Bulletin n°25 : Ormuz, cybersécurité, chaînes d’approvisionnement…Pékin installe un régime de dissuasion économique

L’anticipation pénale des mécanismes de corruption ; Ormuz : la Chine met un prix politique à la rencontre Xi–Trump ; UE–Chine : le contentieux cyber révèle une stratégie chinoise de réciprocité négative ; Malacca sous surveillance

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Bulletin n°25 : Ormuz, cybersécurité, chaînes d’approvisionnement…Pékin installe un régime de dissuasion économique
Le cargo battant pavillon iranien M/V Touska face au destroyer lance-missiles de classe Arleigh Burke de la marine américaine, l'USS Spruance


Edito

Le 20 avril, Xi Jinping s’entretient avec Mohammed bin Salman et appelle à un cessez-le-feu immédiat ainsi qu’au maintien de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz. Le lendemain, le ministère chinois des Affaires étrangères évoque une « fenêtre de paix » et un moment charnière pour relancer les négociations entre les États-Unis et l’Iran.

Ces prises de position interviennent dans un contexte de blocage des discussions et à l’approche d’un sommet Donald Trump, Xi Jinping dont la tenue apparaît de plus en plus incertaine. Pékin semble chercher à imposer un cadre politique minimal - cessez-le-feu et sécurisation d’Ormuz - comme condition implicite à toute reprise du dialogue stratégique avec Washington.

Parallèlement, la Chine accélère la structuration de ses instruments de sécurité économique. Les récentes positions du ministère du Commerce, combinées aux nouvelles dispositions du Conseil des affaires d’État sur la sécurité des chaînes industrielles et d’approvisionnement, traduisent la mise en place d’un cadre juridique permettant d’enquêter, restreindre et sanctionner des acteurs étrangers au nom de la sécurité des chaînes de valeur.

Cette évolution ne relève pas d’une simple réaction conjoncturelle à la crise actuelle. La tendance est plus profonde : la transformation de l’interdépendance économique en instrument de protection et de dissuasion. La crise d’Ormuz et les tensions stratégiques internationales agissent ici comme des accélérateurs d’un mouvement déjà engagé.

La Chine cherche à contrôler les interdépendances, visant en particulier l’Europe, en augmentant le coût politique et économique de tout « retour en arrière », comme le stipule noir sur blanc le ministère du commerce.

Dans ce contexte, toute ambiguïté européenne sur sa volonté politique de mobiliser ses instruments de sécurité économique risque de se traduire mécaniquement par une exposition accrue à la coercition chinoise.


▶ Politique intérieure

1. Chine – Anticorruption 2026 : l’anticipation pénale des mécanismes de corruption

Long mémo, mais le sujet en vaut la peine.

Le 10 avril 2026, la Cour populaire suprême et le Parquet populaire suprême ont conjointement publié l’Interprétation (II) sur plusieurs questions d’application du droit dans le traitement des affaires pénales de corruption et de concussion (《关于办理贪污贿赂刑事案件适用法律若干问题的解释(二)》, 法释〔2026〕6号) entre en vigueur le 1er mai 2026.

Selon la présentation officielle, il vise à adapter le droit applicable aux évolutions de la législation anticorruption, notamment après les amendements XI et XII au Code pénal et l’entrée en vigueur de la loi de supervision, afin de répondre aux « situations nouvelles » rencontrées en pratique et de resserrer le filet pénal contre les « formes nouvelles et dissimulées » de corruption (新型腐败和隐性腐败). Le texte s’inscrit explicitement dans le prolongement de l’Interprétation de 2016, présentée par les autorités judiciaires comme ayant joué un rôle important depuis son entrée en vigueur, mais devenue insuffisante face à la sophistication des pratiques. (. 8 688 Signes. Mots-clés : corruption)

 Contexte

L’Interprétation de 2016  constituait le socle du dispositif actuel. Elle remplissait principalement trois fonctions :

  • fixer les seuils de gravité pour la corruption et la concussion,
  • préciser certaines circonstances aggravantes,
  • et donner une définition large du “bien” ou avantage corruptif, incluant non seulement l’argent et les objets, mais aussi des avantages patrimoniaux tels que la rénovation d’un logement, la remise de dettes, des adhésions, des cartes prépayées, des voyages ou d’autres bénéfices économiquement évaluables.

Elle visait d’abord des pratiques où le transfert de valeur demeurait relativement objectivable et immédiatement rattachable à l’acte de fonction.

Le texte de 2026 déplace cette logique vers l’amont. Là où l’Interprétation de 2016 traitait encore prioritairement d’une corruption visible, directe ou rapidement objectivable, l’Interprétation de 2026 cherche à percer les montages et à qualifier juridiquement des pratiques « en apparence légales ».

Illustration : de la corruption visible à la "corruption dissimulée"

Entre 2016 et 2026, le déplacement est net. Le premier âge du dispositif visait une corruption frontale, immédiatement intelligible pour le juge : un agent public facilite un permis, débloque un paiement, protège une entreprise ou favorise une procédure, puis reçoit en contrepartie une voiture, un appartement, de l’argent liquide ou un autre avantage matériel. Le transfert de valeur est tangible, son prix est objectivable, et le lien entre l’acte de fonction et l’enrichissement personnel est relativement simple à établir. C’est ce type de corruption « visible » que l’Interprétation de 2016 permettait de traiter avec efficacité, grâce à la définition large de la notion de matérialité et aux règles sur la recherche d’un avantage pour autrui.

L’âge qui s’ouvre en 2026 est différent. Il ne s’agit plus seulement de sanctionner un pot-de-vin matériel remis en échange d’un acte administratif. Il s’agit désormais de revenir à la substance économique d’opérations dont la forme civile, commerciale ou financière paraît licite.

Le texte de 2026 traite ainsi les profits attendus tirés d’actions ou de participations, les dépôts dissimulés à l’étranger, la corruption envers des « unités de travail » et les schémas de médiation active ou de courtage de corruption.

Les nouveautés de 2026

La nouveauté structurante du texte de 2026 est l’entrée explicite de la corruption à rendement différé dans le champ de la qualification pénale. Son article 11 règle le cas des actions, parts sociales et autres intérêts économiques à bénéfice futur : le montant de la corruption peut être déterminé d’après le gain effectivement réalisé au moment de l’affaire ou, à défaut, par la différence entre le prix de marché et le prix d’acquisition.

Autre innovation importante : les dépôts à l’étranger dissimulés sont désormais traités explicitement comme catégorie normative. Ils n’étaient pas absents de toute logique répressive auparavant, mais l’Interprétation de 2016 ne les isolait pas comme catégorie spécifique. Leur mention en 2026 montre que la corruption est désormais pensée non seulement comme atteinte à la probité administrative, mais aussi comme question de traçabilité patrimoniale, de circulation transfrontière des avoirs et, plus largement, de sécurité financière.

Le texte codifie également la corruption au profit d’une entité et non plus seulement d’un individu. Les dispositions sur pots de vins de structure donnent une base plus nette à la répression des avantages accordés à une administration, une unité publique, une structure affiliée ou une organisation, y compris lorsque le bénéfice personnel immédiat d’un agent déterminé n’apparaît pas.

