin, Washington et Taipei, se débat pour sortir de l’étau dans lequel les deux superpuissances l’ont placé, pour des raisons différentes, afin de limiter ses ventes en Chine.

    Pendant ce temps-là et en attendant le printemps, Pékin bat le chaud et le froid. Il cherche manifestement à valoriser ses alternatives domestiques, même si elles ne sont pas encore équivalentes ni prêtes, en conditionnant l’accès aux puces américaines, mais sans bloquer son industrie.

    🏷️ Nvidia Deepseek Alibaba Tencent
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    8. La Finlande, un autre point d’entrée de la stratégie chinoise en Europe… et dans l’Arctique

    Le premier ministre finlandais Petteri Orpo s’est rendu en Chine du 25 au 28 janvier dernier.  Il s’est entretenu avec Xi Jinping, le Premier ministre Li Qiang et Zhao Leji, président du Comité permanent de l'Assemblée nationale (ANP). Puis, avec le ministre du Commerce Wang Wentao, accompagné de plus de 20 dirigeants d'entreprises. Onze accords commerciaux entre entreprises des deux pays ont été signés, ainsi qu'un mémorandum d'accord sur la coopération énergétique portant sur les énergies propres, les systèmes énergétiques intelligents et l'innovation. Son déplacement constitue une première visite d'un PM finlandais depuis juin 2017.  ( 2 922 signes. Mots-clés : Nokia, KONE, UPM, Wärtsilä, Fazer, Kemira, Valio, Valmet)

    Les médias officiels chinois ont largement couvert la visite du PM finlandais en Chine, au même niveau que la visite du PM britannique. Pour quelles raisons ?

    Un pays au cœur de l’Europe du nord, de l’UE et membre de l’OTAN

    Le commerce bilatéral, en 2024, atteint 8,2 Mds USD, le déficit commercial finlandais s’établissant à 4 Mds USD (ses importations sont le double de ses exportations). Plus de 200 filiales d’entreprises finlandaises opèrent en Chine dont Nokia, KONE, UPM, Wärtsilä, Fazer, Kemira, Valio, Valmet etc.

    Pour Pékin, ce partenaire reste économiquement mineur dans la structure de son commerce extérieur. Mais il lui offre bien davantage sur le plan symbolique, stratégique et aussi dans le domaine des technologies.

    Helsinki, un des premiers pays européens à avoir signé des accords commerciaux avec la RPC dans les années 50, est un fervent soutien au libre-échange, et fait partie du groupe des États membres nordiques et baltiques qui, historiquement, s'opposent aux politiques industrielles interventionnistes.

    Bien que membre OTAN depuis avril 2023 – elle a 1 340 km de frontière avec la Russie -  la  Finlande promeut l'autonomie stratégique européenne, donc une certaine distance idéologique et politique vis-à-vis de Washington.

    Et récemment, le gouvernement finlandais s'engage à remédier aux frictions commerciales entre la Chine et l’UE.

    Dans le compte-rendu officiel chinois du déplacement du PM finlandais,  Xi demande en effet à la Finlande de :

    jouer un rôle constructif dans la promotion du développement sain et stable des relations Chine-Europe

    …Comme elle le fait en direction de la France notamment, dans un but manifeste de freiner la posture jugée antichinoise de Bruxelles.

    Le « découplage » est une construction idéologique de Bruxelles, selon Pékin

    La Finlande offre à la Chine une palette de technologies de niche hautement spécialisées, notamment dans la transition énergétique verte, une priorité pour le 15e Plan quinquennal (2026-2030), mais aussi les technologies forestières et bioproduits (UPM, Valmet) , les équipements industriels (KONE, Wärtsilä), ainsi que les nanotechnologies et applications carbone innovantes.

    Helsinki est un pays moyen et un terrain favorable et non négligeable au sein de l'UE - et de l'OTAN – pour contrer le narratif du découplage sino-occidental et faire porter un agenda économique et technologique sans débats clivants internes majeurs, contrairement aux débats que suscitent la question chinoise, en France, en Allemagne ou au Royaume-Uni. En interne, pour l’élite du PCC et un plus vaste auditoire, c’est la preuve que la Chine est bénéfique pour l’Europe.