Enfin, le texte définit plus précisément la corruption par intermédiation active (斡旋受贿) et le courtage de corruption (介绍贿赂), ce qui permet au juge de remonter les chaînes relationnelles et les intermédiaires qui servent à transformer une relation en mécanisme de transfert d’avantage.

Implications

La première implication est l’apparition, au moins en pratique, d’une forme d’anticipation pénale renforcée. Il est connu du droit européen ou international : les instruments internationaux de référence répriment déjà l’offre, la promesse ou l’acceptation d’un avantage indu, sans exiger que le versement soit déjà exécuté. La Convention OCDE sur la corruption d’agents publics étrangers, la Convention des Nations unies contre la corruption et la Convention pénale du Conseil de l’Europe visent toutes, chacune dans sa formulation, le fait de promettre, offrir, donner, solliciter ou accepter un avantage indu.

À la différence du dispositif chinois, le droit français ne consacre pas explicitement une catégorie autonome de « corruption par gains futurs ». Le plan pluriannuel anticorruption 2025-2029 et, plus largement, le droit des atteintes à la probité, appréhendent néanmoins indirectement des situations comparables à travers plusieurs qualifications distinctes :

  • la prise illégale d’intérêts, qui vise les situations d’interférence entre fonction publique et intérêts personnels, y compris différés ;
  • le trafic d’influence, qui sanctionne la monétisation d’une capacité d’intermédiation ;
  • les conflits d’intérêts, traités principalement sous l’angle préventif ;
  • et, dans la sphère financière, les opérations d’initiés, qui permettent la captation d’un avantage futur à partir d’une information privilégiée.

 La différence, toutefois, est de méthode. En Europe, cette anticipation pénale demeure centrée sur l’acte : tentative, promesse, offre, acceptation, participation, parfois préparation selon les infractions.

Le texte chinois de 2026, lui, anticipe moins l’acte qu’il n’anticipe le mécanisme économique. Il permet de sanctionner non seulement un accord corruptif classique, mais aussi la structuration patrimoniale d’un enrichissement futur lorsqu’elle apparaît corrélée à l’exercice d’une fonction ou à l’usage d’une influence institutionnelle.

Pour des investisseurs, des conseils et des intermédiaires, le message est claire : tout investissement mal calibré, surtout s’il passe par des intermédiaires ou des entités liées au secteur public, peut être requalifié en corruption par gains futurs.

La seconde implication touche directement les entreprises étrangères.

La codification de la corruption au profit d’une entité transforme en risque pénal des pratiques anciennes qui pouvaient paraître licites, tolérées ou du moins ambiguës : financement d’un laboratoire public, « don » à une université liée à un décideur, soutien à une association administrative, versement à une structure d’interface, partenariat institutionnel opportunément ciblé.

La nouvelle jurisprudence ne dit pas que tout parrainage, toute subvention ou tout mécénat devient illicite ; elle dit en revanche que la frontière entre coopération institutionnelle et corruption est désormais juridiquement franchissable si l’autorité établit un lien suffisamment étroit entre l’avantage accordé, l’entité bénéficiaire et une décision ou influence publique corrélée.

Comme souvent en droit chinois, la codification réduit certaines incertitudes tout en laissant persister d’importantes zones grises, notamment sur le sponsorship, le mécénat, l’appui à des structures para-administratives ou les dispositifs de partenariat « publics » sans enrichissement personnel immédiatement visible.

Commentaire

Il aura fallu dix ans pour faire évoluer le cadre de 2016. Le texte de 2026 traite clairement les transformations intervenues depuis lors : financiarisation de la corruption, internationalisation des avoirs, usage des intermédiaires, opacité des montages et brouillage entre coopération institutionnelle et transfert d’avantage.

La question est de savoir maintenant si l’outil frappera assez juste et assez vite avant que de nouvelles formes n’apparaissent. Car à mesure que le droit apprend à qualifier des rendements différés, les pratiques peuvent déjà se déplacer vers des formes encore plus indirectes, plus relationnelles, ou plus hybrides.

Le pouvoir judiciaire et le Parti communiste chinois cherchent-ils à criminaliser les guanxi ? Pas directement. Ni l’Interprétation de 2026 ni les textes de la CCDI ne disent qu’un tissu relationnel ordinaire, une recommandation ou une centralité sociale constitueraient en eux-mêmes un fait pénal.

En revanche, dès qu’une affaire survient, les autorités s’attachent à traquer le mécanisme qui a transformé une relation en transaction : intervention active, courtage, structuration d’un avantage, transfert patrimonial, rémunération différée, usage d’une influence ou d’une position de pouvoir. Le rapport de Li Xi à la 4e session plénière de la CCDI est à cet égard très explicite : il appelle à approfondir la répression des « nouvelles formes de corruption et la corruption cachée » (新型腐败和隐性腐败), en ciblant précisément les comportements qui « empruntent les habits du marché » pour dissimuler une transaction pouvoir–argent.

Enfin, ce durcissement interne s’articule à une ambition externe. Dès 2018, la CCDI affirmait que la Chine avait “ lancé une série d'initiatives de coopération internationale en matière de lutte contre la corruption et a appelé à l'instauration d'un nouvel ordre international dans ce domaine » (主动提出一系列反腐败国际合作倡议,呼吁构建国际反腐新秩序).

En 2025, le position paper de la Chine à l’égard de l’Amérique latine et des Caraïbes appelle à promouvoir l’“Initiative de Pékin pour une Route de la soie intègre” (《廉洁丝绸之路北京倡议》), et à développer les échanges d’expérience en matière de “Route de la soie propre” ainsi qu’ à poursuivre des formations anticorruption au profit des partenaires. Le mouvement est clair : Pékin cherche à la fois à combler son propre retard face à des pratiques de corruption devenues plus sophistiquées, et à projeter, dans le même temps, ses propres cadres de coopération et ses propres normes.

Comme à chaque fois que je traite d’un sujet « technique », je tiens à préciser que ce mémo est une lecture « politique » des textes chinois et de leur contexte. Je vous invite à vous rapprocher d’un professionnel du droit pour avoir un avis juridique qualifié sur les questions qu’ils soulèvent. 

🏷️ corruption
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2. Reprise en main sectorielle des associations professionnelles

Le 13 avril,  le Comité central du PCC et le Conseil des affaires d’État diffuse une directive, visant à « approfondir la réforme des Associations professionnelles et des chambres de commerce » (行业协会商会), un texte adopté le 1er novembre 2025.

Elle encadre leur fonctionnement en renforçant le pilotage politique , la supervision administrative, la discipline interne et les mécanismes de gouvernance (finances, dirigeants, activités clés). Elle intervient après la réforme de découplage de 2015, dont elle consolide les acquis tout en réorganisant les responsabilités sectorielles et les modalités de contrôle. Elle assigne aux associations un rôle structuré dans la régulation sectorielle, la production de standards et la participation à l’action économique internationale (3 839 signes. Mots-clés :  CCID ; Mongolie ; Associations professionnelles)

Contexte

Entre 2023 et 2025, les associations et fédérations professionnelles ont été visées par une série d’inspections du corps des inspecteurs du PCC (CCID ; à la « discipline »). Les comptes rendus publics de ces inspections font ressortir des problèmes de fond, notamment :  

  • une faible direction effective du Parti (党建弱化),
  • des missions dévoyées  (偏离主责主业),
  • des problèmes financiers et d’actifs,
  • des préemptions d’intérêts par certains groupes d’entreprises,
  • un certain désordre dans les désordre dans les adhésions, les frais et les services payants et
  • des manquements dans la supervision sur les activités tournées vers l’international (涉外).

Ces « manquements » recoupent directement les axes du texte du 13 avril 2026.

Dans ce processus de réorganisation bureaucratique, chaque association et fédération doit se réarrimer à un ministère de tutelle, via un service dédié par lequel le PCC s’installera en position de superviseur.

En cas d’ association ou de fédération à plusieurs tutelles possibles – par exemple l’Association pour la santé connectée qui touche la santé et les technologies de l’information, il faudra désigner un ministère pilote, soit la santé, soit le ministère de l’industrie et des technologies de l’information (MIIT).

Il faut revenir en 2015 pour comprendre ce qui s’apparente une remise à plat et en ordre de ces structures parapubliques.

En 2015, la Chine est au faîte de son aura à l’international. Le plan Made in China 2025 n’a pas encore fait réagir la Maison Blanche et Xi Jinping prononce, jusqu’en 2018, ses plus « beaux » discours sur la modernisation chinoise et le Win-Win. La confiance engrangée par le leadership chinoise est à son comble. Elle pense pouvoir lâcher du lest sur le plan administratif et désarrime certaines entités administratives – dont les Associations professionnelles – de l’orbite stricte de l’Etat. Dix ans plus tard, les problèmes accumulées ne sont plus tenables, l’environnement international a profondément changé, le contrôle doit être resserré.

Commentaire

Ce n’est toutefois pas un simple retour en arrière. Dans cet intervalle, le PCC lui aussi a changé. Ces nœuds d’influence sectorielle insuffisamment contrôlées et pilotées par le PCC ne sont plus tolérables.

Cela vaut pour le marché domestique, avec une guerre des prix – que le gouvernement a largement laissé se développer aussi, n’y voir aucune contradiction – mais aussi sur les marchés internationaux. Le PCC souhaite depuis 2020 environ faire de ces associations des relais de projection de puissance à l’étranger.

Implications

Pour les entreprises étrangères présentes en Chine, ces associations deviennent moins des « clubs professionnels » et davantage des interfaces de pilotage sectoriel, de discipline concurrentielle et de projection normative alignées aux  feuilles de route centrales, mais aussi et surtout locale, car beaucoup de décisions (et d’informations) se prennent localement.

Cas d’espèce : la Mongolie intérieure

Le 27 mars, la région de Mongolie intérieure a publié sa « Liste des associations professionnelles et chambres de commerce régionales et leurs autorités de gestion sectorielle

🏷️ CCID Mongolie intérieure associations professionnelles

▶ Politique extérieure

3. Ormuz : la Chine met un prix politique à la rencontre Xi–Trump

Le 20 avril, Xi Jinping s’entretient avec Mohammed bin Salman et appelle à un cessez-le-feu immédiat et au maintien de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz. Le lendemain, le ministère chinois des Affaires étrangères évoque une « fenêtre de paix » et un moment charnière pour relancer les négociations Iran–États-Unis. Ces prises de position interviennent alors que les discussions s’enlisent et à l’approche d’un sommet Donald Trump–Xi en cours de reprogrammation. Pékin semble ainsi chercher à imposer un cadre politique minimal, cessez-le-feu et sécurisation d’Ormuz, comme condition implicite à toute reprise du dialogue stratégique avec Washington. L’initiative s’apparente à une offre de sortie politiquement soutenable pour l’administration américaine, sans garantie d’adhésion à ce stade. ( 3 748 signes. Mots-clés : Iran ; Arabie Saoudite)

Lundi 20 avril, Xi Jinping s'est entretenu par téléphone avec Mohammed Ben Salman, prince héritier et Premier ministre saoudien.

Au sujet de la situation actuelle dans la région du Golfe au Moyen-Orient, Xi Jinping a souligné que la Chine prônait un cessez-le-feu immédiat et total, soutenait tous les efforts visant à rétablir la paix et s'attachait à résoudre les différends par des voies politiques et diplomatiques. La libre circulation dans le détroit d'Ormuz doit être maintenue, ce qui est dans l'intérêt commun des pays de la région et de la communauté internationale.

Le mardi 21, interrogé par un journaliste de l’AFP, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères évoque une fenêtre d’opportunité pour la paix :

Journaliste de l'AFP : Pour revenir sur la situation au Moyen-Orient, l'accord de cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis expire demain, et on ne sait pas encore si les deux parties reprendront les négociations au Pakistan. Quel message la Chine souhaite-t-elle transmettre à l'Iran et aux États-Unis ?
Porte-parole: Je viens de répondre à cette question. La situation régionale se trouve actuellement à un tournant décisif entre la guerre et la paix. Maintenant que la fenêtre de paix s’est ouverte, il convient de créer les conditions propices à une fin rapide du conflit. La Chine encourage les parties concernées à maintenir la dynamique du cessez-le-feu et des négociations, et continuera à jouer un rôle constructif pour favoriser l’apaisement de la situation et parvenir à une paix et une stabilité durables au Moyen-Orient.

 

Commentaire

La prise de parole de Xi Jinping à ce moment de la guerre en Iran, tandis que les négociations s’enlisent, poursuit plusieurs objectifs :

La Chine élève la question de la guerre en Iran au rang de priorité stratégique, à la suite d’une activité diplomatique dont l’impact est demeuré limité. Il convient de noter qu’une partie importante des mesures prises n’a pas été relayée par les médias ni accessible au public.

Surtout, à l’approche du sommet (re)programmé entre Donald Trump et Xi Jinping, la guerre s’invite officiellement à l’agenda des discussions. Mais de réelles perspectives de cessation des hostilités semblent devenir une précondition supplémentaire à la tenue dudit sommet.

Au travers de l’appel au prince saoudien, Pékin transmet à D. Trump ses exigences : les Etats-Unis doivent contribuer au cessez-le-feu immédiat et total et au rétablissement de la libre circulation dans le détroit d’Ormuz et créer ainsi les conditions de discussions à venir à Pékin sur des bases consensuelles.

Analyse

Si Donald Trump accepte (publiquement ou pas) ces deux préconditions, Pékin s’introduirait dans l’équation de la résolution de la guerre directement avec l’administration américaine. 

Pour Donald Trump, cela serait l'occasion d'apaiser les tensions avec l'Iran, voire d'encourager un retrait du champ de bataille, au nom d'intérêts supérieurs ou d'une convergence naissante avec la Chine sur cette question et peut-être d'autres (dont Taiwan) ; en somme, une issue politiquement viable pour sortir du conflit.

C’est du moins le raisonnement tenu par certaines sources officielles en Chine qui estiment avoir saisi le point d’équilibre de l’administration Trump et de son commandant en chef. L’échange téléphonique constituerait un « atterrissage en douceur » pour Trump et pour la situation au Moyen-Orient. Il offrirait aussi à l’administration Trump une possibilité de préserver la face tout en procédant à un ajustement substantiel de sa politique.