    La zone Arctique : un intérêt majeur mis en sourdine

    Par ailleurs, la Finlande est l’un des 8 États membres (Arctic States) du Conseil de l’Arctique. Or, on ne trouve aucune mention de l’Arctique dans les communiqués chinois, ni du côté finlandais. Car si la Chine se présente comme un pays proche de l’Arctique (near-Arctic state), qui n’a aucune valeur juridique, et un “stakeholder” dixit son livre blanc de 2018, elle évite souvent de montrer son intérêt au niveau bilatéral avec un pays de l’UE et, en l’occurrence, membre de l’OTAN, des terrains trop sensibles. Son influence est indirecte et souvent infra-gouvernemental et multilatérale (Cf. Bulletin n°13 et Bulletin n°5)

    Bulletin #13 - Mémo 13 - Pékin met en visibilité son dispositif d’influence en Arctique Bulletin #5 - Mémo 7 - L’offensive polaire de la Chine : stratégie, capacités, implications
    🏷️ Nokia KONE Valio Valmet
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    9. Chine-Panama et l’indépendance de la  justice

    Le compte officiel WeChat du Bureau des Affaires de Hong Kong et Macao (BAHKM) du Conseil d'État (CEA) a publié un article sous pseudonyme, intitulé "Le Panama se tire une balle dans le pied et récolte ce qu'il a semé ». (Cf sur Panama, le Bulletin n°10, mémo n°9 : Panama et Venezuela : les deux premiers clients d’une confrontation systémique en Amérique latine et Caraïbes)

    Il fait suite à la décision de la haute cour du Panama, du 29 janvier, qui juge illégaux les contrats d’exploitation des deux ports situés aux extrémités du canal - le  Port de Balboa, côté Pacifique, et le Port de Cristóbal, face Atlantique - exploités par une entreprise hongkongaise, la Panama Ports Company, S.A. (PPC), détenu à hauteur de 90 % par CK Hutchison, et 10% par l’Etat panaméen. ( 2 524 signes. Mots-clés : CK Hutchison ; Panama Ports Company ; APM Terminals ; Maersk)

    Le BAHKM, accuse :

    Récemment, la Cour suprême du Panama a jugé invalide le renouvellement du contrat de concession portuaire du Canal de Panama détenu par une entreprise hongkongaise, au motif qu'il serait prétendument "inconstitutionnel". Cette décision ignore les faits et trahit la bonne foi, portant gravement atteinte aux droits et intérêts légitimes de l'entreprise hongkongaise chinoise

    Il semble que le Bureau des affaires de Hongkong et Macao n’ait pas l’autorisation de nommer les Etats-Unis, probablement pour ne pas s’attirer les foudres de la Maison Blanche. :

    Cette décision se soumet à l'hégémonie et joue le rôle de complice du tigre, ce qui est vraiment honteux et pathétique. Les médias panaméens ont critiqué de manière incisive le comportement hégémonique de certains pays concernant la question portuaire. Tout observateur lucide peut voir très clairement que cette décision reflète la soumission totale et la flatterie des autorités panaméennes envers l'hégémon.

    Puis, le communiqué accuse le Panama de non-séparation des pouvoirs exécutif et judiciaire :

    Cette décision donne à la communauté internationale le sentiment que l'indépendance judiciaire de ce pays est devenue une farce, sans aucune crédibilité.

    Enfin, les menaces :

    Les autorités panaméennes doivent reconnaître la situation et revenir sur le bon chemin. Si elles persistent dans l'obstination et l'aveuglement, elles paieront certainement un lourd prix tant sur le plan politique qu'économique !

    Commentaire

    Quel « bon chemin » ? Corriger la « farce » et ne plus intervenir dans la justice ou, au contraire, continuer d’intervenir mais dans le sens des intérêts chinois ? De la part d’un pays qui revendique officiellement la fusion des pouvoirs, c’est un peu fort. Quand on manie constamment le faites-ce-que-je-dis-pas-ce-que-je-fais, à un certain moment, cela ne fait plus aucun sens.

    Sur le fond, la Cour suprême du Panama faisait face à une pression sérieuse. Si elle décidait de permettre à CK Hutchison de continuer à opérer, elle risquait de contrarier D. J Trump et Marco Rubio, très investis dans cette affaire.

    CK Hutchison a annoncé mercredi 4 février 2026 que Panama Ports Company avait lancé une procédure d'arbitrage international contre le Panama selon les règles de la Chambre de Commerce Internationale (ICC).