Pékin entend amener l’administration américaine à se départir d’une logique et d’un processus « militaire », dont la victoire devient incertaine et risquée, vers un processus de résolution politique, porté par des acteurs régionaux, notamment l’Arabie saoudite, dont la centralité est difficilement contestable frontalement par Washington.

Le pari de Pékin consiste à faire passer cet ensemble de préconditions comme une stratégie de sortie « exit strategy » honorable.

Si la guerre se prolonge, Pékin détient l’argument pour laisser entendre, cette fois-ci publiquement, que les conditions ne sont toujours pas réunies pour un nouveau tête-à-tête en leaders au mois de mai prochain. 

🏷️ Iran Arabie saoudite
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4. UE–Chine : le contentieux cyber révèle une stratégie chinoise de réciprocité négative

Le 17 avril 2026, le ministère chinois du Commerce a soumis à la Commission européenne un mémoire (non publié) contestant le projet de révision de l’EU Cybersecurity Act.

Dans une réponse publique du 21 avril, Pékin dénonce l’introduction de critères de « risques non techniques » et la désignation de « fournisseurs à haut risque », assimilées à une politisation des instruments économiques. Cette position intervient alors que Pékin vient de renforcer son propre dispositif juridique de sécurité des chaînes d’approvisionnement, incluant des mécanismes de contre-mesure opposables aux acteurs étrangers. ( 5 889 signes. Mots-clés : MOCFOM ; sécurité économique : extraterritorialité)

Le porte-parole du ministère du Commerce répond aux questions des journalistes concernant le projet de révision de la “loi sur la cybersécurité” de l’Union européenne (Site du ministère du Commerce, 21 avril 2026)

Le 17 avril, le ministère du Commerce a officiellement soumis à la Commission européenne des commentaires sur le projet de révision de la “loi sur la cybersécurité” de l’Union européenne, exprimant les vives préoccupations et la position officielle de la partie chinoise.
La Chine estime que ce projet, au nom de la cybersécurité et de la sécurité des chaînes d’approvisionnement, introduit des facteurs de « risques non techniques » extrêmement subjectifs et arbitraires. En particulier, le projet prévoit d’identifier des « pays suscitant des préoccupations en matière de cybersécurité » ainsi que des listes de « fournisseurs à haut risque », et d’exclure, dans 18 secteurs tels que l’énergie, les transports et les technologies de l’information et de la communication (TIC), les pays et fournisseurs inscrits sur ces listes de l’ensemble des chaînes d’approvisionnement pertinentes au sein de l’Union européenne. Il s’agit là d’une pratique typique de politisation et de sécurisation excessive des questions économiques et commerciales.
Dans les commentaires soumis à la partie européenne, la Chine estime que le contenu du projet présente de multiples problèmes : Premièrement, il est soupçonné de violer les principes fondamentaux de l’Organisation mondiale du commerce, tels que la clause de la nation la plus favorisée et le traitement national. Il enfreindrait ainsi plusieurs règles issues de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994, de l’Accord général sur le commerce des services, de l’Accord sur les subventions et les mesures compensatoires, ainsi que de l’Accord sur les obstacles techniques au commerce, et irait également à l’encontre des engagements pris par l’Union européenne en matière de concessions dans le commerce des services. Deuxièmement, il est soupçonné de dépasser le cadre des compétences juridiques de l’Union européenne et de porter atteinte aux prérogatives exclusives des États membres en matière de gestion des questions de sécurité nationale. Troisièmement, il causera des dommages substantiels aux relations économiques et commerciales entre la Chine et l’Union européenne, portera gravement atteinte aux chaînes industrielles et d’approvisionnement mondiales et entravera inévitablement les transitions numérique et écologique de l’Union européenne elle-même.
Dans ses commentaires, la Chine recommande à la partie européenne de supprimer du projet les dispositions relatives aux « pays suscitant des préoccupations en matière de cybersécurité » et aux « risques non techniques », ainsi que de supprimer ou de modifier substantiellement les critères d’identification des « fournisseurs à haut risque » et les mesures restrictives qui y sont associées. Elle espère que la partie européenne accordera une grande importance aux commentaires et propositions de modification soumis par la Chine, qu’elle les examinera sérieusement, qu’elle respectera strictement les règles de l’Organisation mondiale du commerce, qu’elle évitera l’adoption de mesures restrictives discriminatoires et qu’elle préservera la stabilité et la fluidité des chaînes industrielles et d’approvisionnement entre la Chine et l’Union européenne ainsi qu’au niveau mondial.
La Chine suivra de près l’évolution de la révision de ce projet et se déclare disposée à mener un dialogue et des échanges avec la partie européenne à ce sujet. Si la partie européenne persiste à adopter ce texte en loi et à traiter de manière discriminatoire les entreprises chinoises, la Chine sera contrainte de prendre des mesures de rétorsions correspondantes. Elle espère que la partie européenne ne sous-estimera pas la détermination de la Chine à défendre ses intérêts nationaux et les droits et intérêts légitimes de ses entreprises, et à empêcher toute régression des relations économiques et commerciales entre la Chine et l’Union européenne.

 Commentaire

Le texte du MOFCOM synthétise un document de plusieurs dizaines de pages avec ses annexes adressé à la Commission, mais qui n’a pas été rendu public à ce jour.

Son plaidoyer résumé ci-dessus se fait au « nom des chaînes d’approvisionnement », par ailleurs l’objet un règlement du Conseil des affaires d’État du 7 avril (受权发布丨国务院关于产业链供应链安全的规定-新华网) qui a fortement retenu l’attention des chancelleries et des entreprises concernées. Il constitue un ensemble de dispositifs coercitifs pouvant être déclenché avec une marge d’appréciation politique et administrative et opposable aux entreprises étrangères.

La Chine dénonce à Bruxelles une logique qu’elle vient elle-même d’institutionnaliser dans ses propres réglementations.

Comme le stipule le texte l’objectif est d’« empêcher toute régression », c’est-à-dire toute velléité côté européen de freiner l’expansion industrielle et technologique chinoise, sans égard aucun aux dommages qu’elle produit en Europe et niant toute  légitimité aux dispositifs de protection mis en place par l’UE pour s’en prémunir.

Analyse

Les récentes dispositions et positions exprimées MOFCOM ressortent du registre de la coercition et de la menace explicite d’agression économique.

La manœuvre de Pékin consiste à mettre l’UE face à ses « contradictions » vis-à-vis du régime et des principes commerciaux de l’OMC. L’UE ne pourrait donc sortir de l’ambiguïté – viser spécifiquement la Chine, et sortir de sa posture « agnostique » - qu’à ses dépens.

Cet épisode n’est pas un épiphénomène ou la continuation de pressions ni de simples contre-mesures supplémentaires.

Profitant de l’aspiration de la politique américaine, Pékin semble décidé d’imposer à l’UE un régime de réciprocité négative tandis qu’elle demande le respect de la clause de la nation la plus favorisée à son bénéfice net.

Son principal levier sont les positions prises par nos entreprises sur son marché intérieur, source presque inépuisable à court terme de pressions.

Pour crever l’abcès et rétablir un rapport de force dans le champ politique et informationnel « grand public », la Commission devrait, dans toute la mesure du possible, rendre public ce mémoire ou, à défaut, en exposer de manière détaillée le contenu et les arguments.

Cet épisode fournit aussi à la Commission un cas supplémentaire pour internationaliser le différend, y compris sur le terrain de l’OMC, autour de la compatibilité entre sécurité économique, mesures de rétorsion chinoises et subordination des acteurs économiques aux priorités politiques de Pékin. Surtout, y réactiver la question centrale des effets de bord de son capitalisme d’Etat, où l’économie et ses acteurs sont subordonnés aux stratégies politiques, devient urgent.

Dans cet intervalle, il faut s’attendre à des mesures de rétorsion ciblées. Les entreprises européennes doivent s’y préparer.

🏷️ Mofcom sécurité économique extraterritorialité
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5. Malacca sous surveillance : l'accord de survol américano-indonésien et ses implications pour la compétition sino-américaine

Un document classifié américain, révélé en premier par le Sunday Guardian (New Delhi), détaille la proposition faite à Jakarta d'accès de survol (« blanket ») pour des missions de contingence et de réponse à des crises dans l'espace aérien indonésien. ( 6 498 Signes. Mots-clés : Indopacifique ; ASEAN)

Le 17 avril, le ministère chinois des affaires étrangères est interrogé à ce sujet Journaliste AFP :

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères indonésien a déclaré hier qu'Indonésie envisageait une proposition autorisant des aéronefs militaires américains à survoler son espace aérien. Quelle est la position du ministère sur cette proposition et sur les liens militaires entre les États-Unis et l'Indonésie ?
Porte-parole : la Charte de l'ASEAN et le Traité d'amitié et de coopération en Asie du Sud-Est stipulent explicitement que les États membres ont la responsabilité commune de renforcer la paix, la sécurité et la prospérité régionales, et qu'ils ne participent à aucune politique ou activité menaçant la souveraineté ou l'intégrité territoriale des États membres, y compris l'utilisation de leur territoire. La partie indonésienne a également indiqué qu'elle conduirait une coopération en matière de défense avec les différents pays sur la base du respect de la souveraineté, de la confiance mutuelle et des bénéfices réciproques. Nous avons toujours considéré que la coopération bilatérale en matière de défense et de sécurité ne devait pas cibler de tierces parties ni porter atteinte à leurs intérêts, et ne devait pas affecter la paix et la stabilité régionales.

Contexte

L'administration Biden a fait de l'Indonésie un chantier prioritaire de sa stratégie Indo-Pacifique, dans une logique de contre-poids à la Chine.

Le changement de président indonésien, Prabowo Subianto en octobre 2024, crée une fenêtre d'opportunité. En février dernier, il rencontre D. Trump à Washington. Lors de cette visite, Prabowo Subianto aurait approuvé en principe une proposition d'autoriser des survols militaires américains en « blanket clearance » sur l'espace aérien indonésien.

 Par ailleurs, un communiqué de la Maison Blanche parle pour la première fois d'une « alliance » américano-indonésienne, une formulation inédite dans un document officiel.

Le 13 avril, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth reçoit le ministre Sjafrie Sjamsoeddin avec les honneurs complets et signe le « Major Defense Cooperation Partnership » (MDCP), axé sur la modernisation militaire, les technologies maritimes et sous-marines, et les systèmes autonomes.

La publication du Sunday Guardian coïncide avec la visite du ministre indonésien au Pentagone, déclenchant une polémique en Indonésie sur la question de la souveraineté et la réaction de Pékin.

Dans le contexte de la guerre américaine contre l'Iran, l'accord donnerait aux États-Unis un accès à l'espace aérien surplombant le détroit de Malacca, permettant potentiellement à des appareils comme le B-1B Lancer ou le P-8A Poseidon de patrouiller en tout temps une voie par laquelle transite une grande part du pétrole chinois en provenance du Golfe.

Commentaire

La réponse du MAE chinois est délibérément vague, le recours à la Charte de l'ASEAN et au TAC est un arsenal rhétorique classique de Pékin De plus, Prabowo Subianto joue délibérément sur les deux tableaux, ce qui donne à Pékin des raisons de ne pas sur-réagir publiquement *

Si l'accord de survol indonésien est signé, ce sera quelques semaines avant la visite programmée de D. Trump en Chine autour des 14 et 15 mai, ce qui donnerait à l'équipe de négociateurs américains un nouveau levier dans les discussions. Washington n'a jamais brandi explicitement la menace du détroit de Malacca, mais le simple fait que des P-8A et des B-1B puissent y patrouiller librement modifie structurellement l'équilibre de la négociation.

De facto, cette permission de survol permet un droit de passage, un treillis, ou « latticework » selon la terminologie de Elbridge Colby, sous-secrétaire à la Défense et tête pensante de la National Defence Strategy publiée en janvier dernier.

Dans la NDS, élaborée à l'automne 2025, avant le déclenchement de la guerre en Iran, la stratégie de déni est pensée surtout pour ce qui concerne la première chaîne d'îles, et la menace militaire chinoise. Elle ne comporte pas de volet strictement économique. Elle s'étend désormais à la dimension maritime y compris commerciale, intégrant la question des approvisionnements maritimes sous le prisme de la sécurité nationale.

*Note : Emmanuel Macron a reçu, le 15 avril dernier à Paris, le président indonésien Prabowo Subianto. Il a notamment été question d'un renforcement de la coopération dans le domaine de la défense.

Analyse

La Chine ne reste pas passive face à cette architecture de sécurité qui se déploie progressivement autour d'elle et mène une campagne pluriannuelle de cartographie des fonds marins mobilisant plusieurs dizaines de navires de recherche et des centaines de capteurs déployés dans les corridors maritimes du Pacifique, de l'Atlantique et de l'Arctique.

Les relevés couvrent les approches du détroit de Malacca, les couloirs navals autour de Taiwan, des Philippines, de Guam, et même des approches d'Hawaii.

Ce programme poursuit un objectif déclaré en interne depuis 2014 : créer un "océan transparent", c'est-à-dire un environnement sous-marin aussi lisible pour la marine chinoise que l'espace aérien l'est pour le radar.

En parallèle, la Chine développe des flottes de drones sous-marins autonomes capables de former des essaims coordonnés pour partager des données de détection, suivre des cibles individuelles et agir collectivement, une nouvelle forme de létalité distribuée susceptible de saturer les défenses anti-sous-marines d'un groupe aéronaval.

Reconnaissant que Malacca, Ormuz et les autres chokepoints sous surveillance croissante des États-Unis constituent des vulnérabilités structurelles, Pékin investit dans des corridors alternatifs : le corridor économique Chine-Pakistan (CPEC) vers le port de Gwadar sur la mer d'Arabie, le pipeline Myanmar-Yunnan contournant Malacca par voie terrestre, les ports de l'océan Indien à Hambantota et Djibouti, et la route arctique que le recul des glaces rend progressivement praticable. Ces routes ne substituent pas Malacca, mais réduisent la prise que Washington pourrait exercer sur Pékin en cas de crise.