    A noter que, quelques jours plus tôt, le 30 janvier, l’Autorité maritime du Panama (AMP) a désigné APM Terminals, filiale du groupe danois Maersk, comme administrateur temporaire des ports de Balboa et de Cristóbal, afin d’assurer la continuité opérationnelle à la suite de la décision de la Cour suprême. Cette nomination, de nature transitoire et technique, donne lieu à des interprétations évoquant l’existence d’un possible “deal triangulaire” impliquant le Panama, les États-Unis et le Danemark, notamment en lien avec le dossier groenlandais. À ce stade toutefois, aucune source ouverte fiable ne permet d’établir l’existence d’un accord explicite ou d’un troc formalisé entre ces dossiers.

    🏷️ CK Hutchison Panama Ports Company APM Terminals Maersk
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    ▶ Influence et ingérences

    10. Au sujet des "amis de la Chine" et les autres

    Le « Front-Uni patriotique » (cf. mon mémo n°2 supra) inclut-il désormais mécaniquement tous les amis de la Chine, et convaincus de l’être, ainsi ceux qui ne le savent pas encore et qui restent à convaincre ? Si c’est le cas, cela fait beaucoup de cibles potentielles.

    Selon les textes doctrinaires et programmatiques du PCC consultés, le « Front uni patriotique » reste fondamentalement sino-centré, il mais il se compose et opère autour de deux cercles concentriques : le front-uni intérieur, et le front-uni extérieur dont les « forces amies sachantes de la Chine » (知华友华力量).

    • Le front-uni intérieur, représenté par les enfants de la Chine, en Chine et à l’étranger (海内外中华儿女), ont en partage une conscience collective de la nation chinoise  (中华民族共同体意识),
    • Le front-uni extérieur est composé de tout individu qui peut épouser ou devenir favorable à l'intérêt national chinois.

    Il faut renforcer continuellement les forces qui connaissent et aiment la Chine 不断壮大知华友华力量

    Les étrangers non-chinois peuvent être des alliés volontaires - ou "objectifs", disait-on en feu-l'URSS - ou des "cibles du travail du front uni" (统战对象), et s’insérer utilement dans la nouvelle communauté de destin pour l’humanité (人类命运共同体), un des slogans politiques les plus inclusifs de l'ère Xi Jinping.

    Dans une revue chinoise, on trouve ceci :

    Le milieu académique étranger constitue un objet important du travail du front uni à l'étranger pour renforcer les forces qui connaissent et aiment la Chine, car leur discours concerne le pouvoir discursif de la Chine et la construction de l'image nationale. Il convient de répondre activement aux opportunités et aux défis que présente leur compréhension (de la Chine)
    Pour pleinement opérer notre  travail du front uni à l'étranger dans la promotion de l'amitié sino-étrangère, il faut 1° rassembler des acteurs multiples, enrichir les supports de travail, 2° construire un pouvoir discursif extérieur et un nouveau front uni international 3° Cultiver les forces qui connaissent et aiment la Chine, et ainsi créer un bon environnement international.

    On se doute que « cultiver » (涵养, nourrir) les amis de la Chine ne désigne pas (que) de bons repas bien arrosés.  La Chine, patrie du monde à laquelle chacun peut s’identifier et se soumettre ?

    Nous ne sommes pas très éloignés du concept de domination politique de « Tianxia », sous le ciel, mis sous le boisseau après le fiasco rencontré lors d’une précédente tentative de promotion internationale dans les années 2010. Mais cette fois-ci, les moyens sont différents, plus « covert » dirait-on en anglais.

    Mais que faire alors des sachants jugés hostiles à la Chine (知华反华), ces hérétiques ? Le PCC développe aussi une littérature importante, avec toujours un même raisonnement : un vrai connaisseur de la Chine ne peut lui être opposé ; c’est sa perception qu’il faut « corriger ». Ce n'est qu'une question de temps.

    🏷️ Front-Uni
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    11. Influence et contre-influence avec la Francophonie comme appât

    Un ami m’a informé d’un séminaire qui s’est tenu en fin d’année dernière, à Pékin. Le 10 décembre 2025, le Centre pour la Chine et la mondialisation (CCG) et l'ambassade de Belgique en Chine ont coorganisé à Pékin un séminaire de la Francophonie sur « L'avenir du multilatéralisme » . Le site du CCG relate cet événement (en anglais ici) :

    Cet événement a réuni des représentants francophones des États membres et observateurs de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ainsi que des étudiants chinois, pour une table ronde suivie d'un déjeuner de réseautage.
    Après la table ronde, la parole a été donnée au public pour une séance de questions-réponses, auquel participaient des étudiants de la University of International Business and Economics et de la Beijing Foreign Studies University.