Pour aller plus loin

Comment la riposte chinoise s'organise :

  • la cartographie sous-marine,
  • les ports et
  • LOGINK

La cartographie du fond marin vise à mettre en place les conditions d'un déni d'accès sous-marin dans les zones où la marine américaine doit opérer. En temps de paix, les sous-marins chinois bénéficient d'une connaissance précise de l'environnement acoustique qui leur permet de se dissimuler dans des zones d'ombre préidentifiées (reliefs sous-marins, zones à propagation sonore défavorable..).

En cas de crise, un groupe aéronaval américain opérant à moins de 2 000 kilomètres des côtes chinoises fait face à une équation difficile : les sous-marins chinois diesels-électriques connaissent l'environnement mieux que les chasseurs de sous-marins adverses. Des études de la RAND ont établi que la menace sous-marine représente le risque le plus immédiat pour les groupes aéronavals américains dans cette zone, et que reculer le porte-avions pour le protéger réduit l'efficacité de son groupe aérien tout en alourdissant le besoin en ravitailleurs.

L'arsenalisation potentielle des ports commerciaux fonctionne sur un principe de prévisibilité et de latence. Les systèmes d'armement containerisés ne sont pas prépositionnés en permanence dans les ports étrangers, leur déploiement est déclenché en cas de crise, en quelques heures, par simple déchargement de conteneurs apparemment banals depuis des navires marchands. Cette architecture évite la visibilité politique d'une base militaire tout en conservant une capacité d'activation rapide. Elle crée des nœuds de déni d'accès potentiels le long des routes que la logistique militaire américaine doit emprunter — notamment dans l'océan Indien et en Afrique de l'Est, où la Chine a les participations portuaires les plus étendues.

LOGINK est une plateforme de gestion logistique portuaire lancée par Pékin en 2007, initialement comme système de dédouanement régional. Elle est proposée gratuitement aux ports étrangers, subventionnée par l'État, et collecte en temps réel les manifestes de cargo, les mouvements de navires, les déclarations douanières, les données d'escales et les informations sur les chargeurs et destinataires. Elle est partenaire de plus de 20 ports dans le monde, dont six au Japon, cinq en Corée du Sud, au moins neuf en Europe incluant Hambourg, Anvers et Barcelone. Elle collecterait des données sur jusqu'à la moitié de la capacité de transport maritime mondial. LOGINK permettrait au gouvernement chinois d'identifier les vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement militaire américaine et de suivre les expéditions de fret militaire sur des navires commerciaux.

🏷️ Indopacifique ASEAN
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▶ Influence et ingérences

6. Le système de classement des revues scientifiques chinoises : même vin dans des bouteilles neuves ?

Un post a attiré mon attention, j’y ai répondu un peu sèchement…..Je dois à son auteur la preuve de ma bonne volonté.

Le 27 mars 2026, l’Académie chinoise des sciences (CAS) annonce l’abolition du principal système de classement des revues scientifiques du pays, un outil qui avait gouverné la carrière de millions de chercheurs pendant vingt-deux ans. La nouvelle est célébrée dans les milieux académiques comme une libération trop longtemps attendue. Mais trois jours plus tôt, une obscure association privée enregistrée dans une petite ville du Zhejiang avait discrètement publié un classement quasi identique sous un nouveau nom, géré par les mêmes personnes.

L’Académie chinoise des sciences est le principal organisme de recherche fondamentale de l’État chinois, équivalent approximatif du CNRS en termes de prestige institutionnel, mais doté d’une autorité politique plus grande encore. L’acteur opérationnel dans cette affaire n’est pas l’Académie dans son ensemble, mais son Centre de documentation et d’information, situé à Zhongguancun, à Pékin. Depuis 2004, ce centre produisait et gérait la Table de classement des revues, couramment appelée « classement CAS ».

Le classement était produit par une unité spécialisée au sein du Centre : le Département de métrologie et d’évaluation, dirigé par Yang Liying. Les responsables opérationnels étaient Chen Fuyou, directeur du projet Table de classement, et Tong Sichao, responsable des relations utilisateurs. On retrouvera ces noms plus loin.

Le 24 mars 2026, trois jours avant l’annonce officielle la CAS, une entité baptisée Xinrui Academic (新锐學術, littéralement « académique avant-garde ») publie sa propre Table de classement Xinrui. Xinrui se définit comme « indépendante, d’intérêt public, gratuite et ouverte ». Son compte WeChat est enregistré sous une personne morale intitulée Centre de recherche sur l’innovation et l’application des connaissances de Lanxi, une association à but non lucratif enregistrée à Lanxi, ville de 600 000 habitants dans l’intérieur du Zhejiang, sans présence académique notable.

Le Science Citation Index (SCI)

Pour comprendre le classement CAS, il faut d’abord comprendre le SCI. Le Science Citation Index a été créé en 1960 par le bibliographe américain Eugene Garfield. Géré aujourd’hui par Clarivate sous la marque Web of Science, c’est le principal index mondial des revues scientifiques à comité de lecture. Une revue « indexée SCI » est réputée avoir satisfait un seuil de qualité reconnu internationalement. Le SCI n’effectue pas de classement entre revues, il les inclut ou les exclut. Hiérarchiser les revues à l’intérieur du SCI est un exercice distinct, réalisé notamment par le Journal Impact Factor (à l’échelle mondiale) ou par le système CAS (spécifiquement en Chine).

Le classement CAS : une solution chinoise à un problème chinois

Dans les années 1990, la Chine faisait face à un problème réel : sa production scientifique était largement invisible à l’international, évaluée de manière incohérente d’une institution à l’autre, et difficilement comparable entre disciplines. La réponse du gouvernement fut de construire un système d’évaluation ancré au SCI, en y ajoutant une couche de classification proprement chinoise.

Publiée pour la première fois en 2004, la table de classement CAS divisait toutes les revues indexées au SCI en quatre quartiles (Q1 à Q4) au sein de 13 grandes disciplines. Une revue en Q1 dans son domaine était de premier rang ; une revue en Q4 était marginale.

 Les universités ont ensuite traduit ces quartiles directement en métriques de performance individuelle : publier dans une revue Q1 rapportait X points ; Q2 moins ; Q3 ou Q4 souvent zéro. Dans de nombreux établissements, seul le premier auteur était crédité. Publier un article remarquable dans la « mauvaise » revue pouvait signifier zéro reconnaissance institutionnelle, indépendamment de la qualité du travail.

 Le système a fonctionné… à ses propres fins. La Chine est passée de la quasi-invisibilité scientifique internationale au rang de premier producteur mondial de publications scientifiques en volume. Près de 500 universités et instituts de recherche utilisaient le classement CAS comme principal outil d’évaluation.

Les effets pervers

Les coûts étaient cependant sévères. Les chercheurs étaient récompensés pour leurs publications dans des revues internationales bien classées, non pour la qualité ou la pertinence sociale de leurs travaux.

Cela a engendré des distorsions systémiques : usines à articles produisant des travaux de faible qualité ; réseaux de manipulation de citations ; biais structurel en faveur des publications en anglais dans des revues internationales, au détriment des travaux utiles aux décideurs et praticiens chinois.

L’exemple le plus saisissant est venu au début de la pandémie de Covid-19 : des chercheurs chinois ont publié leurs résultats sur la transmission interhumaine dans le New England Journal of Medicine — visible internationalement, mais invisible aux autorités sanitaires locales qui avaient un besoin urgent de l’information.

Une réforme six ans en gestation

La décision du 27 mars 2026 n’est pas tombée du ciel. Elle est l’aboutissement d’un processus de réforme lancé en 2020 sous la bannière de la « 破五唯 » ( « Briser les cinq seuls ), une directive visant à faire évoluer l’évaluation académique chinoise au-delà de son focalisation exclusive sur les publications, les quartiles de revues, les facteurs d’impact, les récompenses et les titres universitaires.

La réforme de 2020 a produit des changements réels sur le papier. Beaucoup d’universités de premier rang ont supprimé les primes en espèces pour les publications internationales. Les exigences d’expérience à l’étranger ont été retirées des critères de promotion.

De nouveaux indicateurs ont été introduits : brevets, notes de politique publique, transferts de technologie. Mais les structures d’incitation profondes se sont avérées remarquablement durables. Sans métriques objectives, les responsables institutionnels ont retrouvé un pouvoir discrétionnaire sur les promotions,  et avec ce pouvoir, le retour inévitable du guanxi, le réseau de relations personnelles et d’obligations qui structure la vie sociale et professionnelle chinoise. Les chercheurs se sont retrouvés à échanger une distorsion contre une autre.

En 2026, la pression politique sur le CAS pour qu’il mette formellement fin à son classement était devenue irrésistible. L’instrument qui symbolisait la « suprématie SCI » devait disparaître, au moins officiellement.

Lanxi, Zhejiang : un choix délibéré

L’enregistrement de Xinrui Academic à Lanxi, ville moyenne de l’intérieur du Zhejiang sans université notable, n’est pas accidentel. C’est une technique bien connue en Chine pour réduire la visibilité administrative et la pression réglementaire.

Une entité enregistrée à Pékin tomberait sous la supervision directe des organes de tutelle la CASet du ministère des Sciences. Une entité à Lanxi n’y est soumise à aucun de ces organismes. Le bureau local des affaires civiles qui a approuvé l’enregistrement n’a ni l’expertise ni le mandat pour superviser un outil qui classe 22 000 revues académiques internationales. Le résultat est une organisation formellement comptable devant aucune autorité capable d’examiner son travail.

Ce qui ressemble à une rupture institutionnelle abrupte est en réalité une transition soigneusement orchestrée sur au moins dix-huit mois :

  •  Novembre 2025 : le compte WeChat officiel de la Table de classement CAS annonce que les futures informations et classements seront distribués via le compte WeChat « Xinrui Academic ». Interprété publiquement comme un simple « ajustement de communication ».
  • En Janvier 2026 : la 4ᵉ conférence « Xinrui · Évaluation de la recherche et édition académique » se tient à Zhuhai. La présidente de conférence est Yang Liying, directrice du département Métrologie et Évaluation du Centre de documentation la CASet responsable officielle du classement. Les cinq grands éditeurs scientifiques mondiaux sont présents, ainsi que l’équipe de direction du JCR de Clarivate.
  • Le  24 mars, : Xinrui Academic publie la nouvelle Table de classement Xinrui, trois jours avant l’annonce officielle d’abolition de la CAS. L’adresse email de contact utilisée est la même que celle de l’ancienne équipe de la  CAS.
  • Le 27 mars 2026, la CAS publie sa déclaration officielle mettant fin à la Table de classement. La même déclaration précise que « tout classement publié par d’autres institutions n’a aucun lien avec notre Centre » et réserve le droit d’engager des poursuites juridiques.

Les données du registre des entreprises confirment ce que la chronologie suggère : le représentant légal de Xinrui Academic est Chen Fuyou, l’ancien directeur de projet de la Table de classement CAS. Le superviseur est Tong Sichao, l’ancien responsable des relations utilisateurs. Même méthodologie, mêmes sources de données, mêmes personnes.

La logique de l’opération

La lecture la plus vraisemblable des événements est celle d’une stratégie de sortie coordonnée bénéficiant à toutes les parties:

  • La CAS obtient une couverture politique : il peut affirmer avoir démantelé le système qui symbolisait la « suprématie SCI » et avoir honoré le mandat de réforme de 2020.
  • L’équipe préserve son travail : deux décennies de développement méthodologique, d’infrastructure de données et de relations avec les utilisateurs migrent vers une structure privée libérée des contraintes institutionnelles.
  • Les universités conservent leur outil de référence : sans alternative crédible disponible, la plupart des établissements continueront à utiliser le classement que Xinrui publie, l’habitude, l’inertie et l’absence d’options rendent cela quasi inévitable.

 Le système CAS, malgré tous ses défauts, était produit par une institution publique soumise à une supervision formelle. « Xinrui Academic » n’y est soumise à aucune.

Il n’existe aucune obligation de publier sa méthodologie, de divulguer son financement, ni de se soumettre à un audit extérieur.

Le classement continuera à peser sur les décisions de recrutement, de promotion et de financement de centaines de milliers de chercheurs chinois, sous la gouvernance d’une association enregistrée dans une ville de province, dont le lien avec l’État demeure délibérément opaque.

 Les limites de cette réforme

Trois questions, entre autres, restent en suspens après la transition de mars 2026 :

1. Les universités changeront-elles réellement leurs critères ?

L’histoire récente suggère que non, du moins pas rapidement. La réforme de 2020 a déjà révélé l’écart entre politique nationale et pratique institutionnelle. Les universités ont de fortes raisons de conserver des métriques objectives : sans elles, les décisions de promotion deviennent vulnérables aux pressions personnelles et politiques, plus difficiles à défendre juridiquement et administrativement. Le classement CAS, ou son successeur Xinrui, fournit précisément cette couverture institutionnelle parce qu’il est externe et quantitatif.

2. Qu’en est-il des sciences humaines et sociales ?

Le classement CAS était conçu pour les sciences dures. Les sciences humaines et sociales (SHS) chinoises obéissent à un système parallèle : le CSSCI (Chinese Social Sciences Citation Index), géré par l’Université de Nankin, entièrement indépendant des événements de mars 2026. De plus, depuis 2022, la direction politique pour les SHS chinoises a explicitement inversé la pression antérieure à publier à l’international : le nouveau cadre de « système de connaissances en philosophie et sciences sociales à caractéristiques chinoises » (哲学社会科学新知识体系) valorise les publications nationales en langue chinoise et traite l’alignement excessif sur les cadres conceptuels occidentaux comme intellectuellement et politiquement suspect. Ce sont deux systèmes distincts répondant à deux ensembles de pressions différentes.

3. Xinrui Academic est-il mieux ou moins bien que le système CAS ?

Sur le plan technique, potentiellement mieux (mieux veut dire plus fort ici): Xinrui intègre l’apprentissage automatique  et une analyse multi-sources, rend ses classements librement accessibles sans connexion, et a intégré 37 revues signalées comme « sous examen » dans son système.

Sur le plan de la gouvernance, strictement moins bien : moins transparent, moins redevable, ancré à aucune institution publique. Que l’amélioration technique compense la régression de gouvernance est une question qui mérite un examen sérieux, et qu’aucune institution académique chinoise n’est actuellement en position d’aborder publiquement. En jeu : les data et l’utilisation de l’IA. La Table de classement des revues la CAS a été exfiltrée : même outil, même équipe, nouvelle marque et un enregistrement provincial choisi précisément parce que personne sur place n’est équipé pour poser des questions.