    Je ne suis pas certain que les tous les représentants de l’OIF, noble institution et noble cause par ailleurs, aient conscience ou la connaissance de ce qui se joue côté chinois, en coulisses. Notons d’abord la présence de l’University of International Business and Economics (UIBE), ainsi que de la Beijing foreign Studies university, (BFSU), dont nous avions parlé de son rôle dans le soutien programmatique et les ressources humaines des Instituts Confucius 1.0 et 2.0 (Cf. le Bulletin n°6). Nous reviendrons sur la première, l'UIBE, dans notre prochain bulletin.

    Bulletin #6 - Mémo 11 - L’ESCP partenaire d’un Institut Confucius 2.0

    Une asymétrie totale semble s’être déployée lors de ce séminaire à Pékin : d’un côté, une organisation internationale, l’OIF, bardée de bonnes intentions et attachée à convaincre ses interlocuteurs directs chinois et, peut-être aussi leurs donneurs d’ordre politiques, de rester parmi les protecteurs d’un monde multilatéral et, de l’autre, une officine d’influence très connue pour être effectivement liée au PCC, le CCG, avec son inénarrable influenceur en chef, Wang Huiyao, bien décidée à cartographier les quelques spécimen de l'OIF présents à l’événement, afin de mieux les coopter et les offrir en pâture aux aspirants-influenceurs universitaires locaux.

    De cette asymétrie de fait, je tire un lien, indirect certes, mais selon moi fondamental avec un article du Monde, publié le 31 janvier, et qui m’a décidé de rédiger ce mémo.

    «L’université de Kiev lance un programme « d’études russes », titre le journal du soir.

    Quel rapport avec « l’influence de la Chine » ?

    Explications. L’article écrit :

    En temps de guerre, mieux vaut connaître son ennemi. Mais pour cela, encore faut-il l’étudier. A l’heure où l’Ukraine a supprimé de ses cursus universitaires tous les programmes ayant un lien avec la Russie et où la culture russe fait l’objet d’un rejet quasi unanime de la population, la School for Policy Analysis de la prestigieuse université Mohyla de Kiev a créé, à la rentrée 2025, un programme d’études russes. Les fondateurs de ces « Russian studies » à l’ukrainienne, les professeurs de sciences politiques et de relations internationales Maksym Yakovlyev et Anton Suslov, ont déjà attiré plus de 300 étudiants.
    « La Russie était étudiée en langue et littérature russes, mais cette filière décline depuis l’indépendance de l’Ukraine en 1991, et elle n’a jamais été véritablement étudiée en sciences politiques, raconte Maksym Yakovlyev, chef du département de relations internationales de l’université Mohyla et directeur de la School for Policy Analysis. L’idée de créer ce programme, en pleine guerre, était provocatrice, mais nous avons eu de bons soutiens. » « Au-delà de nos émotions du moment, nous devons étudier la Russie avec sang-froid, pour mieux la comprendre, explique son collègue Anton Suslov. L’Ukraine a besoin d’experts de la Russie pour la combattre. Le champ intellectuel fait partie de la guerre. »

    Quand on compare le dispositif chinois d’enseignement supérieur du français inséré dans un corpus en sciences sociales et sécuritaire (sciences politiques, relations internationales, management, renseignement…) avec, par exemple en France, la place du chinois dans les mêmes domaines d’apprentissage, on comprend mieux l’origine de cette asymétrie et pourquoi nos délégations se montrent si vulnérables.

    Lorsqu’on considère encore aujourd’hui la langue chinoise et la connaissance du pays comme un nice to have, ou pire, un must ! des études commerciales où la seule finalité est une «acculturation », ce n’est faire preuve ni de lucidité ni de préscience pour préparer l'avenir.

    🏷️ UIBE BFSU ESCP
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    ▶ Documentation & agenda

    Documentation & études

    • Influence et ingérence

    United Front Presence in Mexico Expands into United States, 14 janvier 2026, Cheryl Yu, de la Jamestown. D’après l’auteur, le réseau de travail du Front uni (统战) au PCC au Mexique se compose de quelque  81 organisations, structurées autour de “notables d’affaires”, et servent de plateformes de projection vers les États-Unis. Il se développe  hors des canaux diplomatiques classiques en passant par l’écosystème diaspora d’affaires, mais aussi par les élus locaux et par la création de dépendances relationnelles à bas bruit chez les élites.

    • Economie chinoise

    https://www.bruegel.org/sites/default/files/2026-01/WP%2001%202026_0.pdf, 28 janvier 2026, par ALICIA GARCÍA-HERRERO AND XU JIANWEI. Ce nouveau brief de Bruegel analyse le phénomène d'"involution" économique en Chine, caractérisé par une compétition intense dans des marchés saturés, des guerres de prix, et une chute des marges bénéficiaires.

    Je continue d’être assez mal à l’aise avec ce buzzword d’involution, sorti des cartons par les spin doctors du PCC qui permet surtout d'évacuer des questions structurelles : pourquoi les entreprises zombies survivent-elles ? Quel est le rôle exact des gouvernements locaux et des banques publiques ? Quelle est la responsabilité et l’action réelles du gouvernement central ?

    • Chine-Asie centrale

    NBR Strategic Space  - Mapping China’s Strategic Space, Documenting China’s Borderlands – Episode 6: In Russia’s Shadow, 25 janvier 2026, supervisé par Nadège Rolland avec Bradley Jardine, Nargis Kassenova, Edward Lemon, Temur Umarov. La Chine pénètre en Asie centrale dans le sillage d’une Russie qui considère la région comme son « étranger proche » par un entrelacs de dispositifs, accords et interactions réduisant l’autonomie de ses « partenaires », tout en minimisant les coûts de confrontation directe. Si Pékin et Moscou sont alignés sur un objectif de statu quo autoritaire, la Chine avance par des canaux qui lui sont propres, en bilatéral et multilatéral. Elle réécrit une grammaire des relations et rend obsolète la division du travail longtemps présumée avec Moscou pour le partage de la zone.

    • Chine-Iran

    How is China positioning itself as Iran’s regime teeters? China has considerable interests in Iran, but those interests are not existential or even critical. 27 janvier, par Ryan Hass et Allie Matthias, pour la Brookings. Dans ce brief, les auteurs soulignent que si le partenariat avec l’Iran compte pour Pékin, il  reste subordonné à ses priorités majeures : son économie, la stabilité régionale et la relation avec Washington. Avec l’idée que la Chine peut vivre avec la chute d’un partenaire tant qu’elle préserve ses accès, approvisionnements, une influence régionale minimale, le non-alignement du successeur sur Washington et sa propre sécurité intérieure.

    • France-Chine-protection des données

    Livre Blanc de la Protection des données en Chine , Business France, janvier 2026. Ce livre blanc a le mérite d’exister, tout comme l’avait été le livre blanc des investissements français en Chine, sous le mandat diplomatique d’Hervé Ladsous à Pékin, en 2009 (ici). Le fait que ces documents sont des « one shot » ne permet pas de suivre les évolutions, et ils présentent quelque limite pour un chef d’entreprise. Le livre blanc sur la protection des données est un bon briefing à l’instant T mais il décrit le droit chinois sur étagère, pas le droit en pratique, l’écart entre les deux étant la principale caractéristique de l’environnement des affaires en Chine. Surtout, il n’est pas activable en entreprise la compliance cherche des checks lists, les PDG des arbres de décision, les juristes des cas pratiques, les CSO des cartos, flux, procédures, SOP….Un point de départ utile, mais pas suffisant.

    Agenda

    Conférences à venir

    Lundi 9 février, 17h30-19h Moral Engineering" in 21 st Century China, , à Céri SciencesPo. Avec H. Christoph Steinhardt, de l’Université de Vienne. Le parti et l'État ont développé une « ingénierie morale » (ou éthique) : une tentative coordonnée visant à remodeler les valeurs, les normes et le comportement des citoyens au nom du bien commun, de l'ordre social et de la loyauté politique.

    Jeudi 12 février, 17h-19h : L’industrie pharmaceutique en Chine : état des lieux et perspectives, à l’INALCO, avec Éric Bouteiller. Beaucoup de choses à dire et à entendre j'espère pour ce secteur capital pour notre industrie et notre avenir.

    Agenda diplomatique

    L’année de la Chine APEC 2026, kick-off à Canton : L'APEC lance ses réunions 2026 pour promouvoir l'ouverture, l'innovation et la coopération

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    Note personnelle :

    Comme indiqué en introduction, je ferai une pause hivernale à l'occasion de la période du nouvel an où les sources chinoises d'informations se tarissent. Il y aura un bulletin la semaine prochaine, le 12 février, peut-être allégé, puis je reviendrai le 26, ou avant, sous la forme de Post si un événement majeur survenait.