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7. Quand la macroéconomie devient une gestion des perceptions collectives

Un article attire peu l’attention ; pourtant, il est profondément disrupteur : « Intégrer la gestion des attentes dans l'ensemble du processus de gouvernance macroéconomique (Un regard rationnel sur la situation économique », par Gao Peiyong, économiste et ancien vice-président de l’Acédémie des sciences sociales (CASS), dans le Quotidien du Peuple, le 16 avril.

Selon Gao, la gouvernance macroéconomique doit, aux côtés de l’offre et de la demande, intégrer un troisième pilier : les « anticipations », ou littéralement « le management des attentes (de marché) » (预期管理).  L’économie de marché étant une « économie des anticipations », les décisions d’investissement et de consommation dépendent des attentes.

Les difficultés actuelles de l’économie chinoise - faible demande intérieure - reflètent en profondeur des anticipations dégradées et un manque de confiance. Il faut donc intégrer la gestion des anticipations dans l’analyse et les objectifs de la politique économique. L’action publique doit combiner offre, demande et anticipations, avec des instruments incluant à la fois politiques macro et réformes.

Commentaire

Dans l’économie de marché, les anticipations (John Maynard Keynes et suivants…), le lien de confiance, la consommation et l’investissement, et l’articulation avec les politiques macro, sont des paramètres. Ici, Gao l’évoque comme un domaine d’action et d’intervention directe :  la gouvernance des anticipations collectives :

Ajouter le facteur des anticipations à l’analyse macroéconomique a une signification plus fondamentale, plus profonde et plus importante : réaliser une orientation des anticipations, stabiliser les anticipations et renforcer la confiance sociale.

 

Plus loin,

Le projet du 15e plan quinquennal propose de ‘perfectionner le mécanisme de gestion des anticipations et d’intégrer la gestion des anticipations à l’ensemble du processus de gouvernance macroéconomique

 

Le pilotage des perceptions économiques glisse vers une vision d’une gouvernance cognitive de l’économie. Dit autrement, le texte plaide pour une politique de mise en forme du champ perceptif et décisionnel adverse ou extérieur. Les textes doctrinaux chinois n’emploient pas exactement cette formule, mais ils décrivent bien des mécanismes de ce type.

Les formulations militaires et de sécurité sont très éclairantes : des textes de l’APL définissent la guerre cognitive comme une action visant directement la volonté, les croyances, la pensée et la psychologie de l’autre, afin de modifier sa cognition, puis influencer sa décision et son action. Dans ce schéma, la Chine veut agit sur le « playing field », mais agit en amont, sur les représentations qu’on s’en fait.

Analyse

Pour Gao et les théoriciens du PCC, l’économie n’est pas autonome, et le « marché » peut être indirectement gouverné par les représentations du futur. Ces représentations doivent elles-mêmes être administrées.

L’économie de marché socialiste a appris à apprivoiser le marché. Maintenant, dans un contexte où l’économie mondiale et le système multilatéral qui en fixe les règles sont en profonde recomposition, la Chine cherche à utiliser les représentations que les acteurs se font du marché pour en redéfinir ses paramètres et ses principes de fonctionnement.

Aussi, la grande innovation chinoise n’est pas d’avoir combiné État et marché mais d’avoir appris à faire agir des acteurs extérieurs dans un univers qu’ils perçoivent toujours comme « marché », sous-entendu autonome du pouvoir politique, alors que cet univers est obéit à une architecture qui devient administrée.

Cette dernière affirmation est une configuration d’avenir. Il ne tient qu’à nous de la conjurer.

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▶ Documentation & agenda

◇ Documentation et études

  • Taiwan

Crisis in the Strait of Hormuz: A Stress Test for Taiwan with Global Implications,17 avril, Par Adrien Simorre. Cette note de l'IFRI, analyse les effets d’une crise dans le détroit d’Ormuz sur Taïwan, envisagé comme cas test de résilience énergétique et industrielle. Taïwan est fortement exposé en raison de sa dépendance au gaz naturel liquéfié (GNL), qui représente près de 48 % de son mix électrique en 2025, dont une part significative provient du Qatar. Les attaques contre les installations de liquéfaction de Ras Laffan ont réduit d’environ 17 % les capacités d’exportation de GNL qatari et conduit à des déclarations de force majeure pour certains contrats long terme, affectant directement Taïwan.

  • Europe-Chine-influence

Entre influences étrangères et percée eurosceptique. Les think tanks à Bruxelles, nouveau champ de bataille des idées en Europe; le 17 avril, Haut Commissariat au Plan, par Julian Blum La note cartographie l’écosystème des think tanks à Bruxelles, en analysant leurs fonctions d’expertise et d’influence, leur positionnement idéologique et surtout leurs modes de financement comme révélateurs des rapports de force. Elle conclut à une domination des financements américains, à la montée d’un pôle eurosceptique structuré, à une fragilisation du modèle économique des think tanks et à un risque accru d’instrumentalisation de la recherche dans les luttes d’influence européennes. La Chine apparaît comme un acteur d’influence émergent, avec des financements encore modestes mais croissants, transitant notamment par sa mission auprès de l’UE et par des entreprises comme Huawei ou Shein, au bénéfice de think tanks actifs sur les sujets numériques. Cette présence est interprétée comme l’indice d’une stratégie d’influence en expansion dans un écosystème fragilisé, où la société civile constitue un vecteur privilégié d’ingérence parmi d’autres acteurs extra-européen

New Internet of Things Plan Targets Global Infrastructure - Jamestown le 10 avril, par Matthew Jonhson, Jamestown. Selon l'auteur, le nouveau plan d’action chinois sur l’Internet des objets (2026-2028), publié conjointement par neuf ministères, ne vise pas seulement l’extension des objets connectés, mais la construction d’un environnement cyber et physique complet reliant capteurs, réseaux, plateformes, applications et sécurité. Il insiste sur la portée stratégique de cette évolution. Le passage d’objets connectés isolés à des systèmes plus interopérables, plus pilotables à distance et plus intégrés à des infrastructures critiques accroît le risque que des infrastructures connectées construites par la Chine à l’étranger servent de vecteurs d’accès aux données, de pré-positionnement cyber ou de levier de dépendance dans une confrontation prolongée avec les États-Unis.

◇ Agenda

Wang Yi, membre du Bureau politique, se rend au Cambodge, en Thaïlande et au Myanmar cette semaine, jusqu'au 26 avril. Il participera, aux côtés du ministre de la Défense Dong Jun, à la première réunion du mécanisme de dialogue stratégique « 2+2 » entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense de la Chine et du Cambodge.

Le 25 avril, le ministère chinois des affaires étrangères a rappelé que la Chine accueillera le prochain sommet Chine-Pays arabes sur son sol en seconde partie de l'année 2026. Le premier sommet du nom s'es tenu à Riyad, en mai 2024.

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Note personnelle : Pas de bulletin jeudi prochain. Je m'octroie un mini-break. Retour le 7 mai, à très bientôt !

